Haïti et sa transition démocratique verrouillée
Dans cet article les auteurs livrent un regard critique et constructif sur les errements de l’instauration de la démocratie en Haïti, depuis plus de 30 ans. Ils démontrent un optimisme pour un bon dénouement, en proposant une démarche soutenable, celui du comportement rationnel, réaliste et responsable de l’acteur politique haïtien. Le passage est l’engagement non malicieux des acteurs et l’organisation d’une conférence nationale souveraine. Cette conférence devrait précédée d’une série de conférences régionales et locales, afin de constituer les cahiers de charge de l’orientation du processus politique démocratique au niveau interne selon les auteurs.
Le processus politique dite « transition démocratique », initié en Haïti depuis plus de trente ans, est sans ambages un mouvement qui exaspère. Initiée depuis plus de 30 ans, cette transition qui inaugure l’ère post-duvaliériste semble trop durée sans portée ses fruits. Certes, les transitions démocratiques, connues à travers le monde, s’exécutent sur plusieurs années et prennent des formes diverses selon les conjectures qui les entourent. Il peut donc y avoir des facteurs favorisant le succès de cette transition tout comme il peut en avoir des facteurs qui la ralentissent ou qui la bloquent.
Ce processus politique introduit après le « déchoukage » du régime duvaliériste le 7 février 1986, devait permettre à Haïti de reprendre sa place sur l’échiquier mondial et servir de modèle d’application démocratique pour des pays jadis sous les jougs dictatoriaux. Certes, certains pays s’en sont inspirés pour se libérer de leurs dirigeants oppresseurs. Mais, le modèle n’a pas suivi en termes d’applications pratiques, c’est-à-dire, aboutissant à l’établissement d’un système de gouvernance et d’opérationnalisation aux contours réellement démocratiques, devant bénéficier, inclusivement opposants et fanatiques de l’ancien régime.
Toutefois, en comparaison au régime d’avant le 7 février 1986, il faut reconnaitre qu’il y a quelques améliorations comme le droit a la parole et à la mobilisation dans une certaine mesure et variée en temporalité, une toute petite tolérance de la critique intellectuelle, ainsi que l’adoption de la constitution de 1987 et l’organisation des suffrages universels pour les postes électifs. Survenu dans un contexte d’unipolarisation du monde en fin de la guerre froide ou d’avènement d’un nouvel ordre mondial, à la lumière du contexte politique et sécuritaire actuel de la République d’Haïti il semble que tout reste à faire pour répondre aux aspirations démocratiques de l’ensemble social haïtien composé des masses populaires, de la classe moyenne et des grands commerçants haïtiens qui se sont ralliés au mouvement démocratique haïtien.
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