Comme un troupeau de cabris en partance vers la Jamaïque, une futile acrobatie politique de haute voltige
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En route vers la Jamaïque pour pactiser, cogiter et pondre des résolutions politiques en faveur de la république emblématique de la Caraïbe voire de la planète. Ce voyage aérien se dresse comme un saut périlleux acrobatique qui ne saurait aucunement faciliter le saut politique qualitatif tant rêvé pour redresser le paquebot national en mode Titanique percuté par l’iceberg de la cupidité économique et de l’imposture politique. Les dates du 11 au 13 juin 2023 auront marqué le souvenir de trois jours gras dissipés en fumée, animés en des rencontres litigieuses dédiées à la nation courageuse la plus humaniste de l’Archipel des Antilles. Il y a plus d’un siècle, notre Haïti servait de référence, de templier et de modèle pour galvaniser des énergies positives et créer des synergies salvatrices au profit d’autres peuples asservis au sein de la région. Reléguée de la tête à la queue, Haïti est aujourd’hui l’objet d’une risibilité politique paroxysmique au niveau de cette Hémisphère « prospère » dont elle est la brebis galeuse.
En effet, qu’ils soient conçus à la Jamaïque, à la Martinique, en Belgique, en Amérique ou en Afrique, les projets, mesures et résultats propices à une société émergente sont dans les lentilles de la logique le fruit d’idées et de pensées libres et affranchies. Des esprits méchants ou complaisants aux plaisanteries à la saveur répugnante, incapables de recul et donc prisonniers des programmes prêt-à-porter architecturés par l’Occident rancunier ne sauraient générer des réflexions utiles du point de vue sociétal. La production d’alternatives politiques socialement rentables ne dépend donc pas de la déportation des concurrents politiques vers des coordonnées géographiques extraterritoriales.
Quant à l’idée d’édifier les protagonistes pour sortir à Kingston des cartes de résolutions favorables à Haïti, le doute planait dès l’œstrus puisque le simple analyste a vite découvert que les investissements aériens ont été évaporés dans les airs. Dès l’entrée, le Premier ministre sans mandat ni agenda précis émettait en des propos introductifs condescendants qu’il barricadait les ouvertures et les débats portant sur de nouvelles alternatives politiques. Les possibilités d’entente dans l’intérêt national ont été ainsi hypothéquées et les épices aromatiques aptes à bonifier les nourritures dialectiques ont été empoisonnées. L’hémicycle discursif a été ridé et bridé par un désintérêt spontané à innover en des pensées politiques lumineuses abstraites afin de rénover concrètement l’édifice social au bercail. Le Premier ministre investi d’un tweet onusien se masturbait en solitaire dans un discours irrévérencieux qui évince toute probable alliance entre des familles politiques hétérogènes.
Ce PM opiniâtre et têtu à ce fauteuil officiel acquis dans la loterie n’aura pas appris la leçon mosaïque que trop de pouvoir concentré en un camp unique tue le véritable pouvoir. En deux mandats présidentiels, René Préval n’avait jamais été suffoqué parce qu’il choisissait de jongler avec un minimum de dextérité en faisant grignoter des acteurs de l’opposition en des consensus salutaires. Parallèlement, en raison de sa gourmandise maladive à tout rafler dans un désert politique infertile où il choisirait de dominer même sur des scorpions, Jovenel Moïse a été asphyxié avant d’être atrocement trucidé. Quoique rien ne puisse justifier une fin mosaïque ultime si ignoble, on y trouve des matières à réflexions pour anticiper que la gestion politique cavalière en cavalier seul surchauffe et radicalise les esprits des antagonistes.
La leçon à en tirer est plutôt incontestable. Il n’existe pas de baguettes magiques extraterrestres ou supersoniques pour transformer la stérilité stratégique en productivité politico-économique. Des esprits bornés sont incapables d’originalité et de versatilité, peu importe l’endroit où se déroulent des discussions fructueuses. Ce qui compte véritablement c’est la volonté politique, la dynamique inclusive, la notoriété et particulièrement la capacité technique et scientifique des acteurs à faire des concessions judicieuses, à produire des réflexions innovantes puis à adopter des décisions de politiques publiques structurantes au profit de la collectivité.
Ariel Henry est une marionnette entre les mains de ses parrains en Occident, cela se sait. De la même manière qu’un vulgaire tweet l’avait embauché, un simple SMS pourrait également le détrôner au poste de chef du gouvernement. Il y va de la volonté occidentale, sinon de la puissance de l’expression de l’exaspération populaire. Dans les propos insolents du PM impertinent largués comme une bombe atomique dans la salle de discussion à Kingston, y aurait-il exagération en provenance de la primature ? Absolument pas. Ariel ne faisait que lire à l’occasion le discours préparé par l’Occident. Ce sont eux les maîtres du jeu. Ils prennent les enfants du Sud comme des canards sauvages. À l’instar du Rwanda, Haïti doit se détacher des griffes criminelles de l’Occident afin de prendre son autonomie et d’assurer son émergence économique.
Une promenade de santé pour ces malades opportunistes
Cette lumineuse initiative de la communauté caribéenne a notamment ciblé des « cons sans temps » consentant à gaspiller du temps et brasser de l’argent en une tournée superflue, aux effets collectifs nuls. Par exemple, étant éloigné de l’œil du cyclone du Bwa Kale qui les visait, Ti-Michel et des entrepreneurs politiques de la même trempe auraient le vent en poupe pour profiter de visiter les discothèques jamaïcaines afin de jouir des stripteases nocturnes sans risque de se faire casser les dents aux heures indues.
Le buzz ! La Caricom aurait planifié une vacance dorée pour un nombre de dirigeants prostitués, à califourchon entre le péristyle et la synagogue. Par la course effrénée de la captation des privilèges indus et de l’accumulation de l’argent facile, le syncrétisme politique ronge la sphère publique de la société haïtienne. Dans cette arène politique sordide capable de diviser des éléments d’une même famille et de concilier des sous-ensembles disjoints, l’intégrité et la conviction deviennent des denrées en voie de disparition. Le renouvellement de la classe politique par du sang neuf salubre s’impose afin d’assurer la résurrection des bonnes mœurs au sommet de l’État.
Les juteux frais de la maîtresse et de la princesse ont fait voltiger en liesse des mammifères de classe hétérogène en quête d’un somnifère susceptible d’anesthésier les esprits de la masse vers la concrétisation d’un projet électoral frauduleux avant la lettre. Sans un refus drastique de maintenir ce statuquo politique chronophage et anthropophage, le triste tableau des crises électorales et postélectorales prémédité par des bourreaux locaux et internationaux se serait exhibé en caractères gras.
Haïti ne devrait point se permettre d’accoucher une nouvelle bêtise d’accueillir à sa sphère politique une autre décennie de médiocratie qui charrie des cortèges d’inepties et de barbaries au sommet des affaires publiques. La masse critique de citoyens avisés, mais trop longtemps sclérosés dans leur mutisme catatonique doit monter au créneau pour empêcher de laisser faire cette minorité politique narcissique et famélique qui se fout du bien-être collectif. Quand la politique ne donne pas le ton à travers des programmes collectifs à concrétiser par des gouvernants compétents, le décor économique et social ne peut que se dégrader.
Pourquoi pas la résidence à la Jamaïque ?
La production d’offres politiques soutenables au profit de la majorité n’est pas tributaire d’une certaine référence territoriale. Qu’il soit pondu à la Jamaïque, à la Martinique, en Belgique, en Amérique ou en Afrique, tout projet se révélerait porteur d’espoir si et seulement si les ingrédients de la faisabilité et de la soutenabilité y sont incorporés. Science et conscience - deux facultés détachées du temps et de l’espace - seraient les prérequis à déceler chez un dirigeant pour espérer qu’il délivrera la marchandise selon les prescrits de la gouvernance avisée.
S’il fallait constater à l’issue de ce voyage doré à Kingston une potion politique magique capable de guérir les plaies séculaires, on y arriverait à la conclusion d’un mauvais antécédent du point de vue politique et culturel. Dans ce vacuum abyssal d’une pensée politique convaincante soutenue par les omnipotents de la géopolitique moderne, un iota d’amélioration de l’ambiance politique locale inviterait à juste titre à déplacer la résidence du chef de la Primature en déconfiture et de son cortège de ministres inutiles vers un territoire étranger. Auquel cas, des matières supplémentaires seraient adjointes aux cursus académiques de la diplomatie moderne pour l’adapter aux nouveaux enjeux de la nécessité d’héberger les dirigeants du Sud à des auberges érigées au Nord.
On y déduirait à tort ou à raison que l’espace géographique haïtien serait en soi la source de la malédiction de la stérilité politique. Ainsi, serait né un nouveau paradigme de développement portant sur l’arbitrage de loger les dirigeants des pays appauvris chez les sociétés industrielles. Le cas d’Haïti où des charters auraient été mis à la disposition de ces ministres haïtiens vivant à la Jamaïque servirait de projet pilote qui étale le triomphe de la sécurité, la justice et la stabilité sur les facteurs néfastes au développement. Tous les pays retardés sur le sentier de la modernité en emboiteraient le pas en évacuant les résidences officielles locales de leurs représentants au profit des hôtels des pays avancés.
Le sophisme du salut par le déplacement géographique
Toute plaidoirie qui tendrait à vendre la translation géographique comme source de résolution des conflits serait entachée d’un biais provoqué par ce que les spécialistes des modèles économétriques baptisent de problème d’endogénéité. Plausiblement, dans le cas des conférences entre vrais ou faux rivaux géographiquement transposées qui finissent par être auréolées d’une certaine trame de « success story », les protagonistes impliqués dans les crises étaient disposés d’emblée à faire des concessions. Vraisemblablement, ils étaient aussi motivés à fournir des réponses digestibles et succulentes aux palais des différentes parties pour inciter à enterrer la hache de guerre.
Le bon sens étant la chose du monde la mieux partagée, l’intuition indiquerait que le facteur géographique des rencontres ne produirait per se aucun impact substantiel sur les propositions de sortie de crise. De toute évidence, si un conflit concernait des pays différents ou des tributs hétérogènes, la dialectique déduirait une fascinante maestria quant à l’idée de convier les rivalités et les hostilités à un espace géographique lointain. En jetant le dévolu sur un terrain neutre, tout éventuel scepticisme d’un favoritisme spatial en faveur de la partie hôte aurait été esquivé.
L’état d’esprit psychotique et affaibli d’un invité intimidé par le fanatisme aveugle du camp opposé se dresserait comme une variable endogène - difficilement repérable - qui ferait amplifier l’effet causal du facteur géographique sur les potentielles propositions de résolutions. L’analyse découlerait en d’autres termes sur la découverte d’une corrélation fortuite induite par un facteur confusionnel, car dans la réalité ce n’est pas l’aspect géographique qui influencerait directement les mesures et recommandations des protagonistes. L’amplitude des effets émanerait de préférence de la confiance ou de la méfiance des acteurs dans l’espace d’accueil.
L’hypocrisie des conflits déclarés
Notons qu’en comparaison avec deux pays en conflit, Haïti vit tout un autre contexte sociopolitique où l’on dénote des rivaux politiques qui habitent une même ville (principalement la capitale). Dans certains cas, ces citoyens en conflit partagent des clôtures mitoyennes ; ils se rencontrent à maintes reprises en des salles de conférences, à des restaurants et des hôtels. Ils se sont même abonnés à des espaces médiatiques qui se plaisent à accueillir la divagation obscurantiste sans objection éclairante.
Ils se côtoient au quotidien, tout au moins sur les ondes pour inonder les rues et les salons de leur sophisme et leur déraison. L’éthique des moyens pour aboutir à leur finalité de se renouveler et se perpétuer dans les bulles officielles serait le cadet de leur souci. L’essentiel pour eux consiste à gagner à tous les coups, quitte à livrer les ressources de l’État à des bandits notoires qui leur garantiraient des deals sous le tapis. Entre criminels à sapattes et bandits à cravates, One Love. Les amitiés et les intimités qui les unissent les habilitent à pouvoir partager à pieds joints des « joints », des gonzesses voire des blindés aux immatricules SE ou OF.
Inviter des protagonistes politiques qui se côtoient physiquement au quotidien à prendre l’avion pour aller discuter en terre étrangère est juste une initiative comique dont la Hollywood devrait s’inspirer pour divertir les cinéphiles en des œuvres humoristiques de haut de gamme. Déplacer le débat politique d’Haïti vers la Jamaïque s’inscrit comme une dernière chronophagie budgétivore pour plaire à un Occident omniscient dans la politique hypocrite et les manipulations sournoises qui servent ses intérêts abjects. Ces plénipotentiaires des organismes internationaux savaient d’emblée que la montagne n’aurait accouché que d’une mouche. Décidément, l’échec de coordination des négociations qui en résulte à Kingston ne représente pour eux aucune surprise.
Salvador et consorts avaient simulé auparavant les résultats contestables de ce modèle truffé d’indicateurs et de paramètres voilés. Ce stratagème aéroplane pour aplanir les coups bas fait l’affaire des ravisseurs occidentaux ainsi que des marionnettes politiques qu’ils utilisent comme du papier jetable qu’ils éjecteront plus tard, au premier obstacle. Les sanctions internationales peuvent en dire long.
De ce dernier scénario bombardier pour bombarder la toile d’un piège et d’une mise en boîte des farouches opposants au cartel narcotique au pouvoir, puisqu’il demeure le pion de prédilection de l’Occident perfide, Ariel en rit. Mais, ce neurochirurgien impassible aux douleurs de la population semble oublier qu’il connaîtrait dans un an ou deux le même sort, les mêmes misères psychologiques que subissent le notaire Céant ou le brasseur Lamothe.
La république historique languit dans la misère et l’insécurité, le sadique Ariel en rit même à la Jamaïque. Il est temps d’enlever les manettes stratégiques dans les mains et au contrôle de tels esprits cyniques. Il y a urgence dans la demeure.
Carly Dollin
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