Hansy Pierre par rapport à Lyonel Trouillot sur l'incendie du Gingerbread House Oloffson
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Chaque chose à son temps ou son contexte. Après l'incendie de l'Hôtel Oloffson par les gangs, le samedi 5 juillet 2025, Lyonel Trouillot se lamentait à travers un style très littéraire et imagé pour présenter cette perte patrimoniale par devant AyiboPost (11 juillet 2025). Plus tard, à la Tribune de Le National, Hansy Pierre (HP), d'une manière très concise également, a retracé le parcours de l'Hôtel sans aucune nuance fictive. Ce qui rend son texte moins critique vis-à-vis de celui de Trouillot sur le forum de débats des professeurs (res) de l'UEH.
HP a en bref élaboré dans un contexte réel. Jusqu'à sa destruction, il a tenu le bâtiment ou l'Oloffson debout dans l'idée qu'une œuvre d'art ou monumentale ne peut pas mourir. Avec le temps, a-t-on compris, l'œuvre peut prendre différentes formes en fonction de nos histoires, nos réalités sociales et nos perceptions. Elle est témoin des activités du milieu ou accumule nos expériences.
«C'est un carrefour cosmopolite qui a connu, dit-il, des fréquentations de grandes personnalités culturelles, politiques et diplomatiques de renom international. C'est donc un lieu d'échange interculturel qui alimente une socialisation en réunissant des groupes et strates intergénérationnels et socio-économiques autour de la culture, les danses, la musique l'art cullinaire, la mode et les divertissements. Oloffson tient lieu d'espace de démocratisation culturelle» (HP, Le National, 15 juillet 2025).
Ainsi, HP invite à saisir la théorie que «tout espace exploité, habité, parcouru, porte ainsi peu ou prou la marque des activités humaines qui s'y rattache» (Grafmeyer et Authier, 2015: 24). Doté d'une majestueuse architecture construite par les Sam à la fin du XIXe siècle, Oloffson s'approprie aussi de l'espace de la ville de par sa position qui domine le quartier de Bas peu de Chose et toute la Rue Capois vers le Champ de Mars de Port-au-Prince.
En termes clairs, plus d'un a compris cela le long de différentes traditions économiques et socioculturelles qu'a suivant HP connues l'espace (Le National, 15 juillet 2025).
En revanche, Lyonel Trouillot s'accapare trop de l'ironie pour rendre hommage à la destruction tragique de l'Oloffson. Son texte méprise le réel au profit d'une approche métaphorique, non pour encenser, mais pour ensevelir dans le négatif. Trouillot peut avoir dans son jugement une tendance tout à fait autre, mais le symbolique des mots lui échappe dans certaines proses. Ecoutons le:
«L’Oloffson, c’était l’image dégradée et solitaire d’un passé de faux-semblants et d’illusions. Le monde et le temps auxquels il appartenait n’existaient plus : le mythe de la viabilité d’une société que son trop-plein de contradictions conduisait droit à la violence. Et il ne signifiait pas grand-chose pour les moins de trente ans, enfants de cette violence.
Un lieu mort, figure d’un temps mort. Pourquoi tuer un mort ? Peut-être parce que tous les lieux sont aujourd’hui terrains de jeu entre la vie et la mort» (AyiboPost, 11 juillet 2025 ).
L'œuvre ne meurt pas d'une part. Tant qu'il y a des hommes, elle vit sous nos regards et même dans nos voix silencieuses. Elle ne peut mourir que lorsqu'elle est détruite physiquement, sa vie sociale s'arrête, mais son histoire demeure. L'œuvre peut souffrir d'une mort latente d'autre part. Elle attend une Renaissance, comme il en est le cas au milieu des années 80 où elle était fermée au départ de Suzan Seitz pour reprendre ses activités «under the new management» avec Richard A. Morse (RAM) dont le demi-frère ainé est Sam, duquel il a hérité le bien. Passons!
Incompris, Trouillot est critiqué de par ses verbes peu accessibles qui nous rappellent que dans les moments de troubles ou de détresses les gens comprennent mieux par reflexe et le réel. Se rend-t-il ainsi compte du problème en dépit du fait qu'il cherche plus tard à se ressaisir en ses termes:
«Et où ai-je applaudi à l’incendie de l’Oloffson ? Je n’applaudis pas aux mises à mort. Un hôtel désaffecté brûle. Il a une histoire. Une longue histoire. Il représente selon certains un joyau du patrimoine architectural. Sur les dernières années avant sa fermeture, il n’est déjà plus le haut lieu de culture qu’il a été. Le quartier dans lequel il est situé, la ville dans laquelle il est situé sont des lieux de violence où tout se dégrade» (L. Trouillot, texte inédit).
Les deux passages de Trouillot susmentionnés ne sont que des opinions pour la plupart des riverains et certains observateurs. En principe, le modernisme comprend que chacun a droit à sa vision du monde. Alors, malgré des nuances excessives et mêmes inappropriées, ces passages peuvent avoir aussi un sens dans la perception de l'incendie de l'Oloffson.
Rhodner J. Orisma
Références
Grafmeyer. Y., Authier, J -Y. (2015). Sociologie Urbaine. 4e. Ed. Paris. Armand Colin.
Pierre, H. (2025, Juil. 15). Oloffson d'antan : un haut lieu de brassage socio culturel
https://www.lenational.org/post_article.php?cul=2670 (consulté le 16 juillet 2025).
Trouillot, L. (2025, Juil. 11). L’incendie de l’Oloffson : lorsque l’on tue les morts…
https://share.google/AIW5dZkEG9MFYo2Dp (consulté le 15 juillet 2025).
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