Carnaval en 2025 ? Mais quelle indécence !
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Dans le contexte actuel d’Haïti, organiser un carnaval est une entreprise inappropriée, voire indécente.
Ce n’est même pas une question de réjouissance populaire, mais d’un projet orchestré par des dirigeants qui semblent n’avoir pas autre chose à faire alors que le pays a plein d’autres urgences qui attendent. Je n’exigerais pas en qualifiant leur acte de déshonorant. Comme le disait le maestro Richie, leader du groupe Klass, « Nous sommes sans priorité ». En effet, nous sommes sans projets sociétaux, oubliant les problèmes de l’heure, alors même que les gangs sont aux portes du pouvoir.
Au lieu d’investir l’argent des contribuables dans un budget carnavalesque destiné à masquer temporairement la crise, les autorités devraient concentrer leurs efforts pour combattre l’insécurité. Les responsables actuels, tels que le président du conseil et son directeur de cabinet, malgré leurs grades universitaires, semblent impuissants à enrayer cette indignité qui élève les gangs au rang de vedettes.
Organiser un carnaval à l’heure où nos enfants vivent dans la peur du kidnapping ou du viol perpétré par des gangs, est inacceptable. Une telle fête ne se justifie que lorsque nos citoyens peuvent circuler librement et en toute sécurité.
Demander à un peuple, qu’on assassine tous les jours dans les rues de sa capitale, de se déhancher au carnaval relève d’une absence flagrante d’esprit de priorité, à moins que ce soit une volonté de détourner l’attention des véritables enjeux.
J’ai même vu notre ministre de la Culture, dans un élan prophétique, annoncer un budget pour cette réjouissance. Cela s’appelle de la dilapidation de ressources, lesquelles devraient plutôt être consacrées à la sécurité nationale.
Dans ce contexte, le rôle des autorités est d’être les gardiennes de la nation et de la dignité de l’État. En tant que gouvernement provisoire, sa mission devrait consister à tout mettre en œuvre pour organiser des élections afin que la prochaine équipe puisse travailler à sortir le pays à du sous-développement, en appliquant des politiques publiques équitables. Au lieu de cela, il convoque les gens dans les rues.
On ne sait quelle mouche a piqué ces gens du CPT pour penser à l’heure grave au carnaval. Comment peut-on être si déconnecté des réalités du peuple ? Le temps est venu de rétablir une gouvernance authentique, où les dirigeants sont véritablement au service de la nation. C’est ce qu’on appelle une gouvernance efficace et inclusive. C’est la seule manière de sortir de ce bourbier dans lequel se trouve le pays. Nous avons besoin de dirigeants consciencieux qui incitent la population à prendre conscience du danger réel qui la menace et à mettre en œuvre des mesures concrètes, plutôt que de l’envoyer dans les rues pour appliquer des pansements sur des plaies béantes.
La célébration d’un carnaval en ces temps de crise ne peut être qu’une fuite en avant, un mirage destiné à distraire une population meurtrie. Il est grand temps de remettre les priorités au cœur de la vie nationale et de refuser toute tentative de détourner l’attention des véritables besoins d’Haïti.
Tout gouvernement haïtien réellement conscient de ses responsabilités doit faire de la lutte contre l’insécurité et la corruption sa priorité absolue. Sans une action résolue dans ces domaines, le pays risque de sombrer dans l’inefficacité et l’instabilité de manière irréversible. C’est seulement en éradiquant ces fléaux que nous pourrons reconstruire une nation forte, unie et prospère, capable d’offrir un avenir meilleur à ses citoyens, ce à quoi notre peuple aspire depuis si longtemps.
On apprend avec révulsion que des membres de l’élite haïtienne, nombreux dans les cabinets présidentiels et ministériels, s’amusent à vendre des postes. La corruption, qu’elle émane d’hommes de gauche ou de droite, reste, en définitive, de la corruption. Le pays est gangrené par un fléau qui traverse toutes les couches de la société.
Ceux qui font le plus de mal à notre nation ne sont pas ceux nés dans les ghettos, mais bien nos élites qui se livrent à la corruption la plus vile. Haïti est à la recherche d’hommes et de femmes honnêtes, au-dessus de tout soupçon. Pourtant, d’un gouvernement à l’autre, les brebis galeuses se multiplient, occupant des postes stratégiques au sein de l’État.
Notre malheureux pays souffre de deux grands maux : l’insécurité et la corruption. Ces fléaux gangrènent toutes les sphères de notre société, sapant le potentiel de développement et minant la confiance des citoyens dans leurs institutions. Il est urgent de restaurer une gouvernance fondée sur l’intégrité et le service public, afin de reconstruire une nation forte, capable de relever les défis de notre temps.
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