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Récits déviants -L’ombre du pouvoir du « Kòmandan soufkout » dans la mosaïque urbaine de Port-au-Prince

Récits déviants -L’ombre du pouvoir du « Kòmandan soufkout » dans la mosaïque urbaine de Port-au-Prince

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Ils sont en chair et en os, aussi de personnages qui s’associent au culte de l’homme-invincible. Ils empruntent une liste de sobriquets, qu’on s’y perd souvent pour distinguer ces sujets dans ces dédoublements de personnalité. Car les passages de la vie de ces sujets sont gradés pour pouvoir défier des dangers, de mauvais présages et profiter de bénédictions des esprits, des loas , de saints , des morts ou des dieux. Ce qui justifie le défilée de sobriquets qui renvoient à une quête d’identité de gens qui vacillent entre la peur, la protection, la précarité et le besoin de la gloire, l’invincibilité et l’amour du pouvoir. 

Les sobriquets, c’est par exemple le cas de » Ti kong » qui traduit la témérité chez une personne qui ne lâche pas du lest. »Sa m fè yo », ce sobriquet évoque l’innocence et le sens humble d’une personne malgré tout  elle est sujette à de persécutions . « Ti Zegue », vient montrer l’habileté et les capacités de stratégie et de mobilité pour s’éloigner de tout danger. Nous ajoutons dans la liste « yon sèl » ; c’est le cas d’un couple difficile à procréer. Nous clôturons avec « Jeneral » qui soit un rang suprême dans l’armée qui est conféré au chef de bande.

Les premiers sobriquets allaient être volatilisés dans la mosaïque urbaine que constituent les nouveaux quartiers diversement identifiés (bidonvilles, quartiers précaires, quartiers pirates, ghettos, etc.). Il s’agit d’un dédoublement pour se faire submerger d’autres identités. Entretemps, les souvenirs d’épingle enfouie dans le biceps de l’avant-bras gauche rassurent de sa protection face aux maléfices et les mauvais sorts de démons. Ces derniers se sont déguisés en de gens pleins de civilité. Le bassin Saint Jacques, dans le nord en dit beaucoup dans les défilées, en quête de gage pour du succès et pour l’accès aux richesses. C’est un espace boueux où l’on y verse du parfum avant de s’y jeter quelque fois.

La fuite, le dédoublement, l’amour du paraitre, les souffrances dans les manquements d’une reconnaissance sociale et le vedettariat se mêlent pour faire camper de personnages ombrageux. Les sobriquets liés aux promotions établies dans un paysage de peur et d’allégeance non justifiée n’étant pas du monde des initiés. Voilà de nouveaux sobriquets tels que « Kòmandan souf kout »,kanson fè », « patann te « , bouda ouvè qui effraient .S’ajoute le sobriquet « kiyè bwa » pour montrer que le chef est redoutable et brave les dangers les plus effroyables. Koulcholcho en est un autre.Il ne manque de sobriquets pas car chaque nouveau chef s’attribue un nom de «  vayan » (vaillant,en français).

Riment des besoins aliénés dont l’argent et le pouvoir. La recherche d’invincibilité est l’énigme qui guette les prétentions de chefs de bandes. L’amour du plaisir, le besoin de reconnaissance sociale, la cupidité et le gout de la vie contrastent avec le sobriquet de « Kòmandan Souf Kout » sinon c’est lui qui ôte la vie aux autres, qui n’auront l’espérance de vie comparable à celle d’un moustique, soit un temps météorite.

Des anthropologues, psychanalystes ou historien (ne)s nous diront davantage par rapport à ces ambivalences ou des crises d’identité. Aussi les « Kòmandan » jouissent-ils de réseaux primaires établis dans les nouveaux quartiers d’accueil car presque tous sont issus généralement de liens communautaires, affectifs et ombilicaux de leur localité d’origine. La carte communautaire de ces localités vient se transposer et se reproduire grâce à la perméabilité affective de fait des voisins, riverains ou « pobladores ». Les localités identifiées sont Kay Zòt, Twou Lemba, Zouzouptoup, Tòp 007 et j’en passe. Voilà la complexité d’un phénomène profond dont l’imaginaire est appelé à surmonter.

 

Hancy PIERRE

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