À l’occasion du 20 avril, marquant la Journée nationale de la diaspora haïtienne, la Fondation Zile a lancé un vibrant appel à revaloriser cette date symbolique en la transformant en une véritable «Journée d’Haïti dans le monde ». Dans cette perspective, l’organisation met en lumière le rôle crucial de la diaspora, considérée comme un véritable poumon de l’économie nationale.
Dans un communiqué, la Fondation Zile souligne que la diaspora haïtienne représente aujourd’hui près de 4 millions de personnes à travers le monde, soit environ un tiers de la population nationale. Cette population est principalement répartie aux États-Unis, en République dominicaine et au Brésil. Constituée au fil des décennies sous l’effet de crises politiques, économiques et sécuritaires, elle incarne désormais une présence active dans divers secteurs, allant de l’économie à la culture, en passant par les institutions publiques et privées à l’échelle internationale.
Sur le plan économique, l’apport de la diaspora est jugé déterminant. Il s’agit d’une source de financement majeure, dépassant à la fois l’aide étrangère et les investissements directs.
« Des transferts qui dépassent les 5 milliards de dollars : le dernier rempart de l’économie nationale. Dans ce contexte, les transferts de fonds envoyés par la diaspora constituent le véritable pilier de l’économie haïtienne. Selon les dernières données de la Banque de la République d’Haïti (BRH), les envois sans contrepartie ont atteint un niveau record en 2025, avec un montant de 4,95 milliards de dollars américains, soit une hausse de 19,8 % par rapport à l’exercice précédent. Ce chiffre demeure toutefois sous-estimé, en raison de l’importance des transferts informels échappant aux statistiques officielles », a rappelé la Fondation.
Face à cette réalité, la Fondation Zile propose la mise en place d’une commission interministérielle permanente chargée de structurer et de renforcer les relations entre l’État haïtien et sa diaspora. Cette instance regrouperait notamment les ministères des Haïtiens vivant à l’étranger, des Affaires étrangères, du Tourisme, de la Culture et de l’Intérieur. Elle aurait pour mission d’organiser les activités liées à la Journée de la diaspora, de renforcer la coordination avec les pays d’accueil et de promouvoir l’implication des compétences haïtiennes de l’étranger dans le développement national.
Au-delà des aspects institutionnels, la Fondation insiste sur la nécessité de repenser la portée symbolique du 20 avril. Elle souhaite faire de cette journée un moment de fierté nationale, de visibilité internationale et de mobilisation collective. L’objectif est de reconnaître pleinement la diaspora comme une composante essentielle de la nation haïtienne, et non comme une simple extension extérieure. Dans un contexte international de plus en plus contraignant pour les migrants, et face à l’aggravation de la crise interne, la Fondation Zile exhorte les autorités haïtiennes à intégrer pleinement la diaspora au cœur des politiques publiques. Selon elle, l’avenir d’Haïti passe inévitablement par une meilleure valorisation de cette ressource humaine, économique et culturelle d’envergure mondiale.
Dans le cadre de la commémoration de la Semaine de la diaspora, la Fondation Zile a également organisé à Santo Domingo la XIVe édition de cet événement, dans une ambiance à la fois émouvante et solennelle. La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités haïtiennes et dominicaines. Des prix de distinction ont été remis à des acteurs engagés dans les domaines social, éducatif, culturel et entrepreneurial. L’événement a ainsi permis de mettre en valeur des parcours exemplaires et de renforcer la reconnaissance des contributions à la communauté haïtienne ainsi qu’au rapprochement binational.
Soutenue par divers partenaires, cette initiative réaffirme l’engagement de la Fondation Zile à promouvoir le dialogue, la solidarité et une coexistence harmonieuse entre Haïti et la République dominicaine.
Oberde Charles
