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Depuis l’ annonce officielle par le gouvernement Dominicain de son projet de déporter chaque semaine en Haïti de chez eux, chez nous environ 10, 000 de nos compatriotes jugés en situation illégale, c’ est la chasse aux sorcières qui a débuté en territoire voisin pour nos frères et soeurs qui avaient traversé la frontière, un calvaire interminable pour un retour forcé, manu militari, à la maison.
Si on ne peut contester à nos voisins leur droit de contrôler, pour la réduire, la présence, de manière illégale, d’ étrangers sur son territoire, il demeure évident que dans la réalité des faits, les procédés et manières utilisés non seulement violent les principes élémentaires du respect des droits de la personne mais aussi visent, une fois de plus, à nous humilier à travers le traitement infligé à nos compatriotes. Et pourtant, on a l’ impression qu’ ici, à part la mission permanente haïtienne à l’ OEA qui a demandé une réunion d'urgence au Conseil de l’organisation hémisphérique sur les déportations massives et les images diffusées sur les réseaux sociaux, on n’en parle pas ou pas assez. C’ est l’indifférence, zafè kabrit pa zafè mouton, trop occupés que nous sommes à nous battre pour les espaces de pouvoir. Quel pouvoir ? Dans quel Etat ? Et pour quelle nation? A- t-on jamais pensé à organiser des enquêtes pour déterminer et identifier les causes véritables du flux migratoire actuel de nos compatriotes en République voisine pour le contenir en créant chez nous l'environnement idéal qui maintiendrait les attaches à la terre natale, ici, chez nous, les enfants du pays?
Peut-être que si le pays etait en chantiers, nos travailleurs seraient restés chez eux à travailler pour aider dans la reconstruction de leur pays, le nôtre.
Peut-être que si notre système de santé était plus performant avec des centres de santé dignes de ce nom le long des villes frontalières et des hôpitaux de référence dans les régions offrant des services de qualité, nous aurions eu moins de nos compatriotes à se rendre chez nos voisins en quête de soins spécialisés? Le même constat peut se faire au niveau de notre Enseignement supérieur. La même observation est valable pour nos écoles nationales dans les zones reculées ou frontalières. A côté de ces hypothèses qui seraient à la base des déplacements de nos compatriotes est venue se greffer, comme une cerise sur le gâteau, le phénomène de l’ insécurité. Et là encore, le choix des mots est important puisqu’ on parle de phénomène dont les deux définitions selon le Larousse sont les suivantes:
1.Fait naturel constaté, susceptible d’étude scientifique, et pouvant devenir un sujet d’expérience : Les météores sont des phénomènes naturels. Le phénomène de la radioactivité.
2. Fait observé, en particulier dans son déroulement ou comme manifestation de quelque chose d’autre : La dénatalité est un phénomène des sociétés développées.
La seconde définition conviendrait mieux à l’ insécurité constatée et observée ces dernières années à la capitale et dans certaines villes de nos provinces dans une indifférence impassible de la part de nos dirigeants ( élus, mal élus, de fait ou auto proclamés ). A quoi nous servent les Ministères de la Planification et de la Coopération Externe, de la Justice et de la Sécurité Publique et de la Défense Nationale? Existe-il encore chez nous des citoyens capables de penser la République pour la panser, la guérir de ses blessures? Les bandits pillent, tuent et violent et les forces de sécurité chargées de nous protéger semblent impuissantes. Nous sommes régulièrement humiliés en terre étrangère et nos droits bafoués, mais ici sur la terre natale, c’ est le “ tout va bien, Madame la Marquise”. Même si “l’écurie brûle”, la passe courte de “ lamen sòl la” se poursuit allègrement puisque nous sommes aux commandes. C’ est l'essentiel. On ne fait pas mieux comme cynisme.
Nous avons perdu notre fierté et notre dignité, car si nous partons du principe que nous ne sommes plus capables d’ éprouver de la compassion ou de l’ empathie face à la misère, aux violences et aux souffrances endurées par nos compatriotes d’ ici et d’ ailleurs, si pour nos problèmes internes de sécurité nous attendons des autres qu’ ils viennent, à notre place, mettre de l’ordre pour nous, alors nous méritons amplement le vocable d’ Etat failli dont l’ hydre actuelle est le symbole décadent de notre descente aux enfers..
8 Octobre 2024,
Samuel E. Prophète
1 commentaire
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Ernst
Certes, tu as bien vu que l.indifference des dirigeants haitiens guide ce deficit de l.ethos politique. Cette indifference fomente meme lirrespect de la dynamique de la morale publique internationale des espaces multilateraux jadis plus soucieux des ideaux et des valeurs universelles... C.est enorme comme l.humain ne fait que constater la faillite de la gent humaine