Réflexion critique sur les systèmes religieux et l’idée de Dieu
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Nous avons tous déjà eu probablement avec notre entourage une discussion sur les croyances religieuses. D’emblée, je dois admettre mon incompréhension face à des gens qui se plient à des préceptes religieux délirants et absurdes, des préceptes venant directement d’une autre époque parce qu’ils ont la ferme conviction que c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Ce qu’on constate avec la grande majorité des croyants, c’est une confiance aveugle dans les dogmes sans une parcelle de jugement critique. Ils gobent tout sans poser de question. Ils se laissent priver de leur libre arbitre parce qu’on leur a toujours fait comprendre que c’est la « Parole de Dieu », même quand à l’évidence toute religion est humaine, prend naissance dans une région donnée dans des contextes politiques et sociaux particuliers. Ce billet se veut une réflexion critique sur des systèmes religieux et l’idée d’un Dieu créateur de l’univers, omniscient et omnipotent tel que présenté par les religions monothéistes.
L’être humain, d’une façon générale, est capable de faire preuve de jugement critique dans sa vie quotidienne. Mais dès qu’il est question de dogmes religieux, sa raison disparaît, supplantée par sa foi. À moins d’être un enfant encore dans l’émerveillement des histoires fabuleuses, aucune personne sensée ne croit ni au Père Noël, ni au Lapin de Pâques, ni à la Fée des dents, ni au marteau de guerre de Thor. Mais on doit reconnaître que toutes les histoires à dormir debout tirées des religions dites révélées deviennent pour le croyant des vérités absolues, des pages de science qu’il faut prendre en considération. Noé a vécu 900 ans. Le déluge a bel et bien eu lieu. Moïse a fendu la mer Rouge. Marie a été enceintée par le Saint-Esprit. Toutes ces histoires sont des vérités absolues et non des légendes littéraires parce que c’est écrit dans la Bible. De ce point de vue, la foi s’apparenterait étrangement, comme l’ont déjà souligné plus d’un, « à une forme particulière de maladie mentale ». C’est que le croyant vit en autarcie intellectuelle et ne connaît pas d’autres discours sur sa religion que ce qui se dit dans son cercle religieux immédiat. Il évolue dans un carcan dogmatique. Son esprit est atrophié. Il ne peut réfléchir. Il est sûr qu'il n'existe objectivement absolument aucun doute au sujet de la véracité totale de la Bible et de son caractère divin.
Nous comptons actuellement trois grandes religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Ces religions sont dites monothéistes parce qu’elles ne reconnaissent l’existence d’un SEUL DIEU. Yahvé pour le Judaïsme, Jésus (fils de Dieu et Dieu lui-même) pour le Christianisme et Allah pour l’Islam. Sommes-nous véritablement en présence d’un Dieu unique ou faut-il parler de trois « Dieux » différents? Le Juif et le Musulman ne se lèvent pas un bon matin pour affirmer que Jésus n’est pas Dieu. C’est en se basant sur la Torah, Livre de Dieu, qui le Juif affirme que « Yahvé est le seul vrai Dieu ». C’est en se basant sur le Coran, Livre de Dieu, que le Musulman affirme « Qu’il n’y a de Dieu qu’Allah ». C’est là toute la problématique de la question du Dieu unique. Nous avons actuellement trois religions monothéistes qui reconnaissent l’unicité de Dieu, l’existence d’un SEUL DIEU. Mais aucune de ces religions ne reconnaît le « Dieu » de l’autre. On nous demande de croire et on verra la gloire de Dieu. Oui, c’est bien beau mais qui croire? Yahvé, le Dieu des Juifs ? Allah, le Dieu des Musulmans? Jésus, le Dieu des Chrétiens ? Pourquoi donc Dieu s’est révélé aux hommes par le biais de trois religions différentes? Comment expliquer la présence de trois livres différents émanant de Lui avec pourtant des principes divins différents? La Torah pour les Juifs, la Bible pour les Chrétiens et le Coran pour les Musulmans. Pourquoi Dieu dit des choses contradictoires à travers trois religions fondamentalement antagoniques?
Non seulement les trois monothéismes cités plus haut s’opposent, mais ils sont eux-mêmes traversés par divers courants avec des différences théologiques profondes. C’est ainsi que le Judaïsme se divise actuellement en trois grands courants : le judaïsme orthodoxe, le judaïsme conservateur et le judaïsme réformé. Le phénomène existe également dans l’Islam avec, entre autres, le sunnisme, le chiisme, le wahhabisme, etc. Quant au christianisme, il est divisé en trois grandes Églises : l’Église catholique, l’Église orthodoxe et les Églises protestantes. Tout ceci nous amène à un ensemble d’autres questions fondamentales. Quelle est la véritable religion? Quelle foi mène véritablement au salut? Est-ce la foi juive? Si oui, quel courant? Est-ce la foi chrétienne? Si oui, quelle Église? Est-ce la foi islamique? Si oui, quel courant? Un juif dira à coup sûr que c’est la foi juive, car le juif est le peuple élu choisi par Jéhovah. Le chrétien dira que c’est le christianisme qui mène au salut, car pour être sauvé, il est nécessaire de croire que Jésus est le Messie annoncé, qu’il est fils de Dieu et Dieu lui-même, qu’il est mort pour sauver l’humanité et qu’il est ressuscité des morts. Le musulman dira à son tour que c’est la foi islamique qui même au salut, car l’Islam est la dernière religion monothéiste, que le Coran a été dicté par Dieu, qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammed est son prophète. Le musulman et le juif ne croient pas en Jésus comme étant fils de Dieu et Dieu lui-même, alors que pour le chrétien c’est une condition sine qua non pour le salut éternel, car « nul ne vient au Père que par Jésus ». Sans se rendre compte, les fervents croyants de toutes ces religions monothéistes se révèlent être des athées dans la mesure qu’aucun ne reconnaît en réalité le « Dieu » de l’autre. Un chrétien ne prie pas Allah et nie son existence comme Dieu, un Juif ne prie pas Jésus, un musulman ne prie pas Yahvé. Ne faisons-nous pas alors face à un véritable imbroglio religieux? Dieu, l’être parfait, peut-il être à l’origine d’un tel méli-mélo?
On estime aujourd’hui que les humains, dans leur quête de Dieu, ont créé pas moins de 10 000 religions au cours de différentes époques de leur existence. Aux États-Unis par exemple, le pays de In God We Trust (en Dieu nous croyons), on dénombre près d’une centaine de groupes religieux avec une place importante aux Églises protestantes en termes de fidèles et leur panoplie de variantes: Pentecôtisme, Baptisme, Méthodisme, Adventisme du septième jour, Anabaptisme, Témoin de Jéhovah, Mormonisme, Calvinisme, Luthériens réformés, les innombrables Églises de Dieu et j’en passe... Chaque adepte de chacune de ces confessions religieuses croit dur comme fer que c’est la sienne qui représente le vrai chemin menant au salut éternel. C’est sa confession qui détient la vérité de la foi. Tout est une question d’interprétation du livre saint. C’est que le Grand Architecte de l’univers, dans sa grande sagesse, a laissé aux hommes le soin d’interpréter sa grande œuvre, la Bible. C’est ainsi que le Témoin de Jéhovah refuse la transfusion sanguine parce que Dieu l’interdit. L’adventiste refuse de manger un plat de « griyo» parce que Dieu interdit de manger le porc. La fidèle servante d’une « Église de Dieu » refuse de porter un pantalon parce que Dieu interdit aux femmes de s’habiller comme des hommes. Dans la même Bible, un autre chrétien va trouver facilement des réponses qui contredisent ces interdictions divines. Fondamentalement, ce que le croyant refuse de comprendre c’est que sa foi et sa croyance ne viennent pas en réalité de sa conscience, mais plutôt d’une confiance aveugle en ce que d’autres personnes lui ont raconté de la divinité. Dieu ne lui a jamais parlé directement pour lui dicter sa conduite ni pour lui dire ce qu’il doit croire. Il croit tout simplement en ce que les autres lui ont rapporté de Dieu. La Bible n’a pas été écrite des mains mêmes de Dieu. Des hommes, êtres imparfaits, ont rédigé les différents livres qui la composent à des moments historiques donnés afin de nous rapporter, selon eux, ce que Dieu voulait de nous. La nation de « livre sacré », de « livre saint » est discutable parce qu’elle empêche cette distanciation critique nécessaire à la compréhension de son contenu. En effet, on ne pourra pas véritablement saisir le message véhiculé dans certains versets sans une bonne herméneutique des origines.
Historiquement, voici les faits. Au début du christianisme il n’y a avait pas que quatre Évangiles (Marc, Mathieu, Luc et Jean), mais une soixantaine, les unes plus contradictoires que les autres. Les premières communautés chrétiennes ont considéré certains de ces évangiles comme étant inspirées par Dieu, d’autres comme ne l’étant pas. Sur quelle base a été fait ce tri? C’est au IVe siècle de notre ère lors des deux conciles Hippone en 393 et Carthage en 397 que l’Église a décidé de fixer définitivement ce qui devait constituer le corpus biblique. Il s’ensuit donc, ce que les chrétiens considèrent comme étant la « Parole de Dieu » n’est en réalité qu’une parole humaine décidée par des Évêques catholiques. C’est eux qui ont considéré que tels livres étaient d’inspiration divine et tels autres pas. C’est sur la bonne foi de ces Évêques catholiques, hommes imparfaits, qu’a été constitué le canon biblique. À noter également que c’est sous l’obédience de l’Empereur romain Constantin 1er que l’Église avait décidé de statuer une fois pour toutes que Jésus était Dieu lors du premier concile de Nicée en 325. Il est clair qu’aujourd’hui nous croyons simplement ce que ces hommes nous ont demandé de croire. Certains me diront qu’ils étaient eux-mêmes sans doute sous l’inspiration de Dieu. Mais là c’est une autre histoire.
Les musulmans et les Juifs basent également leur croyance sur ce que Dieu a dit. Pourtant, Dieu leur a formellement dit des principes divins contraires au christianisme qui est aussi la religion de Dieu. Le croyant prend-il le temps de réfléchir à cette incompréhension? Si on part du principe qu’il n’y a qu’un SEUL Dieu, donc forcément il doit y avoir qu’une seule vraie religion. Et devant la multiplicité des croyances différentes les unes des autres dans le monde prétendant être la vraie religion, force est d’admettre que toutes ces croyances sont fausses sauf une. Laquelle alors? Étrangement, dans toutes les grandes religions monothéistes actuelles, l’anthropomorphisme de Dieu saute aux yeux. On a l’impression que Dieu n’est qu’un homme avec un super pouvoir. Un super man comme le héros du film bien connu. On lui accorde tous les attributs de l’humain. Il se met en colère, il se fâche, il est rancunier, il est jaloux, il assassine même. Ce Dieu, tel qu’il est présenté par les grandes religions, ne serait-il pas alors une création de l’esprit humain semblable aux innombrables dieux de la mythologie grecque et romaine tels Zeus, Jupiter, Neptune, Apollon, etc.? La question mérite d’être posée. En attendant donc que le vrai Dieu se lève, s’affirme et s’impose de façon claire et définitive à l’humanité tout entière qu’il a lui-même créée afin de mettre fin à la confusion, les sceptiques auront toujours beau jeu avec cette maxime imparable : le doute, faute de preuve!
Junold Saint-Cyr
1 commentaire
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Edouard Cholo
TRÈS BEL ARTICLE, MAIS INCOMPLET : D'abord, il est à noter que c'est le premier EMPEREUR ROMAIN CONSTANTIN EN 313 qui a autorisé le christianisme. EN 380, son successeur THÉODOSE 1er décréta le christianisme la religion officielle de l'empire.---Donc, la religion est un FAIT DE CULTURE, c'est-à-dire quelque chose qui a été créée par l'être humain, contrairement à un FAIT DE NATURE.---La RELIGION est une COPIE de la MYTHOLOGIE GRECQUE ET ROMAINE---Dans cette mythologie, pour ceux qui s'y connaissent, pour créer un grand personnage, il fallait une RELATION ENTRE UN DIEU ET UNE FEMME.---Par exemple les 3 déesses Athéna, Artémis et Hestia sont nées d'un relation entre un dieu et une femme. Le dieu Zéus et sa femme Métis ont donné naissance à la déesse Athéna. C'est ainsi que Jésus est né, il est le fruit d'une RELATION entre un DIEU (L'Esprit Saint) et MARIE (réf. Histoire universelle de la Chasteté et du Célibat de Elizabeth Abbott (2001), Éditions Fides).