Port-au-Prince n’a jamais autant mérité son surnom de « port aux crimes ». La violence qui était déjà un fait quotidien s’est imprimée dans le décor. Il ne se passe plus rien sur le plan de la gouvernance qui s’est arrêtée net. Ce qui s’annonçait depuis longtemps, à savoir la conquête sanglante et triomphante de la ville, par de puissantes milices, a connu son épilogue depuis quelques jours. Une situation alimentée au niveau des politiques par l’arrogance des uns et la faiblesse analytique et tactique des autres. Pendant deux ans, nous avons traîné les pieds comme si l’éternité nous appartenait.
Le pouvoir comptait sur ses alliés étrangers qui finalement l’ont gavé de promesses sécuritaires non tenues. L’opposition savait qu’elle pouvait dormir sur ses deux oreilles parce qu’aucun processus électoral ne pouvait avoir lieu sans sa participation : c’est comme s’installer sur un volcan actif.
La solution haïtienne tant prônée, certes avec raison, était piégée dans le marronnage haïtien. La dérobade continuelle, le mépris à peine voilé de l’autre, sans compter l’intolérance et le manque de confiance dans ses pairs.
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