Malgré l’intensification des opérations des forces de l’ordre dans plusieurs zones stratégiques, les gangs armés continuent de faire peser une menace constante sur la population, notamment à Port-au-Prince, à Seguin et dans le département de l’Artibonite. Entre offensives policières, mouvements de protestation et recomposition du dispositif sécuritaire, la situation reste préoccupante pour des citoyens de plus en plus exposés à la violence.
À Port-au-Prince, les unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH), appuyées par les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Task Force, poursuivent leurs interventions dans des zones longtemps contrôlées par des groupes armés.
Dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 avril, les forces de sécurité ont intensifié les opérations de déblayage et de sécurisation, notamment au niveau du Marché Salomon. Ces actions ont permis aux agents d’avancer dans plusieurs quartiers de la deuxième et de la troisième circonscription, en particulier à Carrefour-Feuilles.
Durant la journée du samedi, les policiers ont également dégagé des axes routiers, notamment Magloire Ambroise et la rue Romain jusqu’aux Cinq Coins. La progression s’est étendue jusqu’aux environs de l’hôpital Sanatorium, marquant une avancée dans la reconquête de territoires occupés par les gangs.
« Ces interventions s’inscrivent dans la continuité des opérations lancées depuis le 22 avril dans des zones telles que Route des Dalles, Première Avenue Bolosse et Fort-Mercredi, sous l’emprise de la coalition criminelle Viv Ansanm »
Dans le Sud-Est, la PNH a renforcé sa présence à Seguin avec le déploiement de deux nouveaux blindés, arrivés le 21 avril 2026. Cette initiative vise à intensifier la lutte contre les gangs actifs dans la zone.
Selon des sources policières, les récentes opérations ont permis de neutraliser une dizaine de bandits et de saisir plusieurs armes à feu. Malgré ces résultats, la situation demeure tendue dans cette région confrontée à des groupes lourdement armés.
La situation s'est tendue aux Gonaïves ce lundi 27 avril, où plusieurs syndicats de transport en commun ont organisé une journée de mobilisation.
Les manifestants dénoncent à la fois la hausse des prix du carburant et les abus des gangs, notamment le groupe « Kokorat San Ras », accusé de multiplier les exactions contre les chauffeurs et les passagers.
Les protestataires reprochent également aux responsables des stations-service de fixer arbitrairement les prix du carburant, alimentant ainsi un marché parallèle. Ils appellent le gouvernement à intervenir rapidement pour réguler la situation et renforcer la sécurité dans la vallée de l’Artibonite.
Parallèlement, une cérémonie officielle s’est tenue le samedi 25 avril à la Direction générale de la PNH, marquant le départ du contingent kényan de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), après près de deux ans de présence en Haïti.
Les autorités haïtiennes, dont le ministre de la Justice Patrick Pélissier et le ministre de la Défense Mario Andrésol, ont salué l’appui de cette mission dans la lutte contre les gangs.
Cette cérémonie a également été marquée par le lancement opérationnel de la Force de Répression des Gangs (FRG), une nouvelle structure chargée de consolider les zones reprises, de renforcer la présence policière et de contribuer au rétablissement durable de la sécurité sur l’ensemble du territoire.
Vladimir Predvil
