Alors que le pays traverse une crise multiforme, le gouvernement a procédé à une nouvelle fixation des prix des produits pétroliers à la pompe, invoquant la hausse des cours internationaux liée au conflit au Moyen-Orient. Malgré les mises en garde de plusieurs organisations et le mécontentement de la population, les tarifs ont été ajustés à la pompe.
Sur recommandation du Conseil consultatif chargé de la régulation du secteur, jugé stratégique pour l’économie, les autorités ont annoncé les nouveaux prix : la gazoline passe de 560 à 725 gourdes, le kérosène de 615 à 845 gourdes et le diesel de 620 à 850 gourdes.
Face à cette décision, le Central national des ouvriers haïtiens (CNOHA) appelle à la mobilisation populaire pour protester contre cette décision. Par ailleurs, le coordonnateur général du CNOHA, Dominique St-Éloi, dénonce « une mesure malhonnête prise par des irresponsables contre une population déjà plongée dans la misère ». Selon lui, chaque augmentation du carburant frappe de plein fouet les ouvriers, les paysans et les quartiers populaires.
Le CNOHA rappelle qu’en 2018, une tentative d’ajustement de seulement 15 gourdes avait provoqué une vaste contestation, alors qu’aujourd’hui, des hausses beaucoup plus importantes sont imposées aujourd’hui sans réaction comparable. L’organisation accuse certains politiciens et groupes économiques de profiter de la situation au détriment du peuple haïtien.
Le coordonnateur général du CNOHA, Dominique St-Éloi souligne que le prix du pétrole a baissé à plusieurs reprises sur le marché international, sans que cela ne se traduise par une diminution à la pompe. Il déplore également l’absence d’ajustement du salaire minimum, malgré une inflation dépassant 50 %, en violation du Code du Travail.
Le syndicat avertit que si la population reste silencieuse, le prix du carburant pourrait rapidement atteindre 950 voire 1000 gourdes sur le marché noir ainsi que dans les villes de province, aggravant la crise sociale déjà précaire. Il appelle ouvriers, paysans, étudiants, enseignants et habitants des quartiers populaires à se joindre à la lutte pour défendre leurs intérêts.
Likenton Joseph
