Haïti : Comprendre le débat autour du 7 février 2026
Le temps s’étire comme la ballade des limenas. Il se contracte comme le jupon déchiré de ma grand-mère. L’échéance approche comme un soupe-malerèz. Le mandat expire comme un lait évaporé. Le Conseil présidentiel chancelle. L’angoisse est perméable. La population suffoque. Le 7 février surgit entre spectre d’un passé tourbillon et l’énigme d’un présent pressent pour la transition. À Pétion-Ville, les murs écoutent la voix des oiseaux perdus. Le Forum des anciens parlementaires s’assemble. Il est temps, alors. Le FAPAA s’exprime. Des voix d’hier. Celles d’aujourd’hui. Elles se multiplient comme un refrain qui traverse chaque temps de transition. Des ombres d’autorité qui essaient de tenir la tête de la couleuvre. Ils craignent le vide institutionnel, mais oublient que le pouvoir appelle le pouvoir. Ils redoutent l’abîme, brandissent leurs lèvres en l’air à la mamelle. Ils sentent le néant et puis l’odeur du lait. Leurs propositions pleuvent pour tailler leur place. Ils sont dehors depuis trop longtemps, mezanmi. Elles saturent l’espace. Elles cherchent les oreilles du pouvoir en place. Ils veulent une issue pour s’asseoir enfin. Plus de dix ans sans élections, hein! Ils comprennent enfin. Ils réclament un pont. Pas le Pont-Sondé. Car il est sous le contrôle des gangs armés. Le droit s’efface. La parole reste. Il faut agir vite. Et très vite. Car la politique c’est du timing.
Dans un climat de tension croissante, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a officiellement ouvert, le dimanche 18 janvier 2026, le chantier du dialogue politique national pour recoller les morceaux de la transition. Cette initiative s'inscrit dans une course contre la honte pour définir un mécanisme de gouvernance capable d'enrayer le vide institutionnel redouté après le 7 février 2026. L'enjeu est triple car comment stabiliser l'appareil d'État, maintenir la trajectoire électorale et consolider les récents efforts de sécurité nationale ?
Les premières consultations ont réuni à la Villa d’Accueil les blocs majeurs de l'échiquier politique. Le groupe MORN et le Consensus politique — coalition d'envergure incluant EDE, Pitit Dessalines, Ansanm Nou Fò, l’Accord historique du 14 août, le RENAPA et le Parti Ayisyen pou Ayiti — ont présenté leurs visions respectives. La présidence tournante a salué la « qualité exceptionnelle » de ces échanges, soulignant la pertinence technique des propositions visant à éviter l'effondrement de la transition. Le court s’échappe sous le nez du CPT.
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