Crise
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Le tremblement de terre du 12 Janvier 2010 a pris tout le monde par surprise. Une tragédie qui a mis à nu nos faiblesses institutionnelles et organisationnelles. La nature, déjà, avait sonné le glas d’un système désuet, vicié et moribond. Nous avons feint de ne pas voir venir la fin à travers la destruction de la capitale et de ses symboles de pouvoir. Nous avons refusé de capter les signaux en nous acharnant à vouloir rafistoler à tout prix ce qui avait cessé d'être et d’ exister en pensant faire du neuf avec du vieux à l’agonie. Et pourtant, si le 12 Janvier était un acte de la nature et imprévisible, la tragédie actuelle porte en elle les empreintes de nos actions destructrices et suicidaires issues de nos luttes intestines récurrentes pour des intérêts qui sont encore à définir. Par contre, il existe une caractéristique commune entre les deux tragédies : la quasi passivité ou l’impuissance de l’état à pouvoir protéger et garantir la sécurité de tous ses enfants. C’est comme si l’une était la suite naturelle de l’autre ou que la première annonçait les prémices de la destruction à venir.
Si en 2010, l’absence d’un système de défense civile bien structurée et bien huilée s’était fait terriblement sentir, aujourd’hui il ne fait aucun doute que la notion de sécurité publique, eu égard à l’évolution de la situation sécuritaire actuelle, est aux abonnés absents. La capitale, avec tous ses déplacés, ses “ vars ” et ses zones de non droit qui se multiplient chaque semaine, est devenue littéralement une ville morte et les institutions chargées par la constitution de prendre en charge la sécurité publique et la défense nationale malgré la présence des forces étrangères de soutien tardent encore à s’organiser pour, de façon unitaire et concertée, apporter une solution cohérente et concrète pouvant, non seulement contrer l’avancée ou la progression des forces rebelles, mais surtout les pousser à la défensive pour reprendre le contrôle stratégique de la ville permettant ainsi la libre circulation des vies et des biens, la reprise normale des activités et services dans la cité en toute sécurité.
Qu’on ne s’y trompe pas, la victoire dans cette lutte fratricide ne se mesurera pas au nombre de bandits ou d’assaillants tués, assimilables à des coups d’épée dans l’eau, mais à la capacité de l’Etat à rétablir de manière efficace son autorité et sa crédibilité, bref de redonner confiance aux citoyens. Sans démagogie, ni propagande ni fanfaronnade, mais à travers des actions et des faits vérifiables par tous pouvant servir d’indicateurs sûrs et fiables des progrès réalisés par les forces régulières de l’Etat sur le terrain qui permettraient de prédire l’issue des combats et de reprendre l’espoir. Ce qui n’est malheureusement pas le cas pour le moment.
A regarder et à observer la végétation qui pousse en ville, les bâtiments abandonnés devenus des masures, on a comme l’impression que la violence actuelle ne fait qu’achever la destruction initiée par Goudougoudou en 2010. C’est comme si nos différentes élites, au lieu de s’entendre et de se concerter sur les voies et moyens pour reconstruire Port-au- Prince et ses symboles, auraient, à travers leurs luttes intestines, la polarisation extrême de leurs positions politiques et idéologiques, choisi le suicide collectif sans le consentement de la population en se partageant les dépouilles d’un pouvoir ou d’une quelconque autorité qui s’apparente à une illusion. Une illusion très lucrative!
Aujourd’hui, nous nous devons de l’admettre sans faux fuyant, nous sommes en guerre. Les crépitements et les détonations des armes lourdes qui, de jour comme de nuit, font désormais partie de nos quotidiens sont là pour nous le rappeler En guerre contre nous mêmes, certes mais en guerre. Toute la question maintenant c’est de savoir comment y mettre fin pour négocier la paix pour qu’ enfin notre pays puisse se remettre de ses blessures et de ses cendres pour renaître. C’ est le défi, en ce 21ème siècle, à relever: construire une société plus juste, plus inclusive et plus prospère. Pour notre dignité de peuple, pour nous-mêmes et pour que nos enfants et petits enfants puissent marcher _«la tête altière et haut les fronts»_ . Nous le devons à nos ancêtres.
19 mars 2025,
Samuel E. Prophète
1 commentaire
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Yves Charles-marc
Illustration parfaite de notre situation dégradante , point de départ Goudougoudou à date avec une volonté manifeste de mettre fin à la nation Haïtienne, à la vitesse de la lumière, vu le niveau de violence qu'exercent nos traites frères armés sur les institutions vitales, sous le regard passif de nos soi-disant dirigeants, si ce n'est pas de la complicité c'est de l'incompétence au superlatif. Pour s'en sortir, c'est l'effet domino de bwa kale seul qui en sera la solution sans aucune doute et qui finira par arriver sous peu.