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Proposition citoyenne pour une nouvelle école haïtienne du XXIe siècle

Proposition citoyenne pour une nouvelle école haïtienne du XXIe siècle

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Sur la montagne, par le cogito cartésien j’existe, par le combitisme paysan je survis, par le rêve et l’éthique de la Nation Dessalinienne j’aspire à vivre dans une société alternative où la citoyenneté est synonyme d’inclusion et de participation effective à la société.  Cette manière d’introduire ma réflexion est une façon de partager avec vous mon regard plein d’inquiétude sur notre société en général et l’école haïtienne en particulier qui est défaillante. Bien que cet article ne jouisse pas de la verve d’un expert ou de l’étoffe d’un professionnel aguerri du secteur, il reflète par contre l’état d’âme d’un citoyen activement engagé, interpelé jusque dans ses tripes par la situation cauchemardesque du pays qui est pour ainsi dire cerné partout.  L’école haïtienne qui devrait être entre autres une perche pour aider à sortir de l’ornière n’est pas épargnée. 

 

A. Constats : décadence et déficit de savoirs

L’école haïtienne vit ses pires moments et dégringole à un rythme vertigineux.  Si l’accès social est devenu plus large aujourd’hui, par contre la qualité n’est malheureusement pas au rendez-vous. Derrière les chiffres très faibles qu’exhibent les résultats des examens d’État se cache une réalité dramatique en termes de savoirs qui enracinent la clientèle dans son territoire existentiel, et de compétences lui permettant de se libérer et de produire des richesses durables.  Dans un article antérieur, en juillet 2024, sur « Expérience en partage », j’avais conseillé de sortir l’école des 4 murs de son enfermement labyrinthique, pour l’ouvrir à l’enseignement du visuel et du concret, afin de corriger certaines lacunes pédagogiques et de réduire le décalage entre connaissances et savoirs.  Comme l’a constaté et dit Félix Guattari : « La grande majorité connaitde plus en plus de choses, mais en saitet en comprendde moins en moins » (in Écologies sociales : le souci du commun ; sous la direction de P-A Chardel et Bernard Reber ; p.86). L’école haïtienne a donc perdu en performances et en prestige. Aujourd’hui, il n’est nullement excessif de clamer haut et fort son échec, conséquemment à celle de l’État et de la société. 

 

B. Un choix à faire 

Face à ce carrefour dangereux et aux exigences du XXIesiècle, notamment à un moment où l’humanité est confrontée tant aux défis sociaux, géostratégiques et climatiques qu’aux enjeux de l’intelligence artificielle à double tranchant, il est temps de faire un choix. Sans minimiser l’importance de leur travail, la première chose à comprendre et à accepter est qu’on ne devrait pas laisser l’avenir d’un tel secteur si important uniquement aux mains des experts, dont certains très influents opèrent avec les mains de plus en plus liées.  Le regard profane du citoyen doit aussi prévaloir. C’est ce qui m’a donc motivé à faire cette proposition brute que la société pourra bien mâcher avant de l’avaler.

 

C. Quatre (4) grandes fonctionnalités à prendre en compte 

L’idée est que l’école haïtienne a beaucoup à gagner en modélisant son enseignement sur ces 4 grandes fonctionnalités :

1.     Fournir les capacités adéquates en écriture, en lecture, en calcul et en réflexion créatrice, tout en étant un espace tant d’éducation critique à l’histoire, à la citoyenneté, à la culture et à l’identité, que d’éveil à l’entrepreneuriat et de moralisation des mœurs ;

2.     Préparer à l’observation de la nature, à l’expérimentation et à la recherche technoscientifique pour ouvrir et enrichir les champs de création et de production ;

3.     Fournir des méthodes et des outils techniques adaptés pour la compréhension, l’analyse critique et l’interprétation, en vue de produire de nouvelles connaissances, des savoirs utiles et des richesses sans compromettre la nature et le devenir humain ;

4.     Orienter vers les circuits de la connaissance qui existe dans les bibliothèques, les groupes de travail, les conférences, les voyages de découverte et d’échange, tout comme sur internet, à la fois pour mieux s’informer, s’instruire, ouvrir ses perspectives et être utile à l’humanité tout entière.

 

D. Limites et utilités

Il est évident que ces mesures ne suffiraient pas à elles seules à révolutionner le système, notamment tenant compte des aspects spécifiques ou spécialisés, comme la petite enfance et les personnes ayant certaines déficiences motrices ou psychiques.  Mais, il n’en demeure pas moins que prises en compte correctement, elles contribueront à transformer le pays en un grand atelier florissant du monde, au lieu de continuer à être le grand chantier des HIMO de la dépendance et de la servitude.

 

Abner Septembre

Citoyen haïtien, Sociologue, Entrepreneur, Écologiste

Chercheur en Sociogronomie au Centre Banyen Jardin Labo

@ Vallue, 6 novembre 2024

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