Le Ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), en partenariat avec l’UNESCO et l’UNFPA, a lancé ce mardi 10 septembre 2024 un atelier de consultation du document d’orientation sur la filière technologique du nouveau secondaire en Haïti. Le Ministre du MENFP, Augustin Antoine, plaide pour une école utilitaire qui soit en adéquation avec la formation et le marché de l’emploi.
Avec une proportion élevée de jeunes âgés de 15 à 25 ans, représentant plus de 53 % de la population, la question du dividende démographique se pose avec acuité. Cette opportunité unique ouvre des perspectives d’insertion sociale et économique pour les jeunes.
Toutefois, il est démontré que les pays bénéficiant de la plus grande opportunité démographique pour le développement sont ceux entrant dans une période où la population en âge de travailler jouit d’une bonne santé, d’une éducation de qualité, d’un emploi décent et d’une proportion plus faible de jeunes dépendants. Ces conditions offrent un cadre d’orientation pour une politique d’insertion des jeunes.
Bien que le potentiel démographique soit immense en Haïti, de nombreux défis subsistent pour faire de cette opportunité un puissant vecteur de transformation sociale, notamment en termes d’emplois pour les jeunes, d'éradication de la pauvreté, et de lutte contre la violence et les conflits. Afin de répondre aux attentes de la frange de la population jeune en matière d'éducation et de formation, une feuille de route a été élaborée en vue de structurer les démarches de la direction de l’enseignement secondaire, avec pour objectif la mise en œuvre de la filière d’enseignement technologique du nouveau secondaire afin d’atteindre les objectifs du MENFP.
En effet, le ministre Augustin Antoine a insisté sur ces objectifs, à savoir : diversifier la formation des jeunes et mieux accompagner ceux âgés de 15 à 19 ans ; offrir des opportunités de reconversion et d’insertion professionnelle ; permettre aux jeunes de participer au relèvement économique, d'accéder au marché du travail et de poursuivre leurs études à l’université.
De son côté, le directeur de l’enseignement secondaire, Miguel Fleuri Jean, a réagi sur les filières à fort potentiel d'employabilité. « Dans la perspective de la Réforme Bernard, l’enseignement secondaire devrait comprendre trois filières : l'enseignement général, l’enseignement technologique et l’enseignement pédagogique. »
Cependant, dans la réalité, seule la filière d’enseignement général, avec ses quatre séries conduisant à l'université ou à l’enseignement supérieur, bénéficie d’un soutien constant. « En réponse aux besoins de compétences techniques sur le marché du travail, tant national qu’international, le MENFP, via la direction de l’enseignement secondaire (DES), a décidé de mettre en place la filière d’enseignement technologique, profitable à la jeunesse haïtienne en quête de compétences techniques. Cette filière a une double vocation : d'abord permettre aux bacheliers d'accéder directement à des emplois de techniciens ou de poursuivre des études supérieures dans les institutions spécialisées », a-t-il fait savoir.
La filière technologique devrait avoir quatre séries : Les sciences techniques industrielles (STI), les sciences et techniques tertiaires (STT), les sciences et techniques du développement rural (STDR), et les sciences et techniques médico-sociales (STMS). Enfin, le MENFP envisage d’inclure des séries plus ciblées telles que l’agriculture, l'hôtellerie, et les sciences informatiques dans le programme.
Gerard H. Resil
