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Haïti : L’école ne peut pas attendre. Foutaise !

Haïti : L’école ne peut pas attendre. Foutaise !

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Cette plaidoirie chimérique du ministre Nesmy Manigat - soutenant une école Tipa-Tipa à infiltrer subrepticement dans un petit orifice du grand boulevard du miséréré suffocant et d’une gangstérisation asphyxiante - contraste avec le postulat réaliste de Hobbes « Primum vivere deinde philosophari ».

Avant de pouvoir s’engager dans un quelconque projet d’épanouissement social, l’être humain doit au prime abord assurer sa survie. La pyramide de Maslow dont la base est constituée des besoins physiologiques et de sécurité s’inscrit dans cette même ligne d’idée de la primauté de l’existence étayée par Hobbes.

La réflexion de Maslow (1954) permet de hiérarchiser les besoins humains en cinq niveaux consécutifs : physiologiques ; sécurité ; appartenance ; estime ; et auto-accomplissement. C’est uniquement après la satisfaction des exigences d’une échelle inférieure que l’être humain aspire au niveau subséquent.

Dans la plupart des jeux réels ou imaginaires, de manière loyale ou frauduleuse, il n’y a pas moyen d’atteindre la deuxième étape sans avoir vaincu les adversités de la première étape. Cette métaphore se transpose dans la vie réelle pour déduire que ce serait seulement par miracle qu’une famille lambda saurait surmonter les contraintes scolaires quand ses besoins primaires restent amplement insatisfaits. Nos parents haïtiens - Madan Sara, agriculteurs, professeurs, couturiers, couturières - sont des génies à propos.

Cependant, difficile de sortir le génie de la spéculation quand les principales artères sont bloquées. Il est indéniable que La Croix des Bossale détient un crédit monstre dans la génération de cadres supérieurs du pays. Pareil constat pour les taptaps, les motos, les champs agricoles et les bétails qui sont aujourd’hui réduits au silence face à la tonitruance du banditisme musclé.

Face à un taux de change psychotique associé à une hausse vertigineuse du taux d’inflation, ce sont en des acrobaties périlleuses que la majorité des ménages se procurent un verre d’huile, une marmite de riz et un sachet de spaghettis. L’acquisition de l’essence en raison du marché noir et de son prix exorbitant devient impossible. Le taxi moto ne peut être rentable. De surcroît, la circulation routière est obstruée par des bandits munis d’armes lourdes. Ne pouvant assurer le minimum minimorum, la population est aux abois. Une crise humanitaire se dessine à l’horizon.

De bonne ou de mauvaise foi, le ministre de l’Éducation nationale nage dans l’ignorance ou la tromperie en évoquant cette fausse thèse d’une école Tipa-Tipa qui ne peut attendre dans un système de jungle de plus en plus ensanglantée. À la Frankenstein, les petits monstres des bidonvilles détraqués d’en bas ont complètement échappé au contrôle de leurs concepteurs des villes en démence d’en haut. Enfin, l’école doit attendre le déblayage et l’assainissement du terrain pour qu’elle puisse fonctionner en toute sérénité.

 

Le calvaire scolaire sous PHTK

D'une part, le parent doit honorer un ensemble de contraintes budgétaires, dont frais d’inscription, frais mensuels, matériels didactiques, nourriture, transport, uniformes, etc. Pourtant il vivote avec un modique budget aléatoire insuffisant à répondre aux questions énigmatiques posées par les hostilités entre les petites et grosses tripes. La situation était déjà invivable sous Jovenel Moïse. Pourtant, cela s’empire sous le règne de ce cynique neurochirurgien qui courbe sa colonne vertébrale devant un Core-Group répugnant de mèche avec les bandits du régime PHTK.

 

D’autre part, pour valser entre leurs domiciles et leurs établissements scolaires, élèves, étudiants et parents doit défier les barricades érigées depuis des lustres par des gangs armés jusqu’aux par la gourmandise électoraliste des leaders politiques pervers. C’est en permanence que la PNH est désarmée. Un an après l’épisode diabolique au Village du diable qui a vu cinq policiers égorgés à Martissant, les armoiries nationales ont été à nouveau badigeonnées par des salopards à sapates, dans les hauteurs de Pétion-Ville.

 

Les histoires d’humiliation des institutions et des valeurs sacrées se répètent dans un refrain générateur de crise cardiaque. Soit que le vrai policier est détenteur d'un pistolet rachitique ou que le faux policier est un agent infiltré au corps à la solde de bandits à cravates qui alimentent les criminels à sapates de géants kalachnikovs, M-60 et mitraillettes. Les forces sont disproportionnelles au profit des bandits. Gravissime. Telle est la triste réalité de notre Haïti au cours de l’empire crapuleux du cartel PHTK. L’école en fait les frais. À défaut de fermer ses portes pour sauvegarder la vie comme c’est le cas de la FDS, l’école est contrainte de garder un profil bas dans un régime totalement au rabais.

 

Dans une clarté obscure, on déduit qu’en plus des débours indispensables qui excèdent leurs budgets de pénitence, les demandeurs de la formation scolaire doivent encourir d’énormes risques pour traverser des artères piégées de la capitale, au quotidien. À un certain stade, le parent se demande si le jeu d’investir ses avoirs pour préparer un médecin, un ingénieur ou une infirmière en vaut vraiment la chandelle. Rien ne vaut la vie. Si l’agriculteur Zidor prévoyait le sort regrettable que Port-au-Prince réservait à sa fille Osny Zidor, en 5e année de médecine à la FMP, il aurait abandonné ce beau rêve qui tournait en cauchemar. Le père n’aurait jamais envoyé sa princesse à la jungle où elle allait exhaler son dernier souffle après avoir reçu une balle au coup.

 

Mais aussi, quelle est la valeur de la vie humaine si elle est privée des alternatives salutaires telles que l’éducation, les plaisirs sains et le loisir qui participent de la création du bonheur ? Un pays ne devrait jamais être pris en otage par des sauvages. Monsieur l’ambassadeur Carrière, ce n’est pas au peuple d’exercer une trêve. Votre expérience en Haïti devait vous guider à vous adresser plutôt aux bourreaux qui exterminent cette nation prestigieuse dans l’ignominie la plus abjecte. Parlant de connivence de la diplomatie perfide de l’international avec des fils maudits du pays, Daniel Foote a déjà vendu la mèche.

 

Haïti souffre pendant trop longtemps sous la domination de cette gouvernance mazette porteuse de toutes les malédictions. Haïti doit vite couper court avec les pratiques PHTKistes mangeuses de temps, d’argent et de talents. Un nouveau départ avec des personnalités compétentes et honnêtes est incontournable pour changer le tableau. Sans procrastiner !

 

 

De la même façon que les petits Canadiens, Américains, Français ou les petits Cubains, nos enfants ont besoin d’un climat de vie serein pour poursuivre leurs rêves de prononcer le serment d’Hippocrate. Quand un plat chaud est sur le point de devenir un luxe, la génération présente ne sera pas en mesure d’offrir à la postérité des économistes, ingénieurs, pasteurs, prêtres, diplomates, agronomes, etc. Il faut accorder l’opportunité aux enfants et aux jeunes pour qu’ils côtoient Platon, Pythagore, Descartes, Acemoglu, Stiglitz, Gary Victor, Dany Laferrière, Montesquieu, Socrate, etc. La sécurité, l’accès aux biens et services de base en sont des conditions sine qua non.   

 

Lorsque la politique veut, l’école peut 

C’est uniquement par un virage politique qualitatif qui plébiscite des compatriotes dignes et honnêtes aux postes stratégiques qu’Haïti pourrait sceller la fin de l’hémorragie économique et sociale. De bons signaux politiques induiraient une fuite inversée des cerveaux et des capitaux de l’Europe, du Canada, des États-Unis, du Chili, de la République dominicaine et du Brésil au bercail. La gourde aurait regagné son beau visage d’antan ; les taux d’inflation ne dérangeraient plus les petites bourses et les assiettes.

Haïti est en lambeau et donc s’éloigne de l’idéal de voir ses progénitures emprunter le chemin salutaire de l’école qui est le meilleur ticket pour prendre le flambeau de la relève intergénérationnelle. Dans ces conditions de précarité et d’insécurité extrêmes, on sent que le parent hypothèque le bien-être de la prunelle de ses yeux s’il doit prendre l’option périlleuse de sauter quotidiennement les barricades d’incendie et côtoyer des animaux de la jungle révoltés de leurs traîtres maîtres. Le bon sens et la rationalité incitent à ne pas adopter une attitude de kamikaze pour se jeter soi-même à l’abattoir.

 

L’approche holistique voudrait qu’il vaille mieux rater une année dans sa vie que de rater toute sa vie au cours d’une année. Par ailleurs, en des compensations par des méthodes autodidactes, quoique limitées, les élèves peuvent consentir l’effort de rester fidèles au livre. Particulièrement dans cette ère de modernité, personne ne devait rester en dehors de l’arène scolaire.

 

Un gouvernement impotent, incapable de stériliser les environnements scolaires et d’améliorer les conditions de vie de la population n’a d’autre choix que de tirer sa révérence. Haïti est au timing décisif où elle doit définitivement accueillir à ses institutions régaliennes science et conscience pour que l’école évolue librement, dans la paix et l’efficacité.

 

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

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