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Sur la Rançon de l’Indépendance. Que faut-il retenir ?

Sur la Rançon de l’Indépendance. Que faut-il retenir ?

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1825 - 2025 ! Voilà Deux Cents (200) ans depuis que la France coloniale (celle de la Restauration) avait imposé à Haïti une indemnisation pour les colons chassés de la toute nouvelle nation qui avait conquis son indépendance sous le feu et dans le sang. Il s’agit d’une énorme injustice contre Haïti, 21 ans après la proclamation de son indépendance, dont les conséquences se font encore sentir.

·       En juillet 1825, sous la menace des canons brandis contre Port-au-Prince, le président Boyer et le Sénat Haïtien, ont signé à tour de rôle le 8 et le 11 juillet, l’ensemble des conditions contraignantes contenues dans l’ordonnance du 17 Avril. La France exigea des gagnants de la guerre de l’indépendance, les anciens esclaves, une indemnité pour les perdants, les anciens maitres (colons)

Pourquoi Haïti a-t-elle accepté de signer cette indemnité ?

Haiti était totalement isolée et avait besoin de renforcer son économie, et elle tenait à affirmer son existence politique. Oui, notre indépendance a été reconnue à partir de cette indemnité, mais reconnaissons-le, le coût est extrêmement lourd.

Au fil du temps, les conditions de paiement et les dispositifs mis en place pour soutirer cet argent, et bien plus encore, d’Haïti ont mis au grand jour un système destiné à paralyser les progrès et le développement du pays de la liberté.

·       Haïti a été contraint de concentrer toute son économie sur le remboursement de cette dette fabriquée de toutes sortes et contractée, contre intérêt, auprès d’une banque française pour payer la France. La plupart des ressources du pays ont été utilisées pour couvrir la rançon. En fait, près de 85 % de la plus grande source de revenus d'Haïti – les exportations de café – avait été détournée vers le remboursement de la dette et des intérêts encourus.

Voilà pourquoi, nous disons qu’il s’agit d’une double dette que nous convenons de reconnaitre comme étant, finalement, une rançon. Ce paiement s’est déroulé sur plus de 100 ans de notre existence.

·       La rançon imposée à Haïti en 1825 par la France de la Restauration à travers l’ordonnance signée par le roi Charles X, le 17 Avril 1825, exigeant 150 millions de francs d'Haïti (soit un montant actualisé entre 21 et 115 milliards de dollars américains) pour que l’Indépendance conquise par le sang de nos ancêtres soit reconnue et acceptée”.

Cette rançon extorquée par la France a paralysé l'économie d'Haïti en plus d'avoir un impact sur tous les aspects de la société, et ceci à long terme. Alors que d'autres pays ont investi dans les infrastructures et les services publics, Le pays ne pouvait pas se permettre d'investir dans l'éducation, les soins de santé, les infrastructures, le développement industriel, la recherche, etc.

La crise actuelle en Haïti, en 2025, où les gangs font la loi ; où le peuple dans sa totalité est aux abois ; où il nous est difficile de frayer un chemin qui donne sens à la vie, à certains égards, est en grande partie la résultante de cette rançon subie pendant plus de cent ans. En effet, la source première de la gangstérisation en Haïti c’est la misère chronique, les inégalités sociales accumulées et reproduites pendant deux siècles d’étouffement de notre économie par ce néo colonialisme qui nous a toujours mis du mauvais côté. Ce choix délibéré de nous étouffer dans l’ordre mondial est plus qu’une évidence si nous considérons, entre autres, la place qui nous est réservée sur l’ile d’Haïti, et l’attitude passive de l’ensemble de la communauté internationale face à l’injustice que nos frères et sœurs subissent en République Dominicaine.

“Ranson Lafrans lan : Yon Kout Katchapika k ap senyen Ayiti, jouk jodi a.

Lafrans, kale n lajan n!

 

Rodolphe Mathurin

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