Les Etats-Unis et Haïti, ou la géopolitique des Etats en faillite, parasites et satellites ?
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Depuis le 20 janvier 2025, la cartographie des relations internationales s'est beaucoup remuée dans plusieurs sens. Les Etats-Unis veulent désormais à tout prix montrer ses muscles impérialistes expansionnistes, afficher sa puissance commerciale dominatrice, tout affirmant son appétit des ressources rares dans toutes les directions. Cela ne fait que prouver toute la fragilité de l’économie des Etats-Unis, face aux nouvelles alliances géostratégiques en cours, qui vont accentuer le processus de dédollarisation.
D'autres facteurs non négligeables, comme les revers des multiples sanctions contre la Russie et d’autres nations comme l'Iran, et certaines restrictions dans le commercial mondial, qui poussent d'autres pays à s'offrir de nouvelles alternatives en cas de replique du genre. Et Haïti dans tout cela, qui a toujours été sous les sanctions depuis le lendemain de son indépendance ?
Dans ce nouvel ordre Mondial que les Etats-Unis tentent d’inscrire dans l’agenda géopolitique régional, ainsi que dans l’actualité internationale, la République d'Haïti comme au temps de la colonie de Saint-Domingue, pourrait bien jouer une fois de plus le rôle de la classe esclavagiste. Sachant qu’en cas de révolution elle n’a rien à perdre, mais à tout à gagner. Pourquoi et comment ? Autant pour elle de tenter le jeu : Qui ne risque rien n'a rien ? En évitant de consacrer uniquement son attention sur les criminels et terroristes instrumentalisés pour bloquer certains agendas, qui troublent la paix publique, pour aborder en profondeur les grands dossiers d'avenir ?
Dans quelle catégorie classer Haïti parmi les Etats: en faillite, parasites et satelites ?
Donald Trump, le nouveau maître de la Maison-Blanche, n’entend pratiquement plus soutenir de facon abusive et démesurée comme dans le passé, les deux premiers de ces trois categories, en particulier les Etats en faillite et les Etats parasites. Qui sont-ils et pourquoi ? Contrairement aux détracteurs et racistes qui persistent à diaboliser la nation haïtienne, la République d’Haïti ne figure pas pour autant dans ces deux catégories, malgré les nombreuses situations catastrophiques comme en 2004, en 2010 et plus proches de nous, avec les troubles qui agravent la situation du pays, depuis le lendemain de l’assassinat de l’ancien en juillet 2021.
Défini comme un pays qui ne parvient pas remplir ses obligations financières, à mainternir son ordre interne, ou à fournir des services de base à la population. Parmi les plus célébres Etats en faillite ou les Etats défaillants dans le monde, on peut citer notamment la Somalie dans les années 1990. Pendant un certain temps, la Grèce, le Venezuela, le Yémen et la Libye, et la République Centrafricaine se trouvaient ou figurent encore dans cette sombre liste.
D'après les statistiques et surtout contre toute logique raciste, pourquoi on ne peut pas, et on ne doit surtout pas classer Haïti dans la liste des Etats en faillite durant les dernières décennies et même dans sa situation en 2025 ?
Dans les rangs des pays en faillite, heureusement Haïti n’a pas sa place ?
Dans un premier temps, et contre toute attente, Haïti continu de remplir malgré les nombreuses crises actuelles, ses obligations financières dans le monde. Avec des affirmations à l'appui : On pouvait lire dans la presse locale, en janvier 2024: “ Haïti a versé 500 millions de dollars américains à la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA dans le cadre du programme PetroCaribe.", source: Vant Bèf Info.
Depuis plusieurs décennies malheureusement, plus d'un reconnaissent que l’Etat haïtien n’arrivait pas à fournir des services de base à la population. Mais ce ne sont pas non plus les ONG, qui, bénéficient depuis quelques temps des enveloppes budgetaires assez solides, au niveau de l’assistance internationale humanitaires directe, au nom de l'Etat et du peuple haïtien, qui peuvent confirmer sur le terrain des résultats pertinents et durables.
Dommage pour la crédibilité de ce modèle de gouvernance importé et imposé pour affaiblir l'administration publique en Haïti comme dans beaucoup d'autres regions dans le monde, l'international n'a pas su faire mieux avec les milliards des fonds de la reconstruction d’Haïti après le seisme de 2010, portés par Obama, Bush et en particulier Bill Clinton. Même l'USAID n'a pas été avec les accusations de l'administration Trump 2.0, entre dérives et détournement. Heureusement que c'est entre les blancs, petits ou grands, ils n'iront pas jusqu'au classement ?
Dire ainsi qu’Haïti est un pays parasite c’est faire preuve d’ignorance flagrante ?
Dans la catégorie des Etats parasites, on retrouve les pays ou un gouvernement qui dépend fortement des ressources ou du soutien d’autres pays ou entités pour fonctionner, tout en ayant peu ou pas de contributions subtantielles ou productives à son propre développement ou à la société mondiale en général. On reconnait souvent que les Etats parasites peuvent exploiter l’aide internationale, les systèmes économiques, les ressources naturelles en particulier des autres pays, sans pour autant founir une contribution minimale ou parfois inexistante dans l’amélioration des conditions de vie de leur population ou dans la stabilité de leur region respective.
Dans cette liste des pays parasites, on peut retenir le rôle du Rwanda dans les conflits au Congo, le Venezuela sous ambargo avec ses milliards bloqués, le Yémen, la Syrie, la Coré du Nord sont parmi les nations. De petites nations au sein de l’Union éuropéenne comme Malte, Chypres et certains Etats des Balkans, entre autres sont à ajouter dans la liste.
Détrompez-vous, Haïti n’a jamais été un Etats parasite même si certains auteurs et médias racistes cherchent à l'imposer dans notre imaginaire. En 1825, en dehors de la lourde dette payée à la France pour la reconnaissance de son indépendence, et sous ambargo économique et commerciale dans tout le continent Amérique depuis 1804, c’est avec l’administration du président Estimé que Port-au-Prince allait boucler ce dossier définitivement avec le soutien de la population, en payant l'intégralité des frais et des services de cette dette.
Dans le même temps, il faudra rappeler l’occupation du pays par les Etats-Unis entre 1915 et 1934. Cela pourrait ainsi justifier l’inverse, en sachant que de 1492 à 1934, la terre d’Haïti a servi à nourrir et à enrichir directement et indirectement la plupart des grandes nations entre les deux continents, par ses multiples ressources vivrières, naturelles, et son potentiel humain.
Dans l’assistance internationale souvent infructueuses mais imposée au pays, et toujours retenu dans les classements des pays les plus corrompus dans le monde, les nombreuses et récentes dénonciations en cascades, entre les deux campagnes électorales et adminstrations de Donald Trump permettent de démasquer certains farceurs. “Tou manti pa fon !”.
Dire par contre qu’Haïti est un pays satellite des Etats-Unis, comme le Japon, Israel, Taïwan...est une évidence ?
Designé comme un Etat ayant une forme de souverainété, qui est fortement influencé ou controlé par un autre pays plus puissant, notamment sur le plan politique, économique, militaire et de nos jours technologique. Les pays satellites sont définis comme des nations qui dépendent largement des décisions d’un pays plus dominant ou qui sont sous son contrôle indirect, tout en ayant une certaine autonomie. Haïti, tout en étant rebelle dans son ADN, et sans être fier, peut quand même sans orgueil afficher son nom dans cette catégorie. Et ce ne sont pas d’autres Etats, de loin très riches, qui chercheront à s’éloigner d’Haïti (le principal pays noir, mais qui a fait l'histoire contemporaine avecg grand H) dans cette liste. On peut citer les pairs d'Haïti: Arabie Saoudite, Koweit, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, Barheïn.
Difficile de ne pas citer Israel, le Japon, et plus proche de nous la République dominicaine et le Panama. La Corée du Sud, et les Philippines complètent la liste de ces pays satellite des Etats-Unis. Est-ce que ça dérange ?
Dans l'impossibilité pour Haïti de jouir pleinement une telle coopération ou collaboration, on est en droit de dire ouvertement oui. Pourquoi et comment rattraper ce retard ou dépasser les limites de la race ? Comment surmonter de telles discriminations ou la peur du dépassement ? Pourquoi les Etats-Unis ont-ils peur ou honte d'investir valablement en Haïti depuis toujours, comme il continuent de le faire avec d'autres pays satellites ?
Dans ce contexte de destruction programmée d'Haïti qui semble se comparer par l'éffondrement des deux grandes villes ou régions du pays (Port-au-Prince et Artibonite), avec l'histoire sombre des deux autres villes d'un pays satellite, Hirochima et Nagazaki, il y a lieu d'éviter le pire. Il y a urgence de rappeler aux Etats-Unis qu'Haïti ne mérite pas cette indifférence, ce mépris, et cette forme de méchanceté après tout ce qu'on a fait dans l'histoire de la region ensemble.
Dans ce statut de pays satellite des Etats-Unis, que la géo-politique impose à Haïti malhreuseent, il y a lieu pour les universités haïtiennes de s’organisent autour de la création de chaires de recherche sur la géopolitique et les relations internationales, afin d’encourager une plus grande production scientifique de savoirs diplomatiques et économiques, politiques et stratégiques nécessaires, afin d’engager des négociations plus équitables et responsables, plus profitables pour cette nation qui a trop souffert. Haïti mérite mieux de la part des Etats-Unis ! La population ne peut plus continuer à resister aux multiples violences politiques, économiques, culturelles et terroristes de ces derniers temps. Autant !
Di dyab bonjou lap manje w, pa dil bonjou lap manje w !
De la nécessité pour Haïti de lancer les chantiers pour la création d'une organisation internationale, constituée par les pays satellites des Etats-Unis, afin de mieux négocier son avenir avec honneur. Si gen pou lòt, fòk Ayiti jwen pal !
Dessalines ne sera certainement pas fier dans une telle démarche. Mais il serait au moins soulagé de voir reculer la marche vers l'anéantissement de la première des nations noires et libres dans le monde. Il est venu le temps pour Haïti de négocier, non pas avec la tête baissée et le crane vide. Sans quoi, dans peu de temps, nous risquerons de ne rien profiter. Encore moins d'éxister comme nation.
Dominique Domerçant
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