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Éditorial

Aboiements sur les réseaux

Aboiements sur les réseaux

Depuis le rapt d’un avocat très connu, sur les réseaux sociaux, on assiste à une dérive singulière, révoltante qui démontre comment notre société baigne dans la boue de l’ignorance, de la haine et de la frustration.

Des appels au meurtre sont lancés directement par des individus qui ne semblent pas si fous que cela, car, souvent, ils prennent la précaution de dissimuler leur identité.

Certains internautes affichent même leur sympathie pour les gangs criminels, comme si ceux-ci étaient dans un combat révolutionnaire. Or, on est partout dans un espace de délinquance, de haine sociale frisant la folie. Un espace surtout de barbarie totale, comme l’a prouvé le meurtre filmé d’une jeune femme. On n’est pas loin de l’éloge du cannibalisme sur les réseaux.

Des ignares souhaitent même la mort d’un chroniqueur connu à qui la partie corrompue du pays reproche de dénoncer, sans gants, les malversations des politiciens.

S’il y a une bonne chose sur les réseaux sociaux, c’est qu’ils mettent à nu les profondes fractures de notre corps social, un corps social dispersé aux quatre coins de la planète. Mais ce qui est saisissant, c’est que certains internautes de la diaspora semblent être beaucoup plus dans la haine sociale, l’ignorance barbare, que ceux du pays. Peut-être que ceux du pays sont dans une réalité qu’ils connaissent. Mais, globalement, on nage dans la même boue médiatique.

Peut-on être étonné que, dans ce climat de désagrégation morale et mentale, des chefs de gangs s’expriment sur les réseaux avec ce langage violent, grossier qu’on leur connait et qu’ils deviennent des vedettes pour une masse de citoyens à qui il ne manque que la queue, sans vouloir manquer de respect aux animaux.

 Le pays se trouve en panne d’une presse patriotique et consciente des défis qui se présentent à la nation.  Nous devons cesser de japper partout pour commencer à parler et à penser. À la veille des élections qu’on voudrait organiser – bien qu’on ne sache pas comment – la pensée a fui la cité. On n’entend que des aboiements. Encore une fois, sans vouloir manquer de respect à nos fidèles compagnons…

 

Gary Victor

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