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Haïti : Nos chiens sont nos chiens

Haïti : Nos chiens sont nos chiens

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“Chimen bouton se chimen maleng” ce proverbe créole dans notre vie de tous les jours n’a plus besoin de traduction puisque le temps implacable nous l’a bien inculqué. Nous, Haïtiens, à force de jouer avec des tisons, avons fini par foutre  nos villes en feu.

Ces jours-ci, une attitude récurrente chez nous m’interpelle: la jubilation des haïtiens devant la dégradation et l’humiliation d’un autre haïtien, identifié comme voleur, bandit ou pire, comme politicien . La joie est beaucoup plus débordante quand c’est un Etat voisin cochon de son état qui fait la barbe à nos chiens-politiciens.

Chers amis, aucune jubilation ne nous enhardit quand nos chiens même errants se font botter le cul. Nous devons apprendre de nos bêtises : Mgr Willy Romélus, après une messe à la Cathédrale de Port-au-Prince, s’est fait tabasser un 25 Février 1993 (Archives : Journal Le Monde, publication 27 février 1993) et ce , sous le regard détourné de certains hauts dignitaires de l’Eglise,  prétextant qu’il s’est trop emmerdé de politique. Depuis, ce geste, en apparence banal et qu’on croirait accidentel,  est devenu la réalité d’une désacralisation en cascade des Eglises et des Autels du pays.

Dans une de mes publications j’avais dénoncé haut et fort l’arrestation et la séquestration de Ariel Henry, en visite officielle, comme une boîte de pandore laissée dangereusement ouverte, je n’avais pas fait allusion à l’homme jugé vil et nul  en politique, mais au poste de Premier Ministre en-soi. Il était en fonction et en visite officielle; donc le Chef de l’Etat de la République d’Haïti, partie à la Convention de Vienne . (Haïti: Le cas Ariel Henry, une dangereuse boite de pandore, Journal Le National, 19 Mars 2024).

Aujourd’hui, voilà des gestes violant toute bienséance diplomatique, exécutés à la ritournelle, par des Etats voisins. Mais non ! Ils ne sont pas en train d’humilier nos chiens-politiques ou nos chiens-affairistes pour nous rendre justice;  ils sont en train de confirmer notre infériorité, notre non-être, notre moins que rien de peuple éternellement laid, faible et assujetti .

En humiliant un homme ou une femme d’Etat haïtien, encore au timon de l’Etat, même s’il fut un voleur, un chacal , un toutou; mais avec le titre et  arboré des armoiries de la République d’Haïti, c’est tout le pays qui est à genoux.

Nous avons l’habitude de rire du malheur des autres ou de canonner, avec l’aide de  l’étranger , nos cibles au pouvoir ou déchues du pouvoir sans prendre la mesure d’une telle sape jetant l’opprobre à vie sur nous HAITIENS, HAÏTIENNES, au-delà du temps et des générations . Nos chiens restent nos chiens !  Si nous ne pouvons pas nous battre pour eux au moins ayons la retenue d’en jubiler à la vue de leur taillade par des fauves voisins.

 

Daniel JEAN

Avocat, libre penseur.

11 août 2025

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