Le Ministre de l’Économie et des Finances (MEF), Serge Gabriel Collin, a procédé, ce mercredi 25 mars 2026, à l’installation de Stevenson Jacques Thimoléon comme nouveau directeur général du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD).
Dans son intervention, le directeur sortant, Fils-Aimé Ignace Saint Fleur, a d’abord souligné que depuis 24 ans, l’institution n’a jamais connu de passation de pouvoir entre deux directeurs généraux. Il a rappelé avoir dirigé le BMPAD pendant neuf ans, précisant que les bilans de son administration sont publics et éloquents.
Par ailleurs, il a mis en avant l’une des réalisations dont il se dit le plus fier : la réception et la monétisation de cinq cargaisons de riz japonais, conformément aux exigences de l’ambassade du Japon, dans le cadre du programme KR, dont les objectifs ont été atteints.
Dans la même dynamique, il a indiqué transmettre à son successeur un dossier actif visant à débloquer quatre cargaisons suspendues depuis 2021, à la suite d’un contentieux lié aux KR 2015.
De plus, il a fait savoir qu’une récente réunion tenue avec le MAEC et l’ambassade du Japon en Haïti confirme la reprise imminente de la coopération japonaise, prévue pour mai 2026. « Le chemin est tracé, il appartient désormais à la nouvelle direction de le parcourir avec la même rigueur et la même détermination », a-t-il affirmé.
Évoquant le bilan global de son passage, il a précisé qu’entre 2017 et 2025, le BMPAD a conduit plus de 70 projets structurants dans plusieurs secteurs clés, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture, la sécurité, les infrastructures, la cohésion sociale et la sécurité alimentaire. Parmi les réalisations emblématiques, il a cité la reconstruction du lycée Marie-Jeanne à Port-au-Prince, celle du lycée du Cinquantenaire, la réhabilitation de la FASCH (UEH), ainsi que la construction de 17 centres de santé à travers le pays.
Pour sa part, le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Colin, qui a officiellement installé le nouveau directeur général, a insisté sur la portée de cette nomination. Selon lui, il ne s’agit pas d’un simple remplacement, mais d’un choix répondant à une vision plus efficace, cohérente, dynamique et responsable dans la gestion des ressources publiques.
Dans cette perspective, il a annoncé une réforme majeure, profonde et ambitieuse, devant produire des résultats concrets. Il a insisté sur la nécessité pour le nouveau directeur d’engager cette transformation avec courage et discernement, afin de restaurer la confiance dans la fonction publique. « Il faudra résister aux pressions, aux habitudes et aux intérêts particuliers qui freinent souvent les réformes dans notre pays », a-t-il prévenu.
Le ministre a également mis l’accent sur une exigence essentielle : la performance. Selon lui, celle-ci n’a pas été suffisamment au centre de l’action publique durant trop longtemps. Désormais, les résultats doivent être au rendez-vous. Il a ainsi plaidé pour une gestion axée sur les résultats, impliquant une meilleure traçabilité des opérations, une utilisation optimale des ressources et une contribution accrue aux objectifs de développement national.
En outre, il a souligné que le BMPAD doit redevenir un outil efficace pour mobiliser et gérer les ressources issues des programmes d’aide au développement, dans le respect des principes de bonne gouvernance. Cela permettra non seulement d’améliorer l’efficacité interne de l’institution, mais aussi de renforcer la crédibilité de l’appareil étatique, notamment auprès des partenaires internationaux, dont la confiance demeure essentielle dans le contexte actuel.
Au-delà des aspects techniques, il a estimé que la réforme en cours porte une ambition plus large : refonder le lien entre l’État, le BMPAD et les citoyens. Ainsi, chaque dépense publique devra produire un impact mesurable, chaque décision devra être justifiée et chaque institution devra rendre des comptes. « Le BMPAD, sous votre direction, doit devenir le symbole d’une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et l’efficacité », a-t-il insisté.
Il a également exhorté le nouveau directeur à maintenir une collaboration étroite avec le MEF, notamment à travers la soumission régulière de rapports mensuels et semestriels, ainsi que l’organisation fréquente de conseils d’administration. « Vous avez des comptes à rendre à la population et au MEF. Le pays compte sur vous, la nation compte sur vous : nous avons un pays à sauver », a-t-il conclu.
Prenant la parole à son tour, le nouveau directeur général, Stevenson Jacques Thimoléon, a affirmé que son administration sera résolument tournée vers les résultats, avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie de la population, confrontée aujourd’hui à l’insécurité et au désespoir.
Dans cette optique, il s’est engagé à assurer le bon fonctionnement et l’évolution continue de l’institution, dans une logique de complémentarité des tâches, afin de contribuer efficacement aux objectifs du gouvernement.
Il a également promis une gestion exemplaire du BMPAD, visant à raviver l’espoir et à inscrire l’institution dans une dynamique durable de performance et de succès.
Face aux défis actuels du pays, il a insisté sur la nécessité de faire preuve de rigueur, d’efficacité et de responsabilité. « Le BMPAD doit être un instrument de performance au service de l’État haïtien et de la diaspora », a-t-il soutenu.
Somme toute, il a pris l’engagement de conduire une administration guidée par une exigence constante de résultats, de transparence et de bonne gouvernance. Il a assuré que les efforts seront récompensés, qu’aucune complaisance ne sera tolérée et que l’efficacité constituera la ligne directrice de son action, tandis que l’intégrité en sera le principe fondamental. « Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action. La nation nous observe, l’histoire nous jugera », conclut-t-il.
Modeline Youte
