Votez OUI et tout sera rose
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Incohérence de l'avant projet de Constitution.
Je veux bien que nous réfléchissions sereinement sur des amendements à apporter à la Constitution de 1987 et que nous soumettions les pistes et conclusions dégagées de ce débat à la prochaine législature.
Celle-ci les évaluera, en fera une synthèse qui sera votée à sa dernière séance de l'année 2030.
Pourquoi ne pouvons-nous pas patienter un peu pour rester dans la légalité ? Le pays va-t-il sombrer si nous vivons encore quelques années avec notre chère constitution de 1097 ? Qu'est-ce qui justifie une telle précipitation ?
Nous avons passé 38 ans à violer la constitution de 1987 et nous nous préparons à en adopter une autre en la violant. Les violeurs jouissent de la présomption d'innocence. C'est la violée, en l'occurrence la constitution qui est coupable.
Préval avait déclaré que la constitution de 1987 était le plus grand handicap au développement du pays. Quand arrive pour lui l'occasion de l'amender, avec un parlement acquis à sa cause, il laisse tel quel le décalage entre le temps constitutionnel et la durée des mandats. Il se contente de ravir le droit de participation aux élus locaux. Telle était sa vraie motivation.
Aujourd'hui encore les collectivités qui symbolisent le pays en dehors sont les victimes expiatoires de la haine séculaire contre les descendants de Dessalines et de Benoît Batraville.
N'ayant jamais reçu de formation politique des partis qui s'en servent comme chefs de bouquements, on voit des élus, dirigeants d'associations applaudir les discours de ceux qui vont les faire disparaître de la scène politique. On leur promet de transformer les sections communales en communes et tous se voient dans la peau d'un Youri Chevry, d'un Wison Jeudi ou d'un Jude Edouard Pierre. Ils oublient que la constitution attribue une mission spécifique à la Section communale, différente de celle de la commune.
Ils oublient que les communes ne sont pas toutes au même rang. Certaines desservent des villes et d'autres des bourgs. Port-au-Prince n'est pas Dondon. New York City n'est pas Fort Lauderdale. À part cela, auc États-Unis, il y a des counties qui sont des circonscriptions électorales et judiciaires. Certains milieux de vie sont simplement des aires rurales inhabitées et qui ne sont pas des sections communales. La Constitution de 1997 précise que les sections ont un noyau urbanisé qui est un village.
Vouloir singer en superposant des structures dont les missions ne sont pas les mêmes est la manifestation d'une irresponsabilité coupable.
Il est évident que le colon nous pousse à désarticuler, démembrer le pays. Mais vous du gouvernent, vous auriez pu bluffer le blanc, faire mal passer le message.
Hélas on n'a qu'à annoncer l'arrivée d'une délégation de la CARICOM qui adresse quelques remontrances pour que vous soyez doux, comme des petits toutous.
Je le redis une derniere fois. Changer une Constitution aussi avancée malgré quelques lacunes pour pousser les pauvres en esprit à se faire hara kiri en adoptant cette abomination est un crime de haute trahison qui doit être puni comme tel.
Au-delà des dimensions juridiques du sacrilège qui se prépare, je veux souligner que ce faisant nous acceptons de changer de cheval au beau milieu d'un fleuve en furie.
Haïti est sens dessus dessous et c'est à ce moment que le pouvoir choisit d'y installer un autre système.
Pensons nous sérieusement que ce petit pays de moins de 28.000 km² a besoin de se subdiviser en 10 états ayant chacun un gouverneur et sa suite, un parlement, une cour de cassation, une gendarmerie, une police étatique ?
N'en avons-nous pas assez avec ce pays morcelé, ces institutions détruites, ces personnes ressources en déperdition, cette population sans abris dispersée dans tous les recoins ?
Comment s'articulent les rapports entre les gouverneurs et l'Exécutif national ?
Qui aura la tutelle des collectivités territoriales ? Le pouvoir central ou le gouvernorat ? Comment seront financées toutes ces nouvelles structures ?
M. Le premier ministre, sommes-nous sérieux ?
Pour faire avaler la pilule à des élus locaux crédules, vous leur promettez monts et merveilles pour qu'ils acceptent la suppression des sections communales. Pourquoi ne pas lancer le développement des sections communales maintenant ? Doter chaque Section communale d'un complexe administratif, d'un dispensaire, de deux ou trois écoles fondamentales, d'un complexe de sécurité avec un commissariat, une garde à vue, un tribunal,un bureau d'état civil, créer un magasin agricole ou piscicole dans chaque section communale.
L'actuelle constitution vous empêche-t-elle de faire ce minimum ? En réalité, peu de communes sont dotées de ces infrastructures ?
Vous avez 142 communes dont la plupart sont dépourvue de tous les services urbains ordinaires tels que la fourniture de l'eau potable, le ramassage des ordures, un service d'incendie, une école professionnelle. Vous ne lancez même pas un signal montrant que vous pouvez les aider à mieux servir la population. Il suffira de voter la nouvelle constitution pour qu'Haïti soit fleurie.
André Lafontant Joseph
23 juin 2025A
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