À Pétion-Ville, l’inquiétude est palpable. Depuis quelques jours, les démarches engagées par le gouvernement pour fixer les prix des carburants à la pompe suscitent de vives réactions au sein de la population. Dans les rues de la commune, le constat est frappant, plusieurs stations d’essence restent fermées, sans pompistes ni véhicules en attente, comme si l’activité était brusquement suspendue.
Sur place, les citoyens ne cachent pas leurs préoccupations. Pour beaucoup, une éventuelle hausse du prix du carburant risque d’aggraver davantage des conditions de vie déjà difficiles. « Si le carburant augmente, tout va augmenter », lâche un riverain, visiblement inquiet pour son quotidien.
Pierre, un habitant de la zone, tente d’expliquer la situation à sa manière. Selon lui, les tensions internationales, notamment entre certains grands pays, influencent directement les prix du pétrole. Mais, il dénonce surtout un manque de transparence. « Quand les prix baissent à l’international, on ne voit jamais la différence ici. Mais dès que ça monte, on le ressent immédiatement », regrette-t-il.
Du côté des chauffeurs de transport en commun, le ton est tout aussi préoccupé. Ils redoutent déjà les répercussions sur leurs activités. Une augmentation du carburant entraînerait inévitablement une hausse des tarifs, avec le risque de perdre des clients déjà fragilisés économiquement.
Plus largement, les citoyens pointent du doigt la gestion de l’État. Ils estiment que les décisions économiques semblent échapper au contrôle public, laissant trop de place au secteur privé. Dans ce contexte, beaucoup appellent les autorités à agir rapidement pour éviter une nouvelle crise.
Yasmine Sanon
