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Haïti-Violences communautaires: Les risques de conformisme  au mode de vie des caïds

Haïti-Violences communautaires: Les risques de conformisme  au mode de vie des caïds

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Les racines de la violence communautaire sont profondes en Haïti. Presque tout le monde se conforte dans l’attentisme pour voir résoudre la situation de violence des gangs accompagnée de persécutions et de disséminations des populations de leur quartier d’attache. Sans nous verser dans des considérations théoriques, nous nous faisons le devoir d’évoquer un ensemble de figures auxquelles les populations alors victimes s’adhèrent. Un ensemble de réflexes et conduites tendent à se transformer en mode de vie courant. Je prends le soin d’identifier quelques uns des référents qui sont enclins à être enracinés pour installer un conformisme au  mode de vie des caïds.

De plus en plus, la population filtre un discours accommodant au fonctionnement des caïds en établissant une fausse décantation entre des bandits implacables des “bandits bienveillants”. Tout part de la formation de groupes de volontaires dans certains quartiers qui se projettent en leaders ou chefs de groupement dans le cadre des quartiers bénéficiaires d’aide humanitaire. Pour le moment, nous n’allons pas nous centrer sur l’histoire des chefs de bandes en Haïti pour éviter tout amalgame du problème actuel de la violence des gangs exercée sans relâche contre les populations de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et celles des départements de l’artibonite et du centre.

Les divers strates de la population ont tendance à consentir les exactions et forfaits des caïds en évoquant des justifications simples.Ce qui rejoint une vue superficielle du problème du banditisme proprement dit-même quand plus d’uns évitent d’intérioriser le mot de banditisme en soi-.Point besoin d’identifier différents étiquetages utilisés dont “agent social et agent communautaire”. Tant d’autres appellations ont été appliquées en la circonstance dont nous faisons de l’économie dans notre présent exposé.

Le constat est alarmant quand de grandes franges de la population se conforment à une cohabitation perverse. Il y a à la fois reconnaissance et méconnaissance du fait que le dominé participe à sa propre domination ce qui s’apparente à une servitude volontaire    (Bourdieu,1997) . Des violences peuvent être consenties quand on sacrifie des libertés individuelles pour garantir l'intégrité sociale. Ce sont des violences silencieuses apparentées à une situation de guerre subliminale . Les bas instincts sont activés du fait d’un matraquage idéologique ou de la prise en otage des quartiers au moyen de violences silencieuses . Ce, suivant des attitudes passives de la population. 

Voici quelques réflexes et attitudes qui pourraient être institués jusqu’à se voir légitimer les violences communautaires enclines à installer un “Etat atypique” basé du pouvoir de doublure de Caïds .Une professionnelle me parlait d’un ton élogieux à propos d’un caïd local qui ,pour elle, défend son quartier contre les forfaits de bandes armées réputées en provenance d’autres quartiers. D’autres distinguent de caïds qui font de la charité en fustigeant les autorités étatiques de leur désengagement social.Ces analyses de courte vue n’anticipent pas sur les conséquences à long terme du développement d’un modèle de chefferie pathologique. .L’idéologie du banditisme s’inflitre dans les interstices de la société de plus en plus en lieu et place d’un Etat à la remorque.Des accusations et des sanctions à l’encontre de certains hauts dirigeants de l’Etat nous alarnent et nous nous sommes réservés de nous prononcer de tout gain de cause sur le problème de la violence des gangs qui s’amplifie.

Des considérations des uns ou des autres auraient participé dans une “décriminalisation communautaire “d’une catégorie de soldats des caïds  à qui on exprime de la pitié dangereuse. Ce qui relève de l’influence de mécanismes détournés et subtiles qui font accepter inconsciemment la violence que l’on soit victime de cette violence elle-même de telle sorte que l’agronome Marcel MONDESIR aurait prédit l’institutionnalisation d’un certain “conformisme  au mode de vie des bandits”, qu’il soit de fait ou “légal”.

 

Hancy PIERRE

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