Le mercredi 25 février 2026, Monsieur Serge-Gabriel Collin a été officiellement installé dans ses fonctions de Ministre de l’économie et des finances au siège du Ministère de l’économie et des finances (MEF). La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre a.i. Me Patrick Pélissier des membres du Gouvernement, du corps diplomatique ainsi que des partenaires techniques et financiers de la République, selon des informations dont dispose la rédaction du quotidien Le National.
Ce moment institutionnel, d’une portée à la fois symbolique et stratégique, s’inscrit dans un contexte économique national particulièrement contraint. Le journal est en mesure de confirmer selon les dires de l’actuel ministre de l’économie et des finances, que l’économie ayitienne traverse, en effet, une période marquée par la contraction de l’activité, une inflation persistante avoisinant les 25 %, un déséquilibre budgétaire structurel et une pression accrue sur les finances publiques. C’est dans cet environnement délicat que Serge-Gabriel Colin est appelé à exercer la haute charge de « grand argentier » de la République.
Son installation a été présidée par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, assurant l’intérim du chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé. Dans son propos circonstancié, M. Pélissier a rappelé l’impératif d’efficience qui s’impose désormais à l’action publique : « faire davantage avec des ressources limitées », ce qui implique une gouvernance financière rigoureuse, une discipline budgétaire sans faille et une optimisation constante de l’allocation des ressources.
Un parcours inscrit dans la technicité des finances publiques
Si les circonstances de sa nomination relèvent d’une conjoncture exceptionnelle, le parcours de Serge-Gabriel Colin témoigne d’une familiarité ancienne avec les mécanismes de la gestion macroéconomique et des finances publiques.
Toujours selon les informations recueillies par notre rédaction, technicien aguerri des politiques budgétaires, Monsieur Colin s’est illustré au sein de l’appareil administratif par une maîtrise d’instruments de programmation financière, d’exécution budgétaire et d’analyse des équilibres macroéconomiques. Son expérience, a-t-il rappelé un membre de son équipe, l’a conduit à évoluer dans des sphères où se croisent la planification budgétaire, la mobilisation des recettes fiscales et la coordination avec les partenaires internationaux.
Le journal est en mesure de confirmer que, rompu aux exigences de la gestion publique en période de tension, Monsieur Colin s’est forgé une réputation d’analyste méthodique, attaché à la fiabilité des données et à la cohérence d’arbitrages financiers. Cette compétence technique constitue aujourd’hui l’un des fondements de la confiance placée en sa personne.
Un diagnostic lucide de la conjoncture économique
Dès son allocution d’installation, le nouveau ministre a dressé un diagnostic sans complaisance de la situation économique nationale. Les chiffres évoqués traduisent l’ampleur des déséquilibres :
- Un financement monétaire de l’ordre de 13,6 milliards de gourdes au cours de l’exercice fiscal en cours ;
- Une inflation avoisinant 25 % ;
- Des recettes publiques en progression modérée d’environ 8 % ;
- Des dépenses publiques en hausse significative, estimée à près de 44 %.
Ces données révèlent une tension budgétaire aiguë. L’écart entre la dynamique des dépenses et celle de recettes compromet l’équilibre des comptes publics et accentue la vulnérabilité macroéconomique du pays.
Conscient de cette réalité, Serge-Gabriel Colin a affirmé au journal Le National que la discipline budgétaire constitue une condition sine qua non de la stabilité nationale. Selon lui, la consolidation des finances publiques ne relève pas d’une simple orthodoxie comptable ; mais elle représente un impératif de souveraineté et de crédibilité internationale.
La préparation d’un budget rectificatif : un impératif stratégique
Parmi les premières décisions annoncées, a confié Monsieur Colin au journal, figure la préparation d’un budget rectificatif pour l’exercice 2025-2026. Cette initiative vise à réaligner les crédits budgétaires sur les priorités effectives du Gouvernement, tout en limitant l’aggravation des déficits.
Le ministre entend ainsi procéder à une évaluation rigoureuse des enveloppes allouées, en tenant compte de contraintes réelles de trésorerie et d’engagements contractés. Selon le ministre, l’objectif est double :
- Restaurer la cohérence entre les ambitions politiques et les capacités financières ;
- Réduire le recours au financement monétaire, source d’instabilité inflationniste.
Dans cette perspective, le ministre a clarifié pour la rédaction que la rationalisation des dépenses devient un axe central de son action. Il ne s’agit pas seulement de réduire, mais d’optimiser car chaque gourde dépensée doit produire un impact mesurable et conforme à l’intérêt général.
Le respect des engagements internationaux : le cadre du programme SMP
Monsieur Serge-Gabriel Colin a également confié au journal que la volonté de l’État de respecter les engagements pris envers le Fonds monétaire international (FMI), notamment dans le cadre du programme SMP (Staff-Monitored Program), est une priorité.
Ce programme, a-t-il confirmé pour la rédaction, constitue un mécanisme d’accompagnement visant à renforcer la discipline macroéconomique, améliorer la gouvernance financière et restaurer la confiance des partenaires internationaux. En dépit de besoins nationaux pressants, le ministre a insisté sur la nécessité d’honorer ces engagements, considérant que la crédibilité internationale d’Haïti dépend de la constance et de la fiabilité de sa politique économique.
L’équilibre est en revanche délicat car il s’agit de concilier les exigences sociales internes et les impératifs de stabilisation macroéconomique. Cette tension structurelle caractérise aujourd’hui l’ensemble de la gouvernance financière du pays.
La mobilisation des ressources internes : priorité à la DGI
Intervenant sur les axes majeurs de son intervention, le ministre tout nèf de l’économie et des finances, a confié au journal que la Direction générale des Impôts (DGI), est primordiale. Le ministre profite de l’espace de Le National pour inviter l’institution à renforcer ses efforts autour de priorités concrètes :
- La mise à disposition régulière et ponctuelle des données relatives aux bordereaux de paiement émis et acquittés ;
- L’amélioration de la visibilité sur les créances de la Direction des grands contribuables, idéalement en temps réel ;
- L’accélération de la télé-déclaration comme instrument moderne et efficace de paiement des impôts.
Cette orientation traduit une volonté claire car, a ajouté le chef du MEF, elle tend à élargir l’assiette fiscale, améliorer le recouvrement et moderniser les outils administratifs. La digitalisation des procédures fiscales apparaît comme un levier déterminant pour accroître la transparence, réduire la fraude et fluidifier les flux financiers.
Renforcer la mobilisation des ressources internes constitue, selon le ministre, la pierre angulaire d’une souveraineté budgétaire retrouvée.
L’Administration générale des Douanes : vers une consolidation des données en temps réel
En ce qui concerne l’Administration générale des Douanes (AGD), Serge-Gabriel Colin explique au journal qu'il est nécessaire de saluer les efforts déjà accomplis dans cette boîte, tout en appelant à une consolidation accrue de dispositifs de production et de transmission des données.
La disponibilité quotidienne des statistiques essentielles, notamment celles relatives aux bordereaux émis et encaissés, est jugée indispensable. La maîtrise de l’information en temps réel permet non seulement d’améliorer la prévision budgétaire, mais aussi de lutter plus efficacement contre les pratiques illicites et la sous-déclaration.
Dans un pays où les recettes douanières représentent une part significative des ressources publiques, la modernisation de l’AGD constitue un levier stratégique majeur.
Une conception exigeante de la gouvernance financière
Au-delà de mesures techniques, la vision du nouveau ministre repose sur une éthique de responsabilité. « Le peuple haïtien a besoin d’un État qui protège, paie à temps, collecte mieux et rend des comptes », a-t-il confié au journal.
Cette formule résume une conception exigeante de la gouvernance :
- Un État protecteur, capable d’assurer la sécurité et les services essentiels ;
- Un État solvable, honorant ses engagements financiers ;
- Un État performant dans la collecte des recettes ;
- Un État transparent, redevable devant la Nation.
Cette orientation s’inscrit dans la mission plus large du Gouvernement, rappelée par Patrick Pélissier à assurer la stabilité sécuritaire, à garantir la tenue d’élections crédibles et promouvoir la pacification durable de l’environnement politique en vue de la relance économique et de la paix sociale.
Des priorités clairement définies
Serge-Gabriel Colin a confirmé pour la rédaction que les priorités affichées, s’articulent autour de trois axes structurants :
✔ Renforcer la mobilisation des ressources internes,
✔ Assurer une gestion rigoureuse des dépenses publiques,
✔ Respecter les engagements internationaux, notamment avec le FMI
Ces orientations traduisent une volonté de restaurer la stabilité macroéconomique et de jeter les bases d’un développement durable.
Servir la Nation dans l’épreuve
En acceptant la charge de Ministre de l’Économie et des Finances, Serge-Gabriel Colin s’engage dans une mission à haute responsabilité, au cœur d’équilibres fondamentaux de l’État. Sa feuille de route est claire : discipline, rigueur, transparence et sens de l’urgence.
Dans un contexte de récession prolongée et d’instabilité persistante, la réussite de son mandat dépendra de sa capacité à concilier contrainte budgétaire et impératif social, orthodoxie financière et exigence de justice économique.
Son installation ne constituait pas seulement un acte administratif ; ne devait-elle pas, au contraire, inaugurer une phase décisive pour la stabilisation macroéconomique d’Haïti et le rétablissement durable de la crédibilité financière de l’État ? Dans un contexte de fragilité budgétaire et d’exigences internationales accrues, l’enjeu apparaît double : restaurer l’équilibre des finances publiques tout en rétablissant la confiance dans la parole et l’action de l’État.
Ainsi, à travers son engagement à servir avec loyauté, rigueur et sens de l’intérêt général, monsieur Serge-Gabriel Colin inscrit son action dans une dynamique de redressement progressif, où la discipline budgétaire, la transparence et la responsabilité deviennent les piliers d’une crédibilité institutionnelle renouvelée.
