Durant le week-end écoulé, plusieurs événements récents illustrent la persistance de la violence armée dans le pays, particulièrement dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince et dans le département de l'Artibonite.
Selon plusieurs sources médiatiques, James Boyard, inspecteur général de la Police nationale d'Haïti (PNH) et actuel chef de cabinet du ministre de la Défense, Mario Andrésol, aurait été victime d'un enlèvement le jeudi 11 juin 2026 sur la route de Bourdon.
D'après les informations disponibles, le haut gradé de la PNH aurait été kidnappé en compagnie de son épouse et de son enfant par des individus lourdement armés. Toutefois, au moment de la rédaction de cet article, aucune communication officielle des autorités n'avait confirmé ou infirmé cette information.
Cet enlèvement présumé, mettrait en évidence l'ampleur de l'insécurité qui frappe le pays, y compris les responsables des institutions chargées d'assurer la sécurité publique.
Parallèlement, le Premier ministre Didier Fils-Aimé a récemment évoqué les avancées réalisées dans le cadre des efforts déployés pour rétablir la sécurité et organiser les prochaines élections. Ces déclarations ont été faites lors d'une rencontre à laquelle ont participé plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres des Affaires étrangères, du Commerce, des Travaux publics ainsi que celui chargé des Haïtiens vivant à l'étranger. Des directeurs généraux d'institutions publiques, dont ceux du Fonds national de l'éducation (FNE) et de l'Office national de l'aviation civile (OFNAC), étaient également présents. « Cependant, sur le terrain, les actes de violence continuent de se multiplier. »
Le dimanche 14 juin dans la soirée, une attaque armée survenue à Bélekou, dans la commune de Cité Soleil, a coûté la vie à une dizaine de personnes originaires de Wharf Jérémie, selon des témoignages recueillis. Plusieurs autres personnes seraient toujours portées disparues.
Les victimes participaient à une bande de rara après la rencontre sportive opposant Haïti à l'Écosse. Alors qu'elles se dirigeaient vers Cité Soleil, des hommes armés auraient ouvert le feu sur le groupe à son arrivée à Bélekou.
Parmi les personnes tuées figureraient des adolescents, tandis que plusieurs habitants ont réussi à prendre la fuite. D'autres seraient encore retenus contre leur gré par les assaillants, selon des proches qui réclament une intervention rapide des forces de l'ordre afin de retrouver les disparus.
Les motivations exactes de cette attaque demeurent inconnues. Toutefois, ce nouvel épisode sanglant témoigne de la vulnérabilité persistante des populations vivant dans des zones sous l'influence de groupes armés.
À l'échelle internationale, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a tiré la sonnette d'alarme sur la détérioration continue de la situation en Haïti. Dans une déclaration rendue publique le lundi 15 juin, il a indiqué que plus de 2 300 personnes avaient été tuées depuis le début de l'année dans un contexte marqué par la violence généralisée des gangs armés.
Le rapport mentionne également près de 1 100 blessés et au moins 99 enlèvements recensés entre janvier et juin 2026. Selon l'Organisation des Nations unies, plusieurs groupes criminels continuent d'exercer leur contrôle sur différentes parties du territoire national, où ils se rendraient responsables de meurtres, de violences sexuelles, de pillages et d'enlèvements visant principalement des civils.
« Volker Türk a exhorté les autorités haïtiennes à renforcer sans délai les capacités du système judiciaire et à accélérer les réformes nécessaires afin de lutter contre l'impunité et de traduire les responsables de ces crimes en justice. »
Vladimir Predvil
