Les responsables du Sant Karl Lévêque, du Réseau national des plaignants Petrocaribe et du Force -N -157 ont donné une conférence de presse ce jeudi 7 avril 2022 au local du Réseau national de défense des droits humains ( RNDDH) dans l’objectif de dénoncer le règne de l’impunité, la vassalisation et le manque de confiance dans le système judiciaire. Parallèlement, les syndicalistes entendent gagner les rues selon leur calendrier afin de continuer d’exiger que les instances concernées assument leurs responsabilités envers le peuple haïtien, qui fait face à la misère abjecte et au climat d’insécurité.
Alors que des organismes de droits humains appellent les autorités à lutter contre la criminalité en puissance en Haïti, plus particulièrement contre les trafiquants d’armes et de drogue, qui alimentent aussi l’insécurité, de leurs côtés, des syndicalistes pensent que les dirigeants et les élites sont de connivence avec les gangs armés. En ce sens, ils exhortent le gouvernement d’Ariel Henry à prendre toutes les mesures possibles afin d’ordonner l'interdiction des vitres teintées sur toute l’étendue du territoire et pour tous les véhicules des agents de l'ordre, spécifiquement.
D’après le coordonnateur général du Sant Karl Lévêque, Jean Gardy Maisonneuve, si les autorités concernées ne posent aucune action concrète pour freiner la recrudescence de l’insécurité, bientôt, c’est la population haïtienne qui se chargera d'enlever les teintes des vitres en foulant le macadam. « Pour la prochaine étape que nous allons franchir dans la lutte contre l’insécurité et la montée des cas d’enlèvements, personne n’aura le droit de nous tenir responsables. C'est la population qui prendra son destin en main. Nous ne voulons aucune voiture à vitres teintées dans le pays. Certaines personnes qui ont été enlevées nous ont expliqué que c'est parce que les vitres des véhicules des agents de l'ordre sont teintées qu'ils n'ont pas pu leur alerter. Est-ce qu'il n’y a pas une sorte de complicité entre eux? », se demande le coordonnateur du Sant Karl Lévêque, Jean Gardy Maisonneuve.
Pour sa part, Me Marc Antoine Maisonneuve rend les dirigeants haïtiens responsables des dérives dans le système judiciaire. Selon lui, jusqu’à présent, aucun juge n'a été désigné pour poursuivre le dossier d’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval, ce qui joue en faveur des autorités. Sinon, des actes d’instruction auraient été posés, pense-t-il. « La justice est le plus grand ennemi des voyous, des malfrats et des criminels. Quand ce sont les bandits et leurs complices qui décident, au nom de la population, on ne pourrait s'attendre à la bonne marche de la justice. Tout ce que le gouvernement d’Ariel Henry décide de faire n’est autre que la démagogie», a déclaré Me Marc Antoine Maisonneuve.
Vladimir Predvil
