Le choléra continue de se propager dans le pays. Plusieurs cas suspects et de décès seraient en train d’être investigués dans plusieurs centres de santé du pays, à en croire les propos de Jean Marc Biquet, coordonnateur projet à Médecins sans frontières de Turgeau. Une preuve que la maladie est en train de gagner du terrain.
En effet, MSF est saturé pour le moment par des cas suspects, et a dû transférer des malades vers d’autres centres. Jean Marc Briquet, coordonnateur projet pour le compte de MSF, dit avoir reçu depuis le 29 septembre à nos jours environ 200 cas avérés de choléra sans compter ceux-là qui ont été référés ailleurs pour saturation d’espace.
Une urgence dans l’urgence
Haïti fait face à une crise impliquant de multiples facteurs, notamment une situation sociopolitique complexe et une pénurie de carburant affectant tous les secteurs de la vie, spécialement les services de santé, qui ont un impact direct sur les réponses à donner surtout en temps de crise comme celui-ci.
L’accès aux communautés frappées par le choléra est très difficile, s’en est plein le responsable des activités médicales de MSF qui, selon lui, complique l’évaluation en temps réel de l’évolution épidémiologique de la maladie.
«Les hôpitaux luttaient déjà pour rester ouverts en raison de la mobilité limitée de leur personnel et du manque de carburant, maintenant viennent s’ajouter les urgences de choléra, tout ceci pour vous dire comment la situation est délicate», a lâché M. Samson.
En outre, le coordonnateur projet Jean Marc Biquet est revenu sur les crises sociopolitiques et la crise sécuritaire qui ont, en quelque sorte, limité l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement. Ces facteurs, selon lui, ont un impact sur la dynamique de la résurgence de la maladie.
Réponse des acteurs de santé
En réponse à cette recrudescence de la maladie, le MSPP, selon les propos de son directeur général Lauré Adrien, a mis en branle son système de gestion des incidents aux niveaux régional et national en étroite coordination avec les centres de santé et structures sanitaires pour soutenir la réponse sur tout le territoire.
Enfin, tandis que la saison des pluies progresse dans le pays, les interventions rapides sont essentielles pour enrayer l’épidémie de choléra. L’épidémie amplifie les besoins humanitaires déjà urgents.
Rappelons que durant la période d’octobre 2010 à février 2019, au moins 820 000 cas, dont environ 10 000 décès liés au choléra, avaient été signalés dans le pays. Cette maladie refait surface dans un contexte sociopolitique difficile où la population est en manque de tout.
Gerard Hirsh Résil
