Lettre ouverte à Monsieur Leslie Voltaire, président du Conseil présidentiel de transition (CPT)
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Objet : Appel à la responsabilité et à l’action face à la crise nationale
Monsieur le Président,
Permettez-moi de ne pas vous accorder le titre de « Son Excellence », car aucun d’entre vous ne le mérite véritablement.
J’avais pourtant cru que vous feriez la différence. Vous, qui avez été si proche du leader charismatique, élu démocratiquement par le peuple haïtien, Son Excellence Jean-Bertrand Aristide. J’espérais que vous porteriez en vous une vision, une mission, un engagement profond envers ce pays meurtri.
Malheureusement, vous vous révélez être aussi décevant que ces nombreux dirigeants qui ont foulé les marches du pouvoir sans jamais honorer leur serment. Au lieu d’être des guides, ils se sont révélés être les pires ennemis de cette nation. Plus grave encore, vous avez abandonné le pays aux griffes de criminels, de gangs sanguinaires qui imposent leur loi à une population sans défense. Aujourd’hui, Haïti n’est plus un État souverain, mais un champ de bataille, une terre livrée au chaos, un enfer à ciel ouvert.
Un pays livré à la merci des criminels
Monsieur Voltaire, en tant que membre et président du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), vous avez une responsabilité historique. Vous et vos collègues devez faire un choix : prendre vos responsabilités ou démissionner immédiatement. Vous ne pouvez plus rester dans l’inaction pendant que la nation saigne à blanc sous les assauts des criminels que vos prédécesseurs ont nourris et armés.
Le peuple haïtien subit des atrocités inimaginables :
Des familles entières massacrées dans leurs propres maisons.
Des enfants enlevés, violés sous les regards impuissants de leurs parents.
Des femmes livrées à la barbarie.
Des nourrissons, des jeunes et des vieillards brûlés vifs.
Des jeunes contraints de rejoindre les gangs sous peine d’exécution.
Haïti est devenue une terre d’errance pour ses propres fils et filles, tandis que vous êtes déjà engagés dans des luttes internes pour déterminer qui remplacera Leslie Voltaire le 7 mars prochain. Mais pour faire quoi ? Gouverner un pays en ruines ?
Pendant ce temps, l’économie est anéantie, la misère se généralise, la faim ravage les foyers, et nos dirigeants restent muets, complices, passifs.
Le cadre juridique: responsabilités et sanctions
Que disent le droit haïtien et le droit international sur de tels crimes ?
1. Le Code pénal haïtien
Le Code pénal d’Haïti sanctionne diverses infractions relatives à la mauvaise gestion de l’État et à la complicité avec des criminels :
Article 224 : Réprime la mauvaise gestion des fonds publics et les détournements.
Article 231 et suivants : Punissent la corruption des agents publics.
Article 240 : Sanctionne l’association de malfaiteurs et la complicité avec des groupes criminels.
Article 316 et suivants : Sanctionnent l’abus de pouvoir et l’abandon des responsabilités par les autorités.
2. Convention des Nations Unies contre la corruption (2003)
Ratifiée par Haïti, cette convention oblige l’État à lutter contre la corruption sous toutes ses formes. Elle inclut :
Article 15 : Répression de la corruption des agents publics.
Article 17 : Sanction du détournement des fonds publics.
Article 23 : Criminalisation de la participation à une organisation criminelle et au blanchiment d’argent.
3. Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (Convention de Palerme, 2000)
Haïti étant signataire, cette convention impose aux États de lutter contre le crime organisé.
Article 5 : Réprime la participation à des activités criminelles organisées.
Article 6 : Sanctionne le blanchiment d’argent issu d’activités criminelles.
Article 8 : Lutte contre la corruption des fonctionnaires et des responsables gouvernementaux.
4. Sanctions internationales (ONU, OEA, États-Unis, Canada, Union européenne)
Plusieurs régimes de sanctions internationales visent les dirigeants et individus impliqués dans la déstabilisation d’Haïti, le financement des gangs et les violations des droits humains.
Résolution 2653 du Conseil de sécurité de l’ONU (2022) : Instaure des sanctions contre ceux qui financent ou soutiennent les gangs en Haïti.
Sanctions Magnitsky (États-Unis et Canada) : Permettent de geler les avoirs et d’interdire de séjour aux responsables de violations des droits humains et de corruption.
Sanctions de l’Union européenne : Interdictions de visas et gel des avoirs pour toute personne contribuant à l’instabilité en Haïti.
5. Traités et engagements internationaux
Haïti a signé plusieurs accords diplomatiques engageant l’État à protéger ses citoyens et à respecter les droits humains. En l’état actuel, le gouvernement haïtien viole ces engagements, notamment :
La Déclaration universelle des droits de l’Homme (Article 3 : droit à la sûreté, Article 5 : interdiction de la torture et des traitements inhumains).
La Charte de l’Organisation des États Américains (OEA), qui impose aux États de garantir la sécurité de leurs citoyens.
Si des mesures immédiates ne sont pas prises, vous serez inévitablement exposé à ces sanctions et à la rigueur de la justice, nationale comme internationale.
Un appel au sursaut patriotique
Monsieur Voltaire, si vous avez encore en vous un semblant de dignité et de sens du devoir, levez-vous ! Faites ce pourquoi vous avez été nommé !
Rétablissez la souveraineté de l’État.
Restaurez la sécurité publique.
Mettez fin au règne des gangs.
Sanctionnez les corrompus.
Ou alors, quittez le pouvoir sans plus tarder !
Conclusion
Si aucune action n’est prise, les dirigeants haïtiens actuels pourraient être poursuivis en justice et visés par des sanctions internationales, en vertu de ces lois et conventions. Les responsabilités sont claires, et l’inaction pourrait mener à des conséquences judiciaires et diplomatiques lourdes.
L’histoire ne vous épargnera pas. Haïti, tôt ou tard, jugera chacun de ceux qui l’ont trahie. L’heure de la justice approche.
Que Dieu ait pitié de vous et entende les cris de cette nation meurtrie.
Fait à Montagne Noire, Pétion-Ville, mars 2025.
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