À cause des problèmes conjoncturels du pays tel que l’insécurité, la cherté de la vie, la rareté des produits pétroliers et autres, une réouverture des classes ne sera pas possible cette année si rien n’est fait pour résoudre la situation délétère du pays, selon Jackson Germain secrétaire général de l’Association nationale des normaliens indépendants d’Haïti. L’ANNIH dénonce les actes abusifs des directeurs d’écoles qui exigent des parents de payer les frais scolaires en prétextant d’offrir des cours virtuels aux enfants.
Malgré de nombreuses annonces faites par les responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle concernant la reprise des activités scolaires, jusqu’à présent, les portes des écoles restent fermées. Face à cette situation, Jackson Germain critique les autorités étatiques qui, selon lui, ne se soucient point de l’éducation des enfants haïtiens.
« Comme nous pouvons le constater, en Haïti, les établissements éducatifs sont toujours fermés à cause de l’irresponsabilité des hommes d’État. L’insécurité, la cherté de la vie, la pénurie de carburant font toujours l’actualité, empêchant le fonctionnement de plusieurs secteurs. À travers notre association (ANNIH), nous prenons des mesures comme collaborer avec quelques parents, en vue d’accompagner leurs enfants jusqu’à la réouverture des classes. »
En effet, pour qu’il y ait une reprise des activités éducatives, il faut que des décisions soient prises par l’actuel Premier ministre Ariel Henry en vue de rétablir la paix dans le pays, a déclaré Jackson Germain en dénonçant certains directeurs d’écoles qui profitent de cette situation pour gagner de l’argent en utilisant les réseaux sociaux pour travailler avec leurs élèves à distance. Dans ce cas, le paiement se fait mensuellement comme à l’ordinaire.
Toujours, selon Jackson Germain, psychologiquement, les écoliers auront besoin d’assistance, puisqu’ils sont stressés, choqués par rapport aux difficultés rencontrées durant cette période de crise. Chaque établissement devrait avoir un psychologue pour accompagner les enfants dont certains sont traumatisés et pourraient avoir des difficultés à se concentrer en salle de classe, devenir violents ou effacés dans la cour de récréation. Au sein des lycées plusieurs psychologues seront nécessaires, car les écoliers sont de plus en plus nombreux.
Depuis la dernière annonce de la reprise des classes le 3 octobre dernier, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle Nesmy Manigat poursuit sur sa lancée de « Lekòl tipa tipa ». Entre-temps, des zones sont toujours affectées par le banditisme. La guerre des gangs persiste dans plusieurs quartiers ».
Jackson Germain, dans sa plaidoirie, continue de demander aux autorités de faire le maximum d’efforts pour que les élèves puissent regagner les salles de classe, tout en apportant des solutions à cette crise qui affaiblit le système éducatif du pays. Pour certains parents, la reprise des activités scolaires sera peut-être programmée pour janvier 2023. L’ANNIH continue de s’alarmer pour que les instances concernées prennent leurs responsabilités afin de faire régner à nouveau, la paix sur tout le territoire.
Veron Arnault
