La longue attente !
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La population attend.
Une réaction ferme et continue de nos forces de sécurité contre les gangs.
Jusqu’à présent, le citoyen n’est pas convaincu qu’au niveau des décideurs de ce pays, il y ait une vraie volonté de combattre la délinquance et de forcer les gangs à se replier puis à déposer les armes.
De plans pour combattre les gangs, en existent-ils vraiment ? La situation est complexe et demande d’être abordée d’une manière globale. Mais, il n’en demeure pas moins que l’État doit démontrer enfin qu’il possède seul la force pour contrôler son territoire.
On a entendu un tas d’ineptie sur la puissance de feu des gangs, sur leur préparation, comme si nos forces de sécurité étaient dépourvues de tout. Comme si de jeunes chômeurs à qui des délinquants à cravate ont distribué des armes étaient mieux qualifiés au jeu de la guerre que toutes ces promotions de policiers ou de militaires pour qui l’État a dépensé une fortune.
Chaque fois que nos forces de police ont avancé sur les gangs, ceux-ci ont reculé. Sachant très bien qu’ils ne peuvent pas se battre avec la Police nationale, les gangs pratiquent une sorte de guérilla urbaine, usant parfois de leurs connaissances des zones populaires. Sauf que chaque fois nos policiers ont reçu l’ordre de ne pas continuer. Pire, chaque fois que la PNH reprend une position, elle l’abandonne aussitôt après ce qui permet aux bandits de revenir. Lave men siye atè comme on dit chez nous.
Étrange stratégie qui à Carrefour-Feuilles par exemple a alimenté des soupçons de connivence entre le pouvoir en place d’alors et les gangs.
Il y aurait beaucoup de choses à dire concernant le commandement de la PNH. Sur le mode recrutement qui aboutit à une mixité sociale complètement absente avec un fòs kote vers les ghettos, ce qui a permis aux gangs d’avoir de nombreuses antennes dans l’institution policière.
Le gouvernement actuel a le dos au mur. Comme nous l’avons souligné déjà dans d’autres éditoriaux, même si le Premier ministre Gary Conille et le CPT auraient les meilleures intentions du monde, de nombreuses têtes et de nombreux bras dans les allées de l’État sont impliqués dans ce chaos que nous connaissons. La lutte contre la délinquance ne peut être efficace si l’État ne se débarrasse pas de ceux qui ont partie liée avec les gangs.
Il faut des élections, mais le plan des apparatchiks est clair. Garder le statu quo de la violence et contrôler l’État dans une transition qui n’en finit pas, car aucune élection libre ne leur permettra de garder le pouvoir, ou profiter de la pourriture de notre société, de sa fatigue, pour organiser avec l’aide des étrangers des élections bidons qui installeront un autre quidam sur le fauteuil présidentiel.
La longue attente !
La porte de sortie ne semble pas pour demain.
Gary Victor
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