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Trouver le connu parmi les inconnus

Trouver le connu parmi les inconnus

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Quand on veut partager le gâteau sans laisser même une miette, une minuscule tranche pour le peuple, les coquins de la classe politique, irresponsables invétérés, parlent le langage doucereux de partage de responsabilité. C’est-à-dire des postes de ministres et de directions générales dans les institutions publiques d’un État déjà en mauvais état et de décomposition. Mais à ce carrefour d’instabilité socio-politique, il faut aller chercher quelque part ce personnage connu parmi les inconnus de sorte qu’il puisse enfin penser et faire une répartition satisfaisante de ce gâteau entre cette «majorité zuit» de grands mangeurs tout en permettant aux déshérités des bidonvilles d’y goûter un peu.

Et une fois l’inconnu devenu connu, il doit déployer de grands efforts ou être rusé à bon escient pour ne pas être trop de connivence avec la politique traditionnelle des copains malins ou des coquins de la faune politique qui ont l’habitude de tout bouffer du gâteau. Appétits gargantuesques obligent. 

Par exemple, quelqu’un m’avait appelé très tôt hier matin pour me dire si toutefois j’ai des contacts dans les négociations pouvant aboutir à la formation du nouveau gouvernement de faire en sorte que je puisse avoir un poste dans un ministère régalien. Cette affaire de ministère régalien devient une véritable rigolade. Mais pourquoi ce ministère, demandai-je à ce démarcheur de pouvoir politique  au style mafieux si prisé de nos jours?  Si tu veux te régaler avec les politiciens traditionnels sur le terrain, c’est là que tu dois être pour enfin pulvériser les miettes restantes du gâteau du trésor public, avait ajouté le coquin. 

Mais trouver le connu parmi les inconnus, c’est chercher à comprendre l’urgence de la crise socio-politique à savoir que le reste du gâteau ne doit pas continuer à être partagé avec ceux-là qui avaient tout pris, sans pourtant rien laisser à la majorité du pays. Il est temps que «les noirs, dont les pères sont en Afrique», trouvent une tranche du gâteau.  Ce qui sera un partage équitable du fruit de l’indépendance. «Nous avons osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous-mêmes.»   

Il est inconcevable qu’en 2024, qu’un petit groupe de personnes qui forme la classe dominante et qui détient toutes les richesses du pays continue à exploiter les ressources du pays à leur seul et unique intérêt mesquin. L’épopée de 1804 de l’armée indigène n’avait pas été seulement l’œuvre des officiers et sous-officiers mulâtres, mais aussi l’effort des vaillants soldats issus de la classe majoritaire esclavagiste.  

Haïti doit cesser, faute de dirigeants compétents et intègres dans la gestion des affaires de l’État, d’être le pays des chimères ou le plus pauvre de l’hémisphère. Ce personnage une fois connu, doit, avec une équipe compétente, se mettre au travail pour que cesse le comportement anti-haïtien des grands mangeurs du passé qui, dans leurs sales besognes avaient détruit l’héritage sacré qu’est la nation haïtienne. Au point de forcer les fils et les filles à quitter le pays, pour, dans bien des cas, aller, malheureusement, se faire humilier à l’extérieur. 

 

Prof. Esau Jean-Baptiste

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