Dans une note paraphée de son directeur exécutif, Gardy Maisonneuve, le jeudi 15 septembre 2022, le SKL a laissé entendre que Haïti est face à une insécurité planifiée. Il dénonce notamment les crimes en lien au conflit terrien qui prévaut à l’habitation Laboule dans la commune de Pétion-Ville.
Depuis quelque temps, Laboule fait face à une insécurité grandissante ayant déjà causé la mort de plusieurs personnes dont, l’ancien sénateur et directeur, au moment de son assassinat, de l’Entreprise publique pour la promotion des logements sociaux (EPPLS), Yvon Buissereth, le 6 août, et de trois policiers parmi lesquels Patrick Octa, un mois plus tard. Des actes imputés à un gang qui gagne en puissance dans cette zone dont le chef de file est connu sous le nom de Ti Makak.
Selon le SKl, la police après la mort de Buissereth, le haut état-major a ordonné au directeur départemental de l’Ouest, de décréter la permanence à Laboule. C’est donc dans l’exercice de leur fonction que Octa, Galiotte et Roldy, les trois agents de la PNH ont perdu la vie. En effet les victimes, qui revenaient de Tara’s en patrouille et rentraient dans leur base, ont été prises dans un guet-apens.
Cette triste réalité de cette habitation située dans la section communale de l’Étang du Jonc est le quotidien de nombreux autres quartiers, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince notamment, qui est selon le SKL encerclée par des groupes armés.
Dans sa note de presse, Le Sant Karl Lévêque a surtout rappelé les crimes odieux commis par des individus qui règnent en maître à Croix-des-Bouquets, Village de Dieu et d’autres quartiers populaires dans la capitale. Selon Maisonneuve, l’assassinat de huit personnes à Tabarre, dont 3 membres de la famille Desenclos, le 20 aout, le massacre de plusieurs policiers à Village de Dieu le 12 mars 2021 par le gang 5 second dirigé par Izo, les massacres qui ont eu lieu à Cité-Soleil, Bel-Air ont laissé les autorités et la communauté internationale indifférente.
Le SKL a aussi attiré l’attention sur les armes de haut calibre que possèdent les membres de gangs: « Ces armes ressemblent à des M-60, M-50, M-2, et d’autres armes lourdes qui devraient appartenir à la Police nationale d'Haïti où à l’armée. Selon cette structure de défense de droits humains, les 3 trois policiers morts à Laboule ont eu à faire face à des bandits armés de mitrailleuse, une arme automatique sur support, pouvant tirer jusqu’à une distance allant de 6,5 à 8 kilomètres. Mis à part l’insécurité généralisée, Gardy Maisonneuve attire l’attention de la population sur les conflits terriens à Laboule et selon lui, le gang Ti Makak dispose de grands moyens et du soutien des membres de l’oligarchie haïtienne.
Tout en applaudissant la création de l’unité UTAG, un Task Force regroupant des agents du SWAT, BRI, BLVV, Cimo... en vue de lutter contre la gangstérisation qui se développe dans le département de l’Ouest particulièrement à Laboule, il appelle la population à réagir afin de changer la situation. Le SKL demande également aux agents de la PNH de ne pas baisser les bras et de continuer à accompagner la population dans la lutte contre les gangs armés.
Murdith Joseph
