Porcs et fous
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Faut-il s’étonner si on voit un porc se balader en pleine rue à Port-au- Prince ?Ce serait un beau titre un roman, même si un peu long. Un roman dont le sujet serait les anormalités que nous vivons comme si elles étaient des choses tout à fait normales.Ce spectacle si courant se déroule souvent sous nos yeux, dans un pays où on a dilapidé des milliards de dollars sans qu’aucune institution au sein de l’appareil étatique n’entame une enquête sérieuse pour retrouver ces fonds et ces citoyens qui les auraient fait frauduleusement disparaître.Ce ne sont pas les porcs qui se promènent seulement dans les rues de Port-au-Prince.
Faut-il s’étonner si on voit un porc se balader en pleine rue à Port-au- Prince ?Ce serait un beau titre un roman, même si un peu long. Un roman dont le sujet serait les anormalités que nous vivons comme si elles étaient des choses tout à fait normales.Ce spectacle si courant se déroule souvent sous nos yeux, dans un pays où on a dilapidé des milliards de dollars sans qu’aucune institution au sein de l’appareil étatique n’entame une enquête sérieuse pour retrouver ces fonds et ces citoyens qui les auraient fait frauduleusement disparaître.Ce ne sont pas les porcs qui se promènent seulement dans les rues de Port-au-Prince. Il y a aussi les fous. Dans un état qu’une société qui se respecte ne devrait pas accepter.On a vu une femme exhibant son cancer du sein à un stade avancé sur la route de l’Aéroport, en demandant la charité.Il y avait des policiers pas trop loin.Des policiers qu’on peut enfumer copieusement avec un moteur en très mauvais état sans qu’ils lèvent le petit doigt.Mais ces mêmes policiers s’assurent que les citoyens ont leur permis de conduire.Des permis de conduire qu’on achète. Tout le monde le sait. Plein d’analphabètes incapables de lire un panneau de signalisation exhibent un permis de conduire.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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