L’État gâteau
Écouter l'article
Ce cas de figure est aberrant. On s’en rend compte beaucoup plus à la veille des élections annoncées, bien que, nous le redisons encore une fois, nous ne voyons pas comment elles peuvent être organisées dans les conditions actuelles, même si leur tenue est un impératif pour tenter de remettre ce pays à flot.
Dans cette transition voulue par la classe politique, et bien avant cette dégradation sociopolitique, nous avons vu des partis politiques s’accaparer de ministères et d’autres institutions étatiques. Les plus juteux, ceux avec le portefeuille le plus garni, sont toujours les plus convoités. Comme l’objectif, le seul, est toujours de garder le pouvoir, celui en place, président ou Premier ministre s’empresse donc, pour durer sur le fauteuil, de distribuer des parts de l’État à une faune politique. L’État gâteau !
Comment alors peuvent fonctionner ces ministères et ces institutions étatiques quand ils ne deviennent qu’une mangeoire pour un clan politique qui va s’en servir pour caser ses militants et amasser des sommes qui serviront peut-être à financer des campagnes électorales ? Quelle opposition réelle peut fonctionner dans ces conditions pratiquement maffieuses ?
On ne peut attendre aucune réalisation alors d’un État devenu comme la proie d’une délinquance qui essaie vainement de se donner des allures du politique. La corruption devient une gangrène qui atteint un stade dont la seule solution exige de couper le membre atteint.
Profitant des restes de cet État mourant, ce sont les mêmes personnes qui vont s’entretenir avec des étrangers au sujet de l’avenir de la démocratie en Haïti et de la tenue des prochaines élections. Eux qui ont manifesté une indifférence totale pour les souffrances du peuple haïtien ! Dans leur infecte tour d’ivoire où ils ont toujours rampé devant le Blanc, que peuvent-ils décider de bon, de bien pour la nation ? Rien. Absolument rien.
Il est vrai qu’on veut faire comprendre au peuple haïtien que la partie est perdue et que son pays est définitivement aux mains d’une délinquance politique, souvent complice des gangs criminels, qui n’a même pas l’intelligence de se donner comme dans d’autres pays un visage de respectabilité. Ces délinquants sont prisonniers de leur ignorance, de leur bêtise, du mépris qu’ils vouent aux autres. Et trop de citoyens dans la quête de la survie au quotidien les aident à se constituer un pouvoir nuisible à notre société.
Le complot est en marche et chacun de nous sans le savoir peut être un pion dans cette stratégie criminelle. La vigilance est donc rigueur.
Gary Victor
0 commentaire
Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.
Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.
Se connecter Créer un compte
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.