Que reste-t-il de l’organisation territoriale en Haïti ?
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Décentralisation et déconcentration. La nouvelle réalité politique, économique, spatiale et culturelle d’Haïti dans la redéfinition de ses nouvelles frontières ne permettra pas une meilleure organisation des prochaines élections dans le pays, pour le renouvellement de tous les postes retenus par la Constitution.
Depuis plusieurs mois, le territoire national, notamment le département de l’Ouest en particulier, continue de subir de nouvelles transformations, tant par l'élargissement de certaines frontières que par la réduction de plusieurs autres périmètres, face à la nouvelle configuration de la vie urbaine et sécuritaire en Haïti.
Des constats et des contrastes se bousculent dans le sombre tableau social, qui met pratiquement à nu, la faillite de nombreuses institutions étatiques et l’impuissance des acteurs de la collectivité territoriale. On pourrait même jusqu’à demander où sont passées les mairies ? Ces maires qui veulent presque tous organiser le carnaval, mais pratiquement absentes ou impuissantes dans beaucoup de cas et des catastrophes qui se multiplient.
Des acteurs certainement nombreux, qui affichent une impuissance plus que manifeste. Port-au-Prince comme Croix-des-Bouquets, ou même Carrefour, ne disposent certainement pas ou presque plus des mêmes frontières. L’organisation du territoire, l’organisation et la juridiction de ces communes ont été revues à la baisse par la force des hommes et des femmes qui disposent de plus en plus de la force violente pour sectionner la ville et sanctionner certains citoyens et leurs familles, en somme toute la population pratiquement vulnérable.
Des moyens manquent terriblement à ces entités administratives, malgré la motivation et les compétences minimales dont certaines disposent. Ici, en Haïti, en 2026. La décentralisation souffre dans tous les sens et de tous les maux. C'est à l’Etat central que reviendra de donner le signal pour la définition d’un nouvel ordre spatial ou territorial en Haïti ! Mais avec quel pouvoir, quand nous savons que le pouvoir aux territoires est de plus en plus restreint entre les mains des groupes, armés de toutes les mauvaises intentions pour torturer, traumatiser et tuer.
Des fonds marins que l'État central ne maîtrise pas ni ne contrôle pas comme en surface entre les vagues et l'espace aérien. La construction d'un mur s'impose pourtant par le voisin qui définisse une nouvelle fois les bornes. Des frontières qui se cherchent et se réinventent à chaque saison pluvieuse, et lors des interventions venues d'ailleurs.
De cette terre nous avons acquis la liberté et le droit à la dignité, de l’eau et des arbres pour nous nourrir et des abris pour nous protéger. À quand un éveil collectif, pour une solidarité intercommunale et interdépartementale, dans la nouvelle organisation territoriale actuelle ? Combien de litres de sang manque-t-il pour nourrir cette terre devenue trop affamée de chair humaine, pour pouvoir voir germer et fleurir l’arbre de la liberté jadis !
Dans quelques années encore, si rien n’est fait pour restaurer l’ordre étatique, régalien ou républicain, on pourrait se demander ce que restera-t-il de la configuration territoriale actuelle de la capitale d’Haïti ?
La Rédaction
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