Le Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) a qualifié « de nuls » les 100 premiers jours du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à la tête du pays. Lors d'une conférence de presse tenue ce 21 mai 2026 dans les locaux du parti à Delmas, la structure réclame la démission du Premier ministre à partir de leur 120e jour conformément aux dispositions de l’article 149 de la Constitution.
En effet, depuis le 7 février dernier, après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé prend seul les rênes du pays avec son gouvernement. Il a déclaré qu’il dirigeait conformément à l’article 149 de la Constitution. Cet article prévoit qu’en cas de vacance présidentielle, le Premier ministre préside le Conseil des ministres et prend en charge le pouvoir pour une durée de 60 à 120 jours afin d'organiser le scrutin pour élire le nouveau chef de l'État.
Le 2 juin marquera les 120 jours du locataire de la Primature. Plusieurs voix ont commencé à s'élever pour dresser un bilan catastrophique du Premier ministre et réclamer sa démission. C’est le cas du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), l’une des structures signataires du Pacte pour la stabilité et l’organisation des élections que le chef du gouvernement avait présenté.
Selon le président du RDNP, Wadner Édouard, le gouvernement avait trois grandes missions essentielles d'après le pacte : restaurer la paix publique, relancer l'économie nationale et organiser des élections pour doter la nation haïtienne d'un gouvernement de légitimité.
« Aujourd'hui, nous constatons que ces objectifs sont non seulement loin d'être atteints, mais connaissent un énorme recul. Au contraire, le pays fait face à une amplification préoccupante de son effondrement. Les caïds intensifient leurs actes de violence, ils progressent dans leurs actions dans plusieurs régions du pays, notamment dans l’Artibonite, à la Plaine du Cul-de-Sac à Port-au-Prince », a précisé M. Édouard.
Par ailleurs, il estime que les actions des groupes armés dans la Plaine ont coûté la vie à plus de 390 personnes, d'après l'organisation des Nations Unis. Des milliers de familles continuent d'être déplacées. Cette situation impacte la vie humaine ainsi que l'éducation : des écoles sont abandonnées ou détruites, privant des enfants de leur éducation. Ils sont exposés au recrutement et à toutes les formes d'exploitation.
Parallèlement, le président a.i. du RDNP a laissé entendre que le gouvernement de Alix Didier Fils-Aimé gagne du temps dans le processus électoral afin de se maintenir au pouvoir. Il pense que ce blocage montre clairement un autre échec.
Parmi les démarches évoquées figurent les changements envisagés au sein du Conseil électoral ainsi que le décret électoral qui n’a toujours pas été validé par le Premier ministre depuis un mois.
« Le gouvernement actuel n'a pas su créer le climat de confiance nationale indispensable à la réussite de la transition. Au contraire, il a contribué à aggraver la crise », a ajouté le président.
Par rapport à tous ces enjeux, le RDNP considère que cette transition a perdu sa crédibilité politique, sa capacité opérationnelle et sa légitimité morale.
Dans ce contexte, le président du parti a rappelé qu’au terme des 120 jours du Premier ministre à la tête du pays, si la population n'est pas convoquée aux élections, sa mission prendra fin et il devrait quitter le pouvoir afin de laisser place à un autre gouvernement dirigé par un président.
En ce sens, le RDNP appelle à l'ouverture immédiate de nouvelles consultations nationales devant conduire sans délai à la mise en place d'un gouvernement crédible, compétent et patriotique, capable de rétablir l'autorité de l'État, sécuriser le territoire et créer enfin les conditions minimales pour la tenue des élections.
Yasmine Sanon
