Le 28 octobre marque la Journée internationale de la langue et de la culture créole. Pour marquer cette journée, Antèn ouvriye Ayiti et KAYLA ont salué la mémoire de tous ceux qui ont lutté pour permettre au créole de remplir son rôle dans cette bataille culturelle, idéologique, et politique dans la société haïtienne.
Les langues créoles sont la résultante d’un brassage entre les langues africaines et les langues parlées par les pays colonisateurs.
Une grande partie de ses locuteurs proviennent d’Haïti, qui reconnaît le créole haïtien comme langue officielle depuis 1987.
A l’occasion, Antèn ouvriye Ayiti et Kayla sont revenus sur la première commémoration de cette journée le 28 octobre 1983 par Bannzil Kréyol, alors qu’en 1999 SAKS, qui est la société d’animation et de communication sociale, avait marqué cette journée pour la première fois.
Ainsi, le coordonnateur d’Antèn ouvriye, Raynald Sanon, à travers une conférence pour marquer cette date, a fait l’historicité de la journée en rappelant que cette langue a vu le jour à partir d’une lutte de classe, qui veut dire une bataille entre esclaves et colons, une bataille culturelle, idéologique, et politique.
En effet, selon M. Sanon, cette langue a pris naissance à partir d’une lutte entre les esclaves et les colons, afin de leur montrer qu’ils sont aussi des êtres humains à part entière.
Avec la création de cet outil de communication, les esclaves ont pu mettre sur pied une grosse organisation politique, leur permettant de réaliser leur premier congrès des esclaves le 14 aout 1791, à partir duquel, ils avaient pris l’engagement de combattre les colons, pour arriver au 18 novembre 1803.
Par ailleurs, la secrétaire exécutive de KAYLA Francia Pierrette a de son côté mis l’emphase sur le rôle de communication populaire du créole.
Comme exemple, les « Madan Sara» haïtiennes permettaient une bonne circulation des informations en partance des milieux ruraux, au centre-ville et vice versa, pendant la guerre des kako, et sans oublier le grand rôle de cette langue dans le cadre de la bataille contre les Duvalier et les tonton makout.
Enfin, ces deux structures (Ouvriye Ayiti et Kayla) ont rappelé que la capacité de la langue créole haïtienne, comme étant la base d’une communication populaire, est un outil important permettant à la population haïtienne de lutter contre les forces de l’occupation.
Ces structures en ont profité pour condamner la demande d’intervention militaire du gouvernement d’Ariel Henry. Elles lancent un appel, à l’occasion de cette journée du 28 octobre, à toutes les forces vives de la nation pour qu’elles fassent front commun en vue de dire non à la présence des forces étrangères armées sur le territoire national.
Gerard H. Resil
