Cap-Haïtien : l’assainissement, une responsabilité partagée
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La récente remarque d’un artiste guadeloupéen, surpris par l’insalubrité au Cap-Haïtien et la propreté aux Cayes, a déclenché une vive polémique. Certains y ont vu une observation juste, d’autres une occasion rêvée pour accuser la mairie de négligence dans l’entretien de la ville. Pourtant, au-delà des débats enflammés, une question centrale se pose : quelle part de responsabilité incombe aux citoyens eux-mêmes et aux visiteurs qui, sans égard pour leur environnement, abandonnent leurs détritus partout ?
Nombreux sont ceux qui, tout en dénonçant le manque d’hygiène au Cap-Haïtien, participent eux-mêmes à sa persistance. La bouteille jetée sur le trottoir, le sachet plastique abandonné après usage ou les ordures déposées dans les caniveaux… Ces gestes, répétés au quotidien, aggravent la dégradation de l’espace public et menacent la santé collective. La préservation du cadre de vie n’est pas seulement institutionnelle ; elle est aussi individuelle et communautaire.
En Haïti, la tendance à pointer uniquement les autorités est bien ancrée. Mais la salubrité urbaine est un effort conjoint : la mairie doit mettre en place un service efficace, tandis que chaque habitant doit y contribuer par des comportements responsables. Laisser traîner un déchet non biodégradable n’est pas un simple oubli, c’est un acte aux conséquences durables sur l’écosystème, l’esthétique de la cité et le bien-être collectif.
Cette polémique pourrait être l’occasion d’un tournant. Pour les autorités locales : améliorer la collecte, investir dans le nettoyage et mener des campagnes de sensibilisation. Pour les citoyens : adopter une discipline environnementale quotidienne, transmettre cette culture du respect des espaces communs et faire preuve de civisme. L’assainissement d’une ville est à l’image de ses habitants.
Protéger son environnement, c’est protéger sa santé, sa qualité de vie et l’avenir de sa communauté. Ne réduisons pas la question à un jeu de blâme : engageons-nous tous à préserver notre cadre de vie. L’entretien urbain n’est pas qu’une affaire de services publics, c’est l’affaire de tous.
Joseph Durandis
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