Haïti : droits humains et racisme environnemental
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Résumé
Ce présent article aborde la situation dégradante pluridimensionnelle qui sévit l’environnement d’Haïti durant ces dernières années. Étant que activistes : social, environnemental et éducatif, il parait impératif, de notre part, de présenter notre opinion concernant ce phénomène critique. Dans cette étude, nous centrons une analyse sur le contexte actuel d’Haïti, Droits Humains et le Racisme environnemental dans l’objectif de montrer la plus-value que le droit humain peut apporter à la compréhension d’un environnement pur, sain et non toxique aux êtres vivants, principalement à la population le plus vulnérable face à la politique environnementale disproportionnée et inadaptée à l’environnement qui s’installe en Haïti depuis bien longtemps. Pour réaliser ce travail, nous avons consulté des documents officiels comme la législation haïtienne, des accords régionaux, internationaux et des documents officiels publiés par des institutions publique, des Organisations Internationales et les articles scientifiques relatifs à la réalité environnementale haïtienne ensuite des études d’observations sur le plan physique ont été relaissé dans certains quartiers d’agglomérations de déchets comme dans les départements du Nord et l’Ouest afin de bien appréhender le contexte.
Mots-clés : Racisme environnemental, Droits Humains, Haïti, politiques publiques.
- Introduction
On s’accorde à reconnaitre que le problème de l’environnement reste et demeure un champ de débat et discussion dans le monde entier. Il stimule une approche interdisciplinaire dans l’objectif de bien cerné ce grand problème planétaire à savoir le changement climatique. Vis-à-vis aux effets et aux impacts causés par ce phénomène climatique, il appel à tou.te.s les acteur.rice.s comme les autorités étatiques, privées, Organisations Internationales, les scientifiques, les activismes, les secteurs universitaires, les paysan.ne.s et les sociétés civiles nationales et internationales de réunir afin de réfléchir pour travailler activement sur les actions communes dans le but de minimiser les risques produire par ce phénomène global sur la planète.
Néanmoins, le racisme environnemental lié au niveau local sur le cumul d’inégalités socio-économiques et environnementales, et plus particulièrement dans le cadre d’implémentation des politiques publiques à destination à la population cumulant risques sociaux et environnementaux peut contribuer à repenser les liens entre nature et société. Contrairement à la définition du mot racisme qui se base sur l’idéologie postulant une hiérarchie des races axé sur la couleur et hostilité violente envers un groupe humain.
Au dire de Lejeune (2015), l’approche du racisme environnemental ou inégalité environnementale englobe une notion beaucoup plus large dans le cadre d’étude politique publique de l’environnement, incluant l’accès à des biens et services, les espaces verts, les transports en commun, le service d’assainissement et le logement, pour être clair, le cadre de vie et le bien-être d’une population dans un milieu. Mais, quand ces gens actions n’existent pas dans une communauté, explorant, d’une part, d’autres appellations utilisées pour analyser ce concept d’inégalités environnementales et inégalités écologiques dans une communauté.
Nos consultations dans des documents officiels comme la législation haïtienne nous servent de boussole pour la mise en œuvre des politiques publiques relatives à la protection de l’environnement y compris des accords régionaux, internationaux et des documents officiels publié par des institutions publique et privées, des journaux nationaux, des Organisations Internationales et les articles scientifiques relatifs à la réalité environnementale haïtienne ensuite des études d’observations sur le plan physique ont été relaissé dans certains quartiers du Nord et l’Ouest afin de bien appréhender le contexte.
Sur le plan structurel, l’article cherche à analyser six (6) sections fondamentales. Une première section est consacrée sur la mise en contexte du sujet. La deuxième section est concentrée sur l’aspect socioéconomique et politique actuelle d’Haïti, dans lequel nous avons analysé les conditions démographiques, le phénomène de gangstérisassions, l’évolution des indicateurs de développement (PIB, IDH et l’Indice de Gini) du pays et les phénomènes migratoires les déplacements forcés internes et la migration internationale.
Dans la troisième section nous avons établi le lien entre le Droits humains à l’environnement et nous utilise la législation haïtienne de 1987 comme l’un des principaux documents qui décrit les paramètres fondamentaux à la politique de protection de l’environnement. Ainsi, les accords régionaux et internationaux adoptés par Haïti, ces documents ont présenté les obligations aux autorités locales relatives à la mise en contrôle des actions néfastes sur l’environnement en générale, principalement la politique interne du pays contre les entreprises transnationales concernant les impacts sur la vie humaine et la biodiversité du pays.
Dans la quatrième section, nous avons discuté en profondeur l’approche du racisme de l’environnement en Haïti et les effets sur la santé humaine et environnementale, puis la cinquième section, nous avons démontré l’intérêt d’une politique inclusive axé au service de l’environnement proportionnel aux impacts causés par des entreprises nationales et transnationales qui spécialisent dans l’exploration des mines, fabrications de déchets et d’autres produits toxiques.
Dans la sixième section, nous terminons sur une discussion et des recommandations qui pourraient apporter à l’environnemental afin de mettre des actions publiques en mouvement a l’implémentation des politiques publique proportionnelle sur le lien entre société et environnement.
- Contexte socioéconomique et politique actuelle d’Haïti
Haïti traverse un moment difficile actuellement du point de vue développemental. D’une part, Haïti avait une population estimée à 11 905 897 habitants[1] en 2021, répartie de manière égale entre les sexes avec 50 % d'hommes (5 906 934) et 50 % de femmes (5 998 963) sur une superficie de 27 750 km². En ce qui concerne la démographie des jeunes, tant féminins que masculins, ceux âgés de 15 ans et plus composent 48 % de la population totale, soit 5 682 065 individus, selon l'étude statistique de l'IHSI de 2022.
Selon des indicateurs de développement, en 2023[2], Haïti avait un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,535, se classant au 158ᵉ rang sur 193 pays. Avec un PIB par habitant de 1 694,1 dollars américains et un indice de GINI de 41,1, ces indicateurs permettent de mieux cerner le niveau de précarité existant dans le pays et reflètent les défis environnementaux, socioéconomiques et politiques auxquels se heurte la population.
D’autre part, cette portion de la population est extrêmement exposée à de multiples risques pour la santé mentale, notamment l'extrême pauvreté, l'insécurité alimentaire, l'exclusion sociale, économique et politique. Selon la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA), près de 4,9 millions[3] de personnes étaient en situation d'insécurité alimentaire en 2023 et nécessitaient un soutien alimentaire urgent. La situation économique actuelle limite sévèrement les perspectives de développement professionnel, culturel et personnel pour les jeunes et les femmes au sein de leurs communautés.
Malgré l'implémentation de multiples stratégies par des acteurs publics, privés, des organisations internationales et la société civile visant à réduire les menaces des aléas climatiques pour garantir un développement durable, les résultats ne répondent pas encore adéquatement aux attentes en raison de l'état dégradé de l'environnement en Haïti. En conséquence, des inondations, des érosions, des glissements de terrain et des accumulations de déchets sont présents dans toutes les villes et les quartiers. De plus, la déforestation rend les inondations et les érosions des sols plus fréquentes et plus dangereuses, les versants plus instables, et les sécheresses plus courantes et plus intenses. Cette vulnérabilité environnementale contribue activement à la pauvreté en Haïti et accélère le flux migratoire interne et externe, faisant du phénomène migratoire un enjeu fondamental pour le développement durable du pays.
Par ailleurs, le phénomène de banditisme en hausse dans certaines zones périurbaines de Port-au-Prince ainsi que dans d'autres départements a provoqué un déplacement massif des habitants à l'intérieur du pays. En 2023, environ 310 000 personnes[4] ont dû fuir la capitale à cause de la violence des gangs. Selon le dernier rapport publié par les Nations Unies le 16 mars 2024, plus de 600 000 personnes[5] ont été déplacées, fuyant leurs zones de résidence à cause des gangs armés. Parmi les personnes déplacées, une grande partie est constituée d’enfants, environ 300 000, ainsi que de jeunes femmes et d'hommes qui, en quête de sécurité, se sont réfugiés dans les zones rurales.
Le scénario des zones de non-droit en Haïti représente une forme de discrimination envers l’environnement haïtien, instaurée par les politiciens du pays, le secteur des affaires et les entreprises transnationales, dans le but de contrôler des intérêts et de maintenir le pays dans un état de vulnérabilité et de dépendance aux aides humanitaires. Cette stratégie de contrôle et de domination du territoire haïtien constitue une violation des lois inscrites dans la charte des droits humains.
Dans un contexte de forte turbulence, marqué par un faible IDH, la gangstérisation et une répartition inégale des revenus, Haïti traverse une période complexe, exacerbant l'exode de nombreux citoyens vers l’extérieur, notamment vers la République dominicaine, la Guyane française, le Suriname, l’Équateur, la Colombie, le Venezuela, le Chili, le Brésil, le Mexique, le Canada, les États-Unis et la France. En 2023, plus de 127 687 Haïtiens[6] ont cherché un meilleur avenir à l'étranger, soit six fois plus que l’année précédente, dont 28 610 Haïtiens, formant le deuxième groupe national majoritaire après les Vénézuéliens (55 589), selon le rapport d'Alter Presse en 2024.
La volatilité politique et les difficultés économiques, telles qu'une inflation de 23 %[7] enregistrée par l'IHSI pour l'année en cours (2024), ont entraîné des répercussions significatives sur la stabilité sociale et limitent les actions politiques proportionnelles au développement social. Par conséquent, les droits fondamentaux sont largement violés par les autorités étatiques ainsi que par les entreprises nationales et transnationales qui s’installent dans le pays.
- Droits humains à l’environnement
Au regard de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH)[8], cette déclaration reconnaît que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits, et qu'ils ont tous, indépendamment de leur genre, la possibilité de jouir de la dignité et des droits humains en vertu de leur humanité. Par conséquent, les dégâts liés aux changements climatiques, tels que la pollution, l'appauvrissement de la biodiversité et la destruction des habitats naturels, menacent de détruire des vies, des économies, des cultures, voire des sociétés entières. Ces urgences environnementales interdépendantes et dévastatrices portent atteinte aux droits humains, notamment aux droits à la vie, à l’alimentation, à la nutrition, à la santé, à l’éducation, au logement, à l’eau, à l’assainissement, à la culture et à l'autodétermination.
Le droit humain à un environnement sûr, propre, sain et durable est inscrit dans la législation haïtienne de 1987[9], notamment dans les articles 253 et 258, ainsi que dans certains accords régionaux et internationaux adoptés par Haïti. En effet, la réalisation de ce droit exige de garantir un climat sûr et stable, la conservation de la biodiversité et des écosystèmes, et un environnement non toxique afin d’éviter les dégâts majeurs sur l’environnement. À cet effet, les individus doivent également pouvoir s'intégrer pour participer concrètement à l'action environnementale et bénéficier d’un accès à l’information relative aux impacts produits par les entreprises, afin de lutter pour une justice proportionnelle aux dégâts causés.
La protection de l’environnement est une obligation nécessaire à la jouissance effective des droits humains inscrits dans les traités, y compris le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP)[10] et le Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (PIDESC)[11]. Ces traités, ainsi que la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (CIDE)[12] et la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’égard des Femmes (CEDEF)[13], garantissent les droits susmentionnés à toute personne, sans discrimination fondée sur le sexe ou la couleur.
Lorsqu’ils protègent le droit à un environnement sain, les États devraient tenir compte des besoins des personnes et des populations qui sont touchées de manière disproportionnée par les dommages environnementaux ou qui présentent un risque élevé de l’être. Ils devraient notamment prendre en compte les incidences des dommages environnementaux sur les plans physique, social et psychologique.
Les conséquences les plus lourdes des dommages environnementaux touchent souvent les personnes les plus vulnérables, qui disposent de ressources limitées pour y faire face. L’Accord de Paris, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)[14] et la Convention sur la Lutte contre la Désertification (CD)[15], ainsi qu’un certain nombre d’accords multilatéraux sur l’environnement, comprennent des engagements en faveur de ces populations.
Ces accords reconnaissent l’importance de l’engagement des entreprises et des individus dans la réponse au changement climatique, la préservation et l’utilisation durable de la biodiversité, ainsi que la conservation des sols.
Il est impératif que le gouvernement haïtien prenne des mesures immédiates et ambitieuses pour faire face aux crises environnementales interdépendantes, en tenant compte de leurs impacts sur les entreprises locales et transnationales et en cherchant à y remédier. Lutter efficacement contre la dégradation des sols, les déchets, l’extinction massive des espèces et la pollution produite par la décomposition des déchets nécessitera d’adopter une approche fondée sur les droits humains, en prenant en considération les problématiques liées aux entreprises.
Il sera essentiel de cibler les causes profondes des atteintes aux droits humains, telles que la pauvreté, les inégalités, les discriminations et la marginalisation. Face à une telle complexité, le gouvernement haïtien a le devoir de protéger sa population contre les atteintes aux droits humains commises par les entreprises sur le territoire haïtien ou dans leur juridiction. Comme le précisent les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme des Nations Unies, toutes les entreprises doivent également respecter les droits humains.
- Approche du racisme de l’environnement en Haïti
Pour mieux appréhender le terme de racisme environnemental, il est important de se référer aux travaux de Lejeune (2015). Selon cet auteur, le racisme environnemental offre une perspective différente sur les enjeux environnementaux à l’échelle locale. Cette section vise ainsi à distinguer la politique globale de l’environnement de la politique locale relative aux inégalités environnementales liées à la gestion de ces enjeux, notamment en termes de compréhension des modes d’action par les acteurs et des perceptions et représentations associées à ce type de politique disproportionnée.
Dans ce contexte, la politique environnementale en Haïti est davantage orientée vers une approche globale que locale, minimisant ainsi les enjeux locaux. Cela inclut l'installation d'industries polluantes, de zones franches agricoles, d'usines de stockage, l'exploration des mines terrestres et aquatiques, et, plus particulièrement, les compagnies de télécommunications (avec les déchets des appareils téléphoniques et des antennes installées partout sur le territoire), les matières plastiques, les débris de véhicules, les constructions anarchiques, des abattoirs, les marchés publics, le marché informel des produits agricoles toxiques et l’agglomération de transports.
Malgré tous ces enjeux qui affectent la vie des êtres humains et la biodiversité, nous n'avons pas connaissance de la participation de ces entreprises dans des actions visant à réduire les impacts négatifs sur l'environnement. Par exemple, on ne voit pas de collectes de déchets, de financement de travaux de recherche universitaires pour étudier les impacts physiques, sociaux et psychologiques, de construction de centres de laboratoire et de santé relatifs aux traitements du cancer, ou de restauration des espaces dégradés après l'exploration des mines comme mesures de services environnementaux pour éviter les impacts sur les écosystèmes.
Par contre, s’il existe des entreprises travaillant dans ce domaine, particulièrement dans la collecte de déchets, il semble que la stratégie utilisée ne soit pas adaptée, comme l'indique l'observation faite sur l'étendue du territoire terrestre et aquatique d'Haïti.
Face à ces situations environnementales critiques, Haïti se trouve dans une situation désastreuse marquée par le racisme environnemental. Historiquement, le concept de racisme environnemental s'est développé progressivement à la suite d'une série d'incidents visant à mettre en lumière les injustices environnementales subies par les populations issues de minorités ethniques à la fin des années 1970[16] aux États-Unis. Trente ans plus tard, il est devenu un domaine majeur de recherche et de débat scientifique pour l'activisme social et environnemental en Amérique du Nord. Le racisme environnemental fait référence à l'ensemble des politiques, comme « pratiques et directives environnementales qui ont des effets disproportionnés et négatifs sur certaines personnes, groupes ou communautés en raison de leur race ou de leur couleur de peau, qu'ils soient intentionnels ou non »
Selon le rapport du Programme de prévention des risques liés aux catastrophes naturelles de l'ACP-UE NDRR 2020[17], Haïti est confrontée à une exposition massive aux risques naturels. Plus de 93% de sa surface et plus de 96% de sa population sont exposés à au moins deux types de dangers, tels que les ouragans, les inondations, les tremblements de terre, les glissements de terrain et les sécheresses. Ces risques sont exacerbés par des infrastructures déficientes dans les zones où résident plus de 96% de la population du pays. De plus, dans le secteur agricole, les pratiques peu efficaces et mal adaptées au changement climatique, ainsi que l'absence de politiques adéquates pour la conservation des ressources naturelles, aggrave encore la situation.
De manière générale, le changement climatique est un phénomène mondial nécessitant une approche participative à l'échelle locale, nationale, régionale et internationale, avec des actions coordonnées pour réduire les menaces pesant sur la planète. Cependant, le racisme environnemental se concentre sur une série de paramètres fondamentaux visant à révéler les injustices environnementales subies par les populations les plus vulnérables. Selon Dobson (1998), il est fréquent que les plus aisés, tant au niveau local, national qu’international, ne prennent pas en compte une justice écologique qui se centre sur les relations entre l’homme et la nature, plutôt que sur la nature seule. Dix ans plus tard, Dozzi, Lennert et Wallenborn (2008) ont souligné que l’inégalité écologique inclut non seulement la prise en compte des risques environnementaux auxquels les populations sont exposées, mais aussi les impacts générés par les ménages.
Dans cette perspective, le choix d'accumuler et de stocker des déchets, ainsi que l'installation d'antennes et d'industries dans les zones périurbaines où résident des personnes vulnérables en raison de leur statut social, illustre un exemple de racisme environnemental. Ces décisions sont prises sans considération adéquate des impacts sanitaires, agricoles, sur la biodiversité, la culture et l'alimentation. Elles ne promeuvent pas l'égalité écologique ni l'implication active des groupes les plus vulnérables dans les mouvements écologiques.
Pour contrer ces effets, il est crucial de développer des espaces verts dans les zones menacées, en utilisant des techniques efficaces de conservation des sols pour réduire les risques d'inondation et de glissements de terrain, ainsi que pour atténuer les îlots de chaleur, favorisant ainsi la santé mentale et physique des communautés. Cependant, les communautés haïtiennes restent particulièrement vulnérables face au changement climatique. Une réponse efficace nécessite des actions politiques concrètes, notamment un service environnemental visant à protéger les couches les plus vulnérables des impacts climatiques et à adresser les problèmes locaux de racisme environnemental ou de discrimination environnementale.
- Service de l’environnement relatif aux impacts liés par des entreprises en Haïti
Les services écosystémiques désignent les avantages que les populations tirent des écosystèmes, visant à protéger l'environnement et à préserver les ressources naturelles. Selon l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 2020[18], pendant la pandémie de Covid-19, le secteur des services environnementaux a considérablement augmenté ces dernières années, en partie en réponse à des normes et régulations de plus en plus strictes pour relever les défis mondiaux tels que le changement climatique, l'épuisement des ressources et la gestion des déchets.
Les services publics ont traditionnellement joué un rôle crucial dans la prestation de services environnementaux. Un exemple notable est la création du Système National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS) en 2027[19], une institution autonome chargée de la gestion des déchets solides, médicaux et à haute toxicité dans les 10 départements et les 149 communes du pays. Cependant, les actions au niveau des collectivités territoriales dans ce domaine restent souvent passives.
Pour améliorer la situation, les autorités locales doivent intensifier leurs efforts pour encourager activement les entreprises locales à assumer leurs responsabilités dans la collecte des déchets. Cela pourrait inclure des mesures incitatives ou rendre obligatoire leur participation à ces services essentiels pour la santé de l'environnement.
Cependant, la politique d'exonération fiscale des entreprises par le gouvernement haïtien, combinée à la tendance vers la privatisation des services publics, a accru la participation des opérateurs privés dans le secteur des services environnementaux, créant ainsi de nouvelles opportunités commerciales inévitables dans le pays. Malheureusement, cela n'a pas conduit à une participation active des entreprises dans la mise en œuvre d'actions environnementales, notamment dans la collecte des déchets terrestres et aquatiques.
Pourtant, Haïti est membre de l'OMC depuis 1996[20], ce qui lui donne le droit de bénéficier de services environnementaux dans divers domaines, notamment les infrastructures telles que l'assainissement, le ramassage des ordures et la gestion des voiries, ainsi que d'autres services non infrastructurels tels que la prévention de la pollution atmosphérique, la lutte contre le bruit et la dépollution des sites. Malgré cela, les actions concrètes entreprises dans ces domaines en Haïti demeurent limitées.
Conformément aux instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits humains, comme le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, et la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement, Haïti est tenue de garantir le droit à une participation égale, libre, active et significative. Cependant, ces principes ne se traduisent pas de manière uniforme dans la réalité haïtienne.
- Conclusion et recommandation
En résumé, en raison des multiples défis environnementaux auxquels font face Haïti, notamment le racisme environnemental, il est impératif que les autorités locales assument leurs responsabilités pour répondre aux obligations tant locales, régionales qu'internationales visant à promouvoir un environnement sûr, propre, sain et durable, comme le stipulent la législation haïtienne, les politiques et divers accords régionaux et internationaux adoptés par Haïti.
La réalisation de ce droit nécessite la garantie d'un climat sûr et stable, la conservation de la biodiversité et des écosystèmes, ainsi qu'un environnement non toxique. Dans ce contexte, le gouvernement haïtien doit élaborer des stratégies permettant aux entreprises locales, transnationales et aux individus de participer activement aux actions environnementales visant la protection et la conservation de l'environnement en particulier les collectes des déchets.
Le gouvernement doit également mettre en place des mécanismes permettant aux individus de répondre à leurs responsabilités en matière d'environnement et veiller à ce que les entreprises exerçant des activités, notamment la gestion des déchets, assument également leurs responsabilités en tant que contributeurs aux services environnementaux. Il est crucial de garantir un accès à la justice qui tienne compte des défis auxquels sont confrontées les populations les plus vulnérables face aux changements climatiques, tout en adoptant une approche qui considère les préoccupations des entreprises locales et transnationales établies en Haïti.
Cela vise à garantir le droit à la santé, y compris la santé environnementale et reproductive, ainsi que les droits associés dans les actions environnementales. Le gouvernement devrait lutter contre la discrimination environnementale basée sur les zones défavorisées, particulièrement en ce qui concerne le stockage des déchets. Il est essentiel de garantir à chaque individu, y compris aux plus défavorisés, le droit de bénéficier de formations sur les crimes environnementaux et leur application, afin de défendre leurs droits. Il est crucial de protéger la population contre les impacts discriminatoires sur les droits humains causés par les entreprises locales et internationales.
Les autorités haïtiennes doivent également financer des recherches universitaires afin de réaliser des études sur les impacts des déchets sur la santé environnementale. Pour répondre à cela, il est crucial d'utiliser les outils (permettant de fédérer de nombreuses recherches et de favoriser échanges et collaborations scientifiques, et mobilisations collectives à différentes échelles, d’une part, le développement concomitant d’un activisme mobilisant ce cadre analytique assure, d’autre part, un soutien concret et une voix collective pour la défendre) appropriés pour élaborer une stratégie visant à contrôler les déchets importés par les entreprises transnationales. Les ministères de l’Éducation, de l’Agriculture, de l’Intérieur et de l’Environnement devraient collaborer pour établir une convention intégrant un programme d’éducation écologique obligatoire dans tout le système éducatif haïtien, y compris dans les écoles maternelles, afin de sensibiliser dès le plus jeune âge à la préservation et à la protection de notre environnement.
Andrevil ISMA. Ph.D en développement et environnement,
Master en Droit de l’Environnement et Politiques Publiques
Ingénieur Agronome « Activiste social et environnemental ».
andrevilisma2@gmail.com / iandrevil@yahoo.com
Appolon Ilgentche, doctorant en Science de l’Éducation,
Activiste social et éducatif, collaborateur.
- Références
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- La Déclaration universelle des droits de l’homme/ Universal Déclaration of Human Rights -French (Français). Disponible sur le lien.https://www.ohchr.org/en/human-rights/universaldeclaration/translations/french
- La Constitution de la République d'Haïti du mars 1987. Article 253. L'environnement étant le cadre naturel de vie de la population, les pratiques susceptibles de perturber l'équilibre écologique sont formellement interdites. Article 258. Nul ne peut introduire dans le Pays des déchets ou résidus de provenances étrangères de quelque nature que ce soit. Disponible sur le lien: http://www.omrh.gouv.ht/Media/Publications/1 Constitution/Constitution1987.pdf. Publié mars 1987.
- Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Disponible sur le lien .https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/international-covenant-civil-and political-rights.
- Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Disponible sur le lien
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- Convention relative aux droits de l'enfant. Disponible sur le lien.https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-rights-child
- Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Disponible sur le lien .https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/conventionelimination-all-forms-discrimination-against-women
- Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Disponible sur le lien .https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/conventionelimination-all-forms-discrimination-against-women
- La convention sur la Diversité Biologique, traité international pour un avenir durable. Disponible sur lien : https://www.un.org/fr/observances/biological-diversity-day/convention#:~:text=La%20Convention%20sur%20la%20diversit%C3%A9%20biologique%20vise%20tous%20les%20niveaux,la%20pr%C3%A9vention%20des%20risques%20biotechnologiques.
- Zoé Lejeune. La justice et les inégalités environnementales : concepts, méthodes et traduction politique aux États-Unis et en Europe. Revue française des affaires sociales 2015/1, pages 51 à 78 Éditions DREES Ministère de la santé
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- Liste des Membres et Observateurs (OMC).Disponible sur le lien. https://www.wto.org/french/thewto_f/whatis_f/tif_f/org6_f.htm
[1] Estimation de la population haïtienne de 2023.Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI).Disponible sur le lien : https://ihsi.gouv.ht/.Publié 2022
[2] Haïti Présentation. Disponible sur le lien : https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview
[3] Coordination Nationale de la sécurité alimentaire (CNSA). Insécurité alimentaire en Haïti pour la période de mars à juin 2024. Port-au-Prince, Haïti, 2024. Disponible sur le lien. : https://www.cnsahaiti.org/Web/Etudes/2022/Rapport%20final%20ENSSANEFSA%202021-Version%20edit%C3%A9e%20311221.pdf.
[4] ONU-OCHA. Haïti : Etat des lieux de la réponse humanitaire Rapport de Situation – Juillet 2023. https://www.unocha.org/publications/report/haiti/haiti-etat-des-lieux-de-la-reponse-humanitaire-rapport-de-situation-juillet-2023.
[5] Nations Unies. Haïti : le nombre de personnes déplacées a augmenté de 60 % depuis mars. Disponible sur le lien : https://news.un.org/fr/story/2024/06/1146491.
[6] Alter presse (2024). Amériques (Haïti) : Une nouvelle ère pour la migration haïtienne 2024. Disponible le lien : https://www.alterpresse.org/spip.php?article29335
[7] L’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI).Analyse économique sur l’étude de l’inflation Février 2024 Port-au-Prince, Haïti, 2024. Disponible sur le lien. https://ihsi.gouv.ht/.
[8] La Déclaration universelle des droits de l’homme/ Universal Déclaration of Human Rights -French (Français). Disponible sur le lien.https://www.ohchr.org/en/human-rights/universaldeclaration/translations/french
[9] La Constitution de la République d'Haïti du mars 1987. Article 253. L'environnement étant le cadre naturel de vie de la population, les pratiques susceptibles de perturber l'équilibre écologique sont formellement interdites. Article 258. Nul ne peut introduire dans le Pays des déchets ou résidus de provenances étrangères de quelque nature que ce soit. Disponible sur le lien: http://www.omrh.gouv.ht/Media/Publications/1 Constitution/Constitution1987.pdf. Publié mars 1987.
[10] Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Disponible sur le lien
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[11] Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Disponible sur le lien
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[12] Convention relative aux droits de l'enfant. Disponible sur le
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[13] Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
Disponible sur le lien .https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/conventionelimination-all-forms-discrimination-against-women
[14] Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
Disponible sur le lien .https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/conventionelimination-all-forms-discrimination-against-women
[15] La convention sur la Diversité Biologique, traité international pour un avenir durable. Disponible sur lien : https://www.un.org/fr/observances/biological-diversity-day/convention#:~:text=La%20Convention%20sur%20la%20diversit%C3%A9%20biologique%20vise%20tous%20les%20niveaux,la%20pr%C3%A9vention%20des%20risques%20biotechnologiques.
[16] Zoé Lejeune. La justice et les inégalités environnementales : concepts, méthodes et traduction politique aux États-Unis et en Europe. Revue française des affaires sociales 2015/1, pages 51 à 78 Éditions DREES Ministère de la santé
[17] Programme de Prévention des Risques liés aux Catastrophes Naturelles (ACP-UE NDRR).Disponible sur le lien : https://www.gfdrr.org/fr/haiti-renforcement-de-la-resilience-face-aux-catastrophes-et-au-changement-climatique
[18] Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Services environnementaux. https://www.wto.org/french/tratop_f/serv_f/environment_f/environment_f.htm
[19] Organismes Autonomes. Information sur le Service National de Gestion des Résidus Solides. https://www.mde.gouv.ht/index.php/fr/service-national-de-gestion-des-residus-solides
[20] Liste des Membres et Observateurs (OMC).Disponible sur le lien. https://www.wto.org/french/thewto_f/whatis_f/tif_f/org6_f.htm
1 commentaire
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DORVIL Geniald:.
Si on s’accorde à reconnaitre que la problématique de l’environnement demeure un champ de débat et de discussion dans le monde pourquoi nous sommes restés muets devant cette situation alors que nous sommes vraiment concernés par ce problème qui peut entraver la survie de notre race? Elle est tellement présente chez nous qu'elle modifie notre façon de vivre, culturellement, et aussi l'aspect socio-économique par faute de politiques publiques nous sommes mis face aux aléas climatiques sans matières pour y répondre. Vu encore la ganstérisation qui provoque une sorte d'agglomération d’une zone par rapport à d’autres créant ainsi une mauvaise repartition de l’environnement, un transfert de risque environnemental. Si nous assistons à la démonstration des rejets des entreprises, nous voyons plus Clairement que nous sommes en cas d’alerte environnemental. Je me demande s’il y a vraiment un Ministère de l’environnement? S’il existe, il fait quoi vraiment? Pourquoi il n’y a pas un quota de rejet à respecter par les entreprises surtout celles qui se trouvent dans les zones cotières affectant nos ressources marines ou les zones agraires, acidifiants nos fertiles terres. Est ce que vraiment, nous les haïtiens, nous jouissons de nos droits en tant qu’humain quand on fait référence à la déclaration universelle des droits de l’homme? En depit de tout, nous devons savoir que le changement que nous demandons doit être avant tout personnel en faisant de petits gestes d’écocitoyens, influencer notre entourage immédiat afin que le processus devienne un sentiment communautaire tout en faisant des propositions aux chefs de quartiers, des écoles, des églises et des villes pour qu’il soit étatique. Des séances de formation sur la réutilisation des déchets pourraient apporter son fruit dans cette lutte. Alors, pourquoi ne pas nous lancer à travers les clubs de quartiers, au sein des groupes et chorales et les écoles?