Le gouvernement s’est empressé d’augmenter les prix des produits pétroliers.
On s’y attendait avec la situation qui se développe au Moyen-Orient.
Ce qui gêne, c’est qu’il n’y aurait aucun empressement à baisser les prix à la pompe s'il y avait une baisse au niveau international.
Ce qui gêne, c’est qu’on est convaincu que ceux qui prennent ces décisions n’ont aucune considération pour la population, même si beaucoup d’entre eux viennent des classes moyennes ou populaires.
C’est vrai qu’on se dépêche d’oublier ses origines chez nous pour festoyer autour des grandes tables sur les hauteurs de la ville crucifiée.
Ce qui gêne, c’est que ceux qui prennent ces décisions n’achètent plus depuis des lustres du carburant avec leur argent. L’État leur octroie des fiches, des quotas souvent exagérés de gazoline. Que le prix du gallon soit de 150 gourdes, mille gourdes, cinq mille gourdes, ils s’en fichent éperdument.
C’est pour cela qu’une vraie réforme de la gouvernance en Haïti doit passer obligatoirement par la suppression de tous les privilèges accordés aux dits hauts fonctionnaires. On peut imaginer des primes accordées à l’efficacité, la réussite. Pourquoi une entreprise accorde-t-elle autant d’importance à la compétence de ceux qui la pilotent alors que l’État qui est la plus grande entreprise s’accommode de nuls, de ratés, de gens ne donnant aucun résultat, sinon des échecs répétés ?
Une fois les privilèges supprimés, une fois qu’il devient impossible de s’enrichir dans la fonction publique, ce secteur attirera ceux qui veulent vraiment servir. La compétence et l’honnêteté deviendront la pierre angulaire d’une nouvelle gouvernance dévouée au bien-être du pays.
Tout cela peut paraître un vœu pieux au vu de l’incrustation de la délinquance et de la médiocrité dans les sphères du pouvoir politique. Cette incrustation est constamment favorisée, renforcée par une certaine communauté internationale qui rêve toujours du temps béni de l’esclavage et de la ségrégation.
On parle d’élections. Mais les transitions sont des temps bénis pour les fossoyeurs de la nation. Notre chemin de croix est loin d’être terminé.
Gary Victor
