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19 ans après : La quête inachevée de justice pour Jacques Roche

19 ans après : La quête inachevée de justice pour Jacques Roche

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Depuis le 14 juillet 2005, date tragique de l'assassinat du journaliste et poète Jacques Roche, les espoirs de  justice persistent,  19 ans après. L'ombre de l'injustice plane toujours sur cet acte odieux qui a coûté la vie à un défenseur de la liberté d'expression et un farouche opposant à l'injustice et à la corruption en Haïti.

Durant toutes ces années, la famille, les proches et les défenseurs des droits de l'homme continuent de plaider pour que lumière soit faite sur les circonstances entourant l'assassinat de Jacques Roche. Son engagement et sa lutte inlassable contre les abus de pouvoir et les dysfonctionnements du système politique haïtien ont marqué une génération entière, suscitant admiration et respect.

Malgré les efforts déployés pour faire avancer l'enquête et traduire les responsables en justice, les obstacles persistants et les lenteurs du système judiciaire ont entravé le processus de recherche de vérité et de réparation. Cette impunité prolongée nourrit la frustration et le désespoir de ceux qui aspirent à voir les coupables répondre de leurs actes devant la justice.

Le 14 juillet 2005, Jacques Roche , chef de la rubrique culture du quotidien Le Matin a été retrouvé assassiné à Port-au-Prince après avoir été enlevé quatre jours plus tôt. Un an après, REPORTES SANS FRONTIÈRES constate avec tristesse et colère qu'aucun de ses assassins présumés n'a comparu et que l'un d'eux a même été libéré sans explication.

D'après le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) d'Haïti, François Daniel, alias "Bibi ", ancien chef de gang du quartier de Solino à Port-au-Prince, serait impliqué dans l'assassinat de Jacques ROCHE, chef du service culturel du quotidien Le Matin enlevé le 10 juillet 2005 et retrouvé mort quatre jours plus tard(14 JUILLET 2005 ) . Le 12 septembre 2006, " Bibi " et deux autres gangsters se sont présentés d'eux-mêmes devant la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion pour remettre des armes. Ils auraient en échange réclamé l'arrêt des poursuites judiciaires lancées contre eux dans plusieurs affaires d'assassinat. "Bibi" n'aurait cependant pas rendu toutes ses armes.

 L'enquête n'a jamais progressé. Aucun des suspects arrêtés dans le cadre de cette affaire n'est encore passé en jugement. “La mort de Jacques Roche a démontré combien les milices à la solde de l'ancien pouvoir de Jean-Bertrand Aristide n'avaient pas désarmé après la chute de ce dernier, en février 2004. Le choc provoqué par cet assassinat ne sera jamais surmonté tant que l'impunité demeurera. Pire, l'un des auteurs présumés a été relâché sans explication.

"À L'heure où Haïti tente de retrouver le chemin de la paix et de la stabilité démocratique, les moyens donnés à la justice doivent compter parmi les priorités du nouveau gouvernement”, a déclaré REPORTER SANS FRONTIÈRES. Chroniqueur littéraire, poète et chef de la rubrique culture du quotidien Le Matin, Jacques ROCHE avait été enlevé le 10 juillet 2005 alors qu'il circulait en voiture dans le quartier Nazon à Port-au-Prince. Les ravisseurs avaient exigé, sous peine de le tuer, la somme de 250 000 dollars, avant d'accepter de revoir la rançon à la baisse. Le 14 juillet suivant, le journaliste avait été retrouvé mort dans une rue de la capitale, le corps menotté à une chaise et couvert de marques de torture et de traces de balles. Cet assassinat survenu si rapidement, alors que des négociations avaient eu lieu entre la famille de la victime et les ravisseurs, avait ébranlé la thèse de l'enlèvement purement crapuleux. Certaines sources proches du dossier avaient alors confié à REPORTERS SANS FRONTIÈRES que Jacques ROCHE avait sans doute été livré à d'autres geôliers et que l'affaire était devenue politique. Le 22 juillet, la police judiciaire avait interpellé le père Gérard Jean-Juste, “conseiller spirituel” de Jean-Bertrand Aristide, qui s'était rendu la veille aux obsèques du journaliste. La présence du prêtre avait soulevé un tollé au sein de l'assistance qui le soupçonnait d'être lié à l'assassinat de Jacques Roche. Gérard Jean-Juste a été libéré pour raisons de santé et autorisé à se rendre aux Etats-Unis pour y recevoir des soins. Il s'y trouve toujours. Egalement inculpé dans une affaire d'armes volées au Palais national, il reste officiellement à la disposition de la justice haïtienne. Arrêté le 18 août 2005, Roger Etienne, l'un des ravisseurs présumés de Jacques Roche, est toujours incarcéré au pénitencier national, comme l'a confirmé à Reporters sans frontières Yolène Gilles, porte-parole du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Deux autres suspects, surnommés “Mentor” et “Edgard” ont été interpellés et écroués au même moment. Aucun de ces trois hommes n'a comparu et le magistrat instructeur, également chargé d'enquêter sur l'assassinat, en 2000, de Jean Dominique, directeur de Radio Haïti Inter, est actuellement en “déplacement”. Enfin, Johnny Cicéron, appréhendé le 14 octobre 2005 pour son implication présumée dans l'assassinat de Jacques Roche, évadé puis repris le 4 mai 2006, a été libéré le 22 mai sans aucune explication. Dix-sept chefs de gang ont été relâchés au cours du même mois, soi-disant pour “manque de place dans les prisons” ou “dossier incomplet”.

14 juillet 2024, date symbolique marquant les 19 ans de la disparition de Jacques Roche, la question demeure : quand la justice sera-t-elle enfin rendue pour cet homme qui a sacrifié sa vie pour ses convictions et la défense des droits fondamentaux ? L'héritage de Jacques Roche, symbole de courage et de résistance, mérite d'être honoré par la vérité et la justice.

En cette commémoration douloureuse, rappelons-nous de l'importance de rester mobilisés et solidaires dans la quête de vérité et de justice pour Jacques Roche et pour tous les défenseurs des droits humains qui ont payé le prix fort pour leurs idéaux. L'espoir demeure que la lumière finira par percer les ténèbres de l'impunité, et que la mémoire de Jacques Roche continuera d'inspirer les luttes pour un avenir plus juste et équitable en Haïti.

 

 Ashly MÉTELLUS, étudiant en HISTOIRE de l'art et Archéologie à l'IERAH/ISERSS.

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Bernard Antoine, samba Vyebab Vyecheve

Tu prouves une autre fois parmi de nombreuses fois qui ne cesse de s'éterniser que t'es digne d'être chroniqueur de l'art. Oui, ça se prouve et se révèle entre les cuisses de tes articles, qui se veulent être des chroniques maculées d'une rigueur exhaustive.

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