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Les états de l'OEA ne peuvent -ils être indifférents à la menace d'une guerre qui interpelle les États-Unis ?

Les états de l'OEA ne peuvent -ils être indifférents à la menace d'une guerre qui interpelle les États-Unis ?

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Quand le gouvernement de Élie Lescot déclara la guerre à l'Allemagne, il s'agissait d'une Haïti fraichement libérée de l'occupation américaine. En effet l'entrée des États-Unis  dans la Deuxième Guerre  mondiale, après le naufrage de ses  bateaux commerciaux par les torpilles allemandes, ne devait pas laisser les pays sous leur tutelle en dehors de l'actualité du conflit mondial. Comme les soldats algériens de la colonie française  avaient participé à une  guerre qui  ne  les concernait pas, mais dont leur pays et ses richesses représentaient un élément des enjeux qui divisaient les états européens. Et l'après-guerre qui fut marquée par un retraçage des frontières du continent Europe signifiait que les grandes puissances voulaient se fixer leurs zones d'influences idéologiques et politiques, pour se partager et partager avec les États-Unis les espaces vitaux du reste du monde dans  une  atmosphère  de paix conditionnée par la puissance nucléaire. Et deux avantages pouvaient conditionner l'hégémonie américaine, après leur victoire aux cotés des alliés. D'abord, le fait que les États-Unis furent un  acteur dans une  guerre dont le front a été un continent éloigné de l'Amérique et protégé par les océans du Pacifique et de l'Atlantique, et l'absence des missiles intercontinentaux nucléaires qui n'existaient pas dans les arsenaux militaires. Ensuite, par leur victoire sur les Nippons, dont les deux villes Nagasaki et Hiroshima furent le théâtre horrifiant de la première utilisation de l'arme nucléaire qui était une propriété exclusive de l'armée américaine.

Dans "Le spectateur engagé", Raymond  Aron définissait l'indépendance des états de l'après-guerre comme une  somme de dépendances communes et soutenait que la dissuasion nucléaire devait dicter à chacune  des puissances qui détenaient l'arme de destruction massive une exigence de la diplomatie. Car, elles devaient savoir qu'elles n'auraient jamais aucune certitude de pouvoir détruire un adversaire et ensuite survivre d'une et dans une guerre nucléaire.

La pensée de Aron était une prévision de la prudence face à un fait catastrophique éventuel , par rapport à l'appétit de puissance des  nations occidentale et la cruauté calculée et caricaturée dans les diplomaties d'austérie des chefs d'État contemporains d'une époque de la menace de guerre mondiale. Et la fin de la guerre froide a donné suite à des guerres séquentielles pour les nouveaux positionnements militaires et les influences économiques stratégiques sur les divers continents. Mais, depuis la crise  des missiles qui créait une tension de guerre en ex-URSS et les  États-Unis, l'armée américaine n'a jamais eu à confronter une autre puissance militaire dans le continent qu'il domine avec  ses flottes navales. Seuls les rapports économiques et culturels entre les nations de l'OEA et les états des autres continents constituent une sorte de grignotage de son hégémonie dans le continent Amérique. Mais, un grignotage qu'ils contrôlent par les ficelles des gouvernements des nations de l'OEA qui sont sur leurs influences.

L'éclatement de la guerre russo-ukrainienne est dû à la menace des frontières de la Russie. Il s'agit d'un enjeu géostratégique et politique qui fut un point suprême de la conférence  de  Yalta. En effet, l'OTAN fut créée pour la protection des états européens contre la menace soviétique. Et l'effondrement de l'URSS après la guerre froide devait faire disparaitre cette menace. Mais, sans que la Russie n'ait eu à vivre dans une proximité militaire qui serait une menace pour sa souveraineté. Il faut beaucoup de fanatisme pour supposer le contraire de  ce  que pense le gouvernement russe sur la décision de l'admission de l'Ukraine à l'OTAN. Comme il en faut beaucoup pour refuser à l'Ukraine le droit à la souveraineté. Sans soutenir l'idée que cette guerre qui provoque  une  escalade dans le monde militaire des armes nucléaires puisse rendre service au bien-être de l'humanité. Car, tous les impérialismes sont condamnables et sont dangereux pour une paix mondiale, selon les principes de l'autodétermination et de la non-ingérence dans la politique souveraine des états du monde.

Certes, l'Amérique ne porte aucune cicatrice de guerre interétatique dans les mémoires de ses nations. Mais, cela n'exclut pas la menace  de vivre des événements qui pourront lui donner  les cicatrices qui donnent aux Européens, aux Japonais, aux Chinois et Indochinois, aux Coréens, aux Vietnamiens le souvenir que la guerre n'est pas une  expérience qui fait rêver les peuples. Dans un  monde  réduit par les nouvelles technologies et les satellites de connexions et de contrôle planétaires en un village global, la réalité d'une  guerre entre les  puissances nucléaires ne peut plus donner  la garantie d'être sur ou en dehors des fronts. Et l'île d'Haïti qui se situe au coeur de l'Amérique, par le positionnement du Môle de Saint Nicolas vis-à-vis de Cuba où les missiles russes furent installés, demeure un  enjeu géostratégique et politique dans la définition des lignes de défense des  États-Unis. Et ce facteur que  ne  comprennent pas les Haïtiens et qui n'attirent pas l'attention des politiciens haïtiens qui sont les homologues des hommes et femmes d'État américain explique les raisons que la Russie ne sera jamais  un  partenaire privilégié que les États-Unis souhaiteraient voir dans la diplomatie de proximité entre Haïti, la République dominicaine et le monde des altermondialistes et anti-occidentalistes. Donc, aujourd'hui le risque d'une  guerre entre la Russie et les puissances européennes représente une menace pour l'Amérique qui n'est pas aux Américains des États-Unis. Mais, qui est une  Amérique des nations de l'OEA et des iles de possessions des puissances européennes. Et donc, l'alliance des États-Unis aux puissances européennes est un  facteur crucial qui conditionnera les dommages  collatéraux en cas de guerre nucléaire non souhaitée et non souhaitable par des hommes et des femmes d'esprits rationnels et portant encore un peu  de sentiment l'altruisme dans une humanité confrontée à la menace de destruction massive.

 

Cheriscler Evens

Journaliste et professeur

Haïti ne peut être indifférente à la menace  d'une  guerre nucléaire!

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