À partir d’une série de consultations nationales lancées depuis août 2025, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a pu interroger 3 000 personnes issues de différents secteurs, parmi lesquels des acteurs du secteur privé, de la société civile, de la classe politique, du système judiciaire, des confessions religieuses, entre autres. 92 % estiment que la corruption est très élevée au sein de l’administration publique, ce qui affecte la croissance économique du pays et a un impact majeur sur la justice et la vie sociale de la population, selon les révélations faites par les participants aux enquêteurs.
Selon Hans Jacques Ludwig Joseph, directeur de l’ULCC, cette enquête met à nu un système qui alimente la corruption à l’intérieur du pays et provoque une méfiance de la population vis-à-vis des institutions.
"Des chiffres qui donnent froid au dos. 92 % des répondants de l’ensemble des groupes interrogés pensent que la corruption est très élevée. Parmi les ménages, 92 % estiment que la corruption occasionne une augmentation du coût de la vie. Cet obstacle majeur pour 90 % des entreprises affecte la compétitivité", ont confié les participants interviewés.
En ce sens, le directeur de l’Unité de Lutte Contre la Corruption ajoute qu’il existe une grave crise de gouvernance et une justice quasi inexistante dans le pays. "Je me réjouis au moins de voir que cette institution qu’est l’ULCC, qui se dresse en résistance insurmontable contre toutes ces pratiques contraires aux valeurs de bonne gouvernance et de transparence, continue de faire la différence", dit-il.
Parallèlement, toujours dans le cadre de cette enquête, 60 % des personnes interviewées ont répondu qu’elles soutiennent les actions menées par l’ULCC. Une note positive qui démontre clairement l’engagement de la population dans la lutte contre la corruption. Dans ce sens, ce rapport vise à continuer de rétablir la confiance de la population et à renouveler l’engagement de l’ULCC à promouvoir la transparence et à exiger la reddition de comptes de tous les agents publics, selon le responsable.
Dans cette démarche M. Joseph lance un appel au renforcement du travail de la justice dans le pays, afin que des actions concrètes soient entreprises pour poursuivre les personnes impliquées dans des pratiques de corruption et qui fragilisent le bon fonctionnement de l’État. "Seule la justice, dans la suite des actions, des enquêtes, des missions réalisées par les institutions de la Task force anticorruption, peut décider de mettre un frein à ce phénomène qui nous couvre tous et toutes de honte", ajoute-t-il.
Pour rappel, au cours des dernières années, l’ULCC a démontré sa bonne foi en poussant les acteurs à pratiquer la bonne gouvernance à la tête de l’État. Sous l’administration de Hans Jacques Ludwig Joseph, plus de 90 rapports d’enquête ont été produits. Malheureusement, des défaillances au niveau du système judiciaire empêchent le suivi de plusieurs dossiers de corruption.
Durant cette période de transition, de nombreux noms ont déjà été cités, parmi lesquels des directeurs généraux, des ministres et même d’anciens conseillers présidentiels. Dans ce contexte, plusieurs acteurs estiment qu’il est impératif que la justice fasse son travail et encadre l’action des institutions de contrôle afin de permettre au pays de se libérer de ces acteurs qui utilisent la corruption pour s’enrichir au détriment du peuple et des institutions publiques.
Oberde Charles
