«Alea jacta est» est appliqué contre Nicolas Maduro
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Les réactions des puissances internationales contre l'arrestation de Nicolas Maduro sonnent comme les rumeurs des consuls de Jules César dans les couloirs de la cour romaine, ou des palmes jetés aux pieds de l'empereur. Car Washington, actuellement le président américain Donald Trump représente le symbole d'un pouvoir et un homme de «Alea jacta est» sur la scène de la diplomatie internationale avec les états faibles. Pinochet, Saddam Hussein a subi le même sort qui avait suscité les mêmes rumeurs de protestation et les acclamations. Mais, dans le contexte de la dissuasion nucléaire, il y a des César suprêmes comme Vladimir Poutine et Donald Trump, et les petits Césars qui deviennent des consuls quand les augustes César jettent les dés. Après les dés de Poutine contre l'Ukraine, le monde assiste aux jets successifs des dés lancés par le président Trump contre l'Iran, le Nigéria, le Venezuela, et les autres maudits du trumpisme qui seront conduits dans la fosse aux lions bientôt, comme le discours du président le présage. Et qu'est-ce qu'il faut comprendre et garder à l'esprit au constat de cette actualité?
Comme un punch que reçoit un boxeur qui ne protège pas ses zones corporelles fragiles, les pays du Sud et du Sud-global ont signé des accords internationaux sur le respect des souverainetés, sans avoir les entrainements et les atouts que donnent des rapports de force proportionnels. La souveraineté militaire est la base de la souveraineté politique et économique des états indépendants. C'est un facteur déterminant dans la nécessité des négociations. Sinon Washington aurait déjà imposé la décision de paix au Kremlin depuis les premiers mois de l'année 2022. Le président Vladimir Poutine a été reçu comme un César triomphant sur le tapis rouge devant lequel le président Trump l'attendait comme un consul. Tandis que le président Volodymyr Zelensky a été humilié au bureau oval par le même président Trump qui voulait le prix Nobel de la paix offert à l'opposant farouche de Nicolas Maduro. Quelle coïncidence politique! Mais, il n'y a pas de hasard dans la diplomatie qui se joue dans les institutions promotrices des valeurs de paix et humanitaires. Une rhétorique pour dire que la guerre se fait par les mots "pacifisme et démocratie". Et l'ancienne adversaire du président Donald Trump, la démocrate Kamala Harris n'a pas tort de rappeler que cette arrestation du président Nicolas Maduro est un film qui a été déjà tourné.
La guerre de positionnement entre la Russie et les États-Unis se poursuit sur les continents, et cette intervention de l'armée américaine est un coup d'un grand joueur d'échecs parmi les conseillers du président Donald Trump sur la géostratégie de la guerre intercontinentale. Et l'inaction de l'armée vénézuélienne a été une stratégie défensive pour protéger la population civile contre toute éventuelle intensification des bombardements auxquels aurait recouru les forces de l'armée américaine. Par ailleurs, et pour s'interroger sur les causes ayant favorisé la réussite facile de cette mission pour arrêter le président vénézuélien, on peut imaginer comment une armée qui n'a pas donné des preuves antérieures de défection a-t-elle gardé une telle passivité. Il devrait y avoir certainement des secrets que l'histoire révélera à d'autres générations.
La conquête des espaces vitaux par les grandes puissances est un motif irrévocable qui fonde la volonté pérenne et la stratégie des puissances de garder leur influence sur la marche du monde. Leur économie sera toujours un facteur qui déterminera leurs puissances militaires et leur fonction dans les règles de la politique internationale. Les sanctions sur le pétrole russe, les raffineries du pétrole brut lourd du Venezuela dans l'Orénoque des Etats-Unis, l'approvisionnement des pétroliers chinois à Caracas sont des points forts pour comprendre les bases économiques d'une guerre entre les trois superpuissances que sont la Russie, les États-Unis, et la Chine. L'arme de la dialectique ne fera pas taire la dialectique des armes dont Washington se servira quand ses intérêts sont réellement menacés par la présence de ses concurrents européens dans cette Amérique que la doctrine du président américain James Monroe avait défini comme la propriété des américains. Mais, y aura-t-il un jour une Amérique des Nations souveraines, sans aucun risque d'ingérence de Washington? Qui peut le savoir? Toutefois, il faut comprendre que les dés étaient jetés contre le président vénézuélien Nicolas Maduro et que la partie finira devant la cour de justice américaine sous les projecteurs du monde. Et les consuls ne peuvent rien contre Jules César.
Cheriscler Evens
Journaliste et professeur
Pour une vision objective sur l'impérialisme continental!
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