Le Laboratoire Langage, Discours et Représentation de l’Université d’État d’Haïti (LADIREP) a organisé une journée d’étude autour du thème " Anthropophagie : Vodou, Capitalisme et la Question de l’Éthique ", dans le but d’aborder le vodou sous un angle autre que sa seule dimension religieuse.
Cette activité a réuni des chercheurs haïtiens et étrangers autour de conférences, de panels et de tables rondes. Environ une centaine d’étudiants ont pris part à cette journée de réflexion et d’échanges.
Le premier panel a été marqué par l’intervention du professeur Edelyn Dorismond sur « De la bête à la proie. Capitalisme, vampirisme et zombification dans les pratiques politiques haïtiennes ». Le professeur Gédéon Louis a présenté une communication intitulée « Le gang comme machine anthropophagique. Violence, bestialisation et production de l’inhumanité en Haïti contemporaine ». Le professeur Képler Aurélien s’est penché sur « Le rapport à l’autre dans les logiques de pouvoir et d’accumulation. Le vodou haïtien face au crime organisé », tandis que le professeur Shakespeare Émile a proposé une réflexion sur « Le Léviathan dévoreur. La logique anthropophagique du contrat social chez Hobbes ». Le professeur Ilionor Louis a, pour sa part, abordé « Du lumpenprolétariat de Marx et Engels à l’homme jetable de Bertrand Ogilvie : trajectoire du concept de marginalité sociale ».
Le deuxième panel a donné lieu à des interventions du professeur Jean-Waddimir Gustinvil sur la vision du « corps » et du « sujet » dans le vodou haïtien, du professeur Bildadson Cadélus sur « Haïti et l’humanisme colonial des Lumières : le défi de faire émerger une République démocratique », du professeur Yves-Marie Blot sur les sociétés vodou d’Haïti, ainsi que du professeur Ralph Jean-Baptiste, qui a présenté une réflexion intitulée « Après la franc-maçonnerie ? Perspectives au sujet d’une sociabilité haïtienne pérenne ».
Le directeur du LADIREP, Edelyn Dorismond, a indiqué avoir invité différents acteurs du secteur vodouisant à prendre part aux discussions. Toutefois, ces derniers n’ont pas répondu à l’appel, bien que l’activité soit demeurée ouverte à tous. Selon lui, ce type d’initiative contribue à une meilleure connaissance de soi et de la société haïtienne.
Sorah Schamma Joseph
