Le Mouvement Universitaire de Réflexion et de Refonte d’Haïti (MURRH), composée d’universitaires engagés, elève la voix et remet en question la pertinence de la médiation de la CARICOM dans la gestion de la crise haïtienne et exige d’être entendue dans les discussions en cours.
Depuis 2023, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) multiplie les initiatives diplomatiques autour de la crise haïtienne. Toutefois, pour le MURRH, ces démarches suscitent des interrogations : s’agit-il d’un véritable élan de solidarité régionale ou d’une intervention guidée par des intérêts géopolitiques ?
Le mouvement évoque un contexte international marqué par de nouvelles doctrines d’influence, qu’il qualifie de Trumproe, et alerte sur le risque de voir Haïti devenir une nouvelle cible dans les dynamiques de recomposition politique régionale.
Le MURRH revient notamment sur la participation d’Alix Didier Fils-Aimé à la 50e session de la CARICOM, tenue du 24 au 27 février 2026 à Basseterre. À l’issue de cette rencontre, les Éminentes Personnalités de la CARICOM ont relevé des controverses juridiques majeures entourant le Pacte proposé par les autorités haïtiennes.
Dans la foulée, l’organisation régionale a décidé de maintenir son implication dans le dossier haïtien pour une période de 90 jours, avec l’appui d’acteurs internationaux, notamment les États-Unis.
Autre élément relevé : l’exclusion d’Haïti du programme « Shields of America », lancé le 7 mars 2026 avec plusieurs pays de la région, officiellement en raison d’un vide de gouvernance dans le pays.
Parallèlement, le mouvement universitaire inscrit la situation actuelle dans une perspective historique plus large. Il rappelle qu’Haïti, première république noire indépendante, a longtemps été perçue comme un symbole de résistance, mais aussi comme une cible de pressions et d’ingérences étrangères.
Selon le MURRH, les missions internationales successives, la présence de forces étrangères et certaines décisions diplomatiques récentes pourraient s’inscrire dans une logique de contrôle des ressources et de l’orientation politique du pays.
De même, le mouvement pointe la dégradation de la situation sécuritaire, marquée par l’expansion de groupes armés, ainsi que les tensions avec la République dominicaine, comme des signes révélateurs d’un déséquilibre profond.
Face à cette situation, le MURRH affirme son rôle en tant qu’acteur clé de la société haïtienne. Il se présente comme une force de réflexion et de proposition, mobilisant la connaissance scientifique pour contribuer à une refonte durable du pays.
Vladimir Predvil
