Port-au-Prince s'apprête à passer les fêtes de fin d'année dans l’insécurité totale

Dans de nombreux pays, les fêtes de Noël et de fin d’année restent des moments exceptionnels. En Haïti, cette période festive s'annonce compliquée encore plus cette année, en raison de la situation d’insécurité croissante. Des bandits ont fait mainmise sur quasiment toutes les zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince. À l'entrée sud de la capitale, des affrontements en bandes armées, depuis plusieurs mois, ne cessent de faire des victimes au sein de la population.

En effet, depuis le début du conflit en juin dernier, les rues de la troisième circonscription de Port-au-Prince ont été désertées. À cause des crépitements d'armes automatiques, des milliers de résidents de la zone ont fui leur maison, pour se réfugier chez des proches. Une grande partie de ces déplacés se trouvent encore aujourd'hui à dormir dans le Centre sportif se trouvant dans la commune de Carrefour. Toutes les activités sont au point mort. Les portes des écoles et des commerces restent fermées. Martissant est totalement assiégé par des bandits.


Les quelques rares véhicules qui décident malgré tout de fréquenter cette partie de la Nationale numéro 2 n'ont aucune garantie d’arriver à destination sans problème. Car souvent ils sont pris entre les feux croisés de bandits. Pas plus tard que le mercredi 1 décembre 2021, des échanges de tirs entre les groupes armés ont entraîné la mort d’au moins six personnes. Et des dizaines de personnes sont sorties blessées.



Les tentatives de la Police nationale d'Haïti, visant à mettre les malfrats hors d'état nuire, se soldent presque toujours par un échec, les uns plus cuisants que d'autres. On se souvient malheureusement encore cette opération anti gangs, menée par la PNH le 12 mars 2021 au Village de Dieu, qui avait tourné au fiasco et avait coûté la vie à près de 11 policiers de l'unité spécialisée SWAT.



Parallèlement, le directeur a.i de l'institution policière, Frantz Elbé, a effectué une tournée d’inspection sur la Côte des Arcadins, dans le cadre de la mise en application du plan de sécurité dénommé « Retour à plage » visant, à sécuriser les périmètres internes, externes et les voies routières conduisant aux différents hôtels et plages, au nord de la capitale. Mais pour le moment, aucune annonce de ce genre n'a été faite concernant les plages et hôtels situés dans les 3 départements coupés par les gangs des Martisant. Rien aussi n’a fuité concernant la libération des zones occupées par les bandits.


Avec cette insécurité révoltante, exacerbée par la multiplication des cas de kidnapping, la population est contrainte à se terrer chez elle. Parler de fêtes de fin d'année dans cette situation est presque considéré comme une bonne blague.

Esdra Jeudy

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