Rappel …
Écouter l'article
L’ inauguration de la centrale électrique de Carrefour était fixée pour la fin du mois de Juin 2021. Les préparatifs pour ce grand évènement allaient bon train sauf qu’ il n’ a pas eu lieu comme prévu pour des raisons de sécurité. Et pour cause? L'accès à l’ entrée sud de la capitale était bloqué et Martissant, du jour au lendemain, devenu une zone à haut risque, une zone rouge pour emprunter le jargon que nos spécialistes en sécurité utilisent pour décrire ce qu’ on appellera plus tard «des territoires perdus» .
L’ inauguration sera donc reportée à une date ultérieure et on attend encore aujourd’hui la mise en œuvre de cette usine, financée à partir des taxes des contribuables, qui devrait aider la capitale à bénéficier de l’électricité vingt quatre heures sur vingt quatre. Entre-temps, la situation sécuritaire allait continuer à se détériorer avec l’assassinat spectaculaire, chez lui, du Président de la République et, par la suite, la mise en place progressivement de plusieurs stations de péage aux différentes portes d’entrées de la capitale ( vers le Nord, vers le plateau central, etc.) par des groupes armés qui, semble- t-il, ont eu tout le temps nécessaire pour encercler et étrangler la capitale sans que ces derniers n’ aient été véritablement inquiétés. C’est comme si les différents ghettos de la capitale s’étaient donné le mot pour faire du centre ville, un méga ghetto, la capitale des ghettos environnants au vu et au su des autorités constitutionnellement mandatés pour assurer la sécurité des vies et des biens, en un mot, la paix dans la cité. On peut même parier que s’ il vivait encore, l’auteur de la série «Port-au-Prince au cours des ans» aurait certainement intitulé son dernier tome sur la période allant de 1995 à nos jours, la ghettoïsation de La Capitale. Incroyable, mais vrai! Une bonne partie du centre ville a été du coup vidée de tous les gens qui y vivaient et les images que l’ on voit, rarement d’ ailleurs, sur les réseaux sociaux nous rappellent la misère et le dénuement dans lesquels se trouvaient plusieurs quartiers de la capitale après le passage de Goudougoudou le 12 Janvier 2010!
Trois (3) ans après la «chute» de Martissant, on a l’ impression que les tout puissants groupes armés continuent à mener le bal. Ils se sont renforcés et ont consolidé leurs positions pendant que les forces légales et constitutionnelles de sécurité peinent toujours à mettre en place une stratégie cohérente et unifiée pour les endiguer à défaut de ne pas pouvoir protéger effectivement les citoyens de la capitale qui, du coup, se retrouvent pris dans l’ étau de l’ enclume et du marteau.
Le marteau de la violence d’un côté et l’enclume de la misère, de la décapitatlisation et de la paupérisation de l’autre. On comprend alors que pour beaucoup de nos compatriotes, incapables d’accepter cette forme de zombification collective, l’émigration soit devenue une bouée de sauvetage dans les eaux infernales qui nous submergent pour mieux nous engloutir.
L' arrivée de nos frères Kenyans venus à la rescousse, avec l’appui intéressé de nos tuteurs, tarde encore à produire sur le terrain les résultats probants qu’on avait fait miroiter devant nos yeux pour mieux nous vendre le projet. Ces résultats tant espérés et attendus devraient, en principe, permettre aux uns comme aux autres de vaquer normalement à leurs occupations, de redonner de l’ espoir aux jeunes qui se sentent perdus et désorientés et de rassurer nos vieux qui voient avec effroi leur train de vie déjà modeste se dégrader sous leurs regards impuissants et incrédules. Jusqu’ à présent les lignes n’ont pas beaucoup bougé, sauf en matière de communication. Et malgré tout, on attend et on continue à prier pour des lendemains meilleurs.
On attend de pouvoir voir la lueur de la lumière qui se trouve généralement au fond du tunnel même si ce dernier parait étrangement long d’autant plus que ceux qui nous dirigent aujourd’hui au lieu de s’ entendre pour trouver les voies et moyens qui nous permettraient de décoller pour reprendre en mains notre souveraineté et notre dignité semblent être plus intéressés à tirer le drap chacun de leur côté pour nous précipiter un peu plus dans l’abîme de la misère et la spirale du chaos infernal bien programmé et orchestré. On attend de nos dirigeants, légitimes ou pas, qu’ ils gouvernent, qu’ ils s’assument comme responsables pour se hisser à la hauteur des défis de l’ heure en se mettant à l’ écoute de la population et à son service. On attend qu’ ils nous conduisent vers la lumière en commençant par déblayer le terrain, à défricher la terre pour semer les germes de notre renaissance pour que les générations futures puissent récolter les fruits et elles–mêmes, à leur tour, continuer à labourer, à semer et à planter, car c’est de ça qu’ il s’ agit: travailler pour transmettre à la génération suivante un héritage transformé, libéré au fur et à mesure du poids de certains contentieux historiques qui nous empêchent d’ avancer ensemble
Aucun des territoires perdus jusqu’ ici n’ a été récupéré. C’ est vrai que pris dans l’ étau de l’ enclume et du marteau on s’est mis en tête de nous zombifier mais il est tout aussi vrai que l’ usure du temps n’ est plus un allié et qu’ à trop tirer sur la corde, elle finira par se rompre ou se casser surtout si zonbi yo kòmanse ap reflechi ke barik sèl la pa twò lwen
Sont-ils seulement conscients qu’ on en a marre de la survie et de la résilience qu’ on nous impose depuis quelque temps comme mode de vie comme si nous étions, aujourd’hui en 2024 environ 220 ans après notre indépendance, en train d’évoluer dans une société esclavagiste avec de nouveaux bourreaux, de nouveaux commandeurs mais avec toujours les mêmes maîtres? Apparemment plus humains et certainement plus hypocrites et plus cyniques..
Quel gâchis, quelle honte ça serait!
Sommes- nous encore capables de sursaut et d’éveil pour nous ressaisir et nous engager ensemble à la reconquête de notre souveraineté et de notre dignité pour que notre pays, enfin, commence à renaître?
7 août 2024
Samuel E.Prophète
4 commentaires
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Georges Bruno Bolivar
Un texte profond qui traduit la réalite accablante à laquelle les gangs soumettent les riverains de l'aire métropoliaine.
Ernst
Sam...oserait-on se RAPPELER les mefaits et l.absence de savoir des dirigeants dr ce pays ! En ajout, beaucoup de bavardage, beaucoup d.actes associes a des itinerances honteuses et trompe l.oeil sous le signe de manipulation discursive rt effrontee... Oserait-on se rappeler les abus effrenes et le sans-gene des rupturistes...les rappels seraient inutiles car l.arrogance des postures nous fait baisser les yeux (pas les bras) de honte et de poussieres aveuglantes des rues et les sonores des m.as-tu-vus parvenus...nous continuons a les vivre in situ ...pas besoin de se RAPPELER les pas d.une danse sordide qui n.offre que des dehanchements seniles et inusites...
Chrissorne Rameau
Grande question
1 réponse
Ernst
Chrissorne Rameau...reponds donc a cette GRANDE question puisque tu l.as identifiee et qualifiee