L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), à travers sa Matrice de suivi des déplacements (DTM), a indiqué dans un rapport publié le 12 mai 2026 qu’environ 5 354 personnes, soit 1 281 ménages, ont été contraintes de fuir leurs domiciles à la suite de violents affrontements armés survenus depuis le 10 mai dans plusieurs quartiers de Cité Soleil, notamment Martial, Bas Fontaine, Sarthe, Terre-Noire-Blanchard et Duvivier.
Selon les données recueillies entre les 10 et 12 mai 2026 grâce à l’outil de suivi des urgences (ETT), la majorité des déplacés, soit 56 %, se sont réfugiés dans 12 sites d’hébergement, dont 10 existaient déjà avant les incidents et deux ont été créés à la suite de cette nouvelle vague de violences. Au total, 2 984 personnes, représentant 697 ménages, vivent actuellement dans ces sites situés notamment à Delmas, Cité Soleil et Port-au-Prince.
Parmi les lieux d’accueil figurent notamment le site de l’Église de Dieu La Conquête à Dessalines, MSF OPC à Terre-Noire-Blanchard, l’Externat La Providence à Lalue ainsi que Village Lamothe à Delmas 19.
Le rapport précise également que 44 % des personnes déplacées, soit 2 370 individus représentant 584 ménages, ont trouvé refuge dans des familles d’accueil. La commune de Delmas a accueilli la plus grande proportion des déplacés, soit 58 %, tandis que 36 % des victimes se sont réfugiées dans d’autres quartiers de Cité Soleil.
De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies en Haïti (OCHA) a exprimé sa vive inquiétude face à l’escalade de la violence armée dans le pays. Selon l’organisme, plus de 80 civils ont été tués ces derniers jours lors des affrontements opposant des groupes armés rivaux dans la commune de Cité Soleil.
L’OCHA a également indiqué qu’environ 2 000 cas de violences sexuelles contre des femmes et des filles ont été recensés dans le pays au cours des trois derniers mois, soulignant l’aggravation de la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti.
L’OIM rappelle qu’en mars et avril 2026, ces mêmes zones avaient déjà été touchées par des affrontements armés ayant provoqué d’importants déplacements de population. L’organisation souligne que ces nouveaux incidents traduisent une détérioration croissante de la situation sécuritaire dans la zone métropolitaine et affirme continuer à suivre l’évolution de la situation afin de publier de nouvelles mises à jour si nécessaire.
Sorah Schamma Joseph
